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mercredi 25 février 2015

Jack Warden

De son vrai nom John H. Lebzelter, Jack Warden, d'un naturel bagarreur, s'illustre d'abord comme boxeur professionnel poids welter sous le nom de Johnny Costello. Videur, puis soldat, il rejoint les rangs de la marine pendant la Seconde Guerre mondiale, avant de s'engager chez les parachutistes. Blessé à la jambe, c'est durant sa convalescence qu'il découvre le théâtre et sa vraie vocation. De retour à la vie civile, Jack Warden prend des cours de comédie, puis s'illustre à Broadway et à la télévision. C'est en 1951 qu'il fait ses débuts au cinéma, dans la comédie You're in the Navy Now aux côtés d'autres anciens soldats comme Lee Marvin ou Charles Bronson. L'année suivante, il apparaît dans Tant qu'il y aura des hommes, puis campe le juré N° 7 de Douze hommes en colère de Sidney Lumet.



                

Cantonné aux rôles de soldats et de "gros durs", Jack Warden s'illustre durant la décennie suivante principalement à la télévision, où il affine son jeu et remporte notamment un Emmy Award en 1972. Sa rencontre avec Warren Beatty au début des années soixante-dix marque un tournant dans sa carrière : à ses côtés, il apparaît dans Shampoo et Le Ciel peut attendre, et glane deux nominations à l'Oscar du Meilleur second rôle. Il varie les rôles jusqu'à la fin de sa carrière, et s'illustre notamment dans Les Hommes du Président (1976), Mort sur le Nil (1978), Le Champion (1979), Bienvenue Mister Chance (1979), Le VerdictPresidio, base militaire, San Francisco (1988), Toys (1992), La Loi de la nuit (1993), Dernières heures à Denver (1995), Coups de feu sur Broadway(1994) et Maudite Aphrodite (1995) de Woody Allen ou encore Bulworth de son ami Warren Beatty en 1998. 



                
                             
Pierre angulaire d’un cinéma libéral appelé du « complot », participant de l’esthétique dite paranoïaque auquel son auteur est à jamais rattaché, Les Hommes du président s’affichent clairement comme le document fictionnel qui retrace les germes d’une épopée journalistique jusqu’à la révélation du scandale du Watergate. Ce récit à haute teneur politique radiographie ainsi à sa manière l’état d’une société où la fin des idéaux contestataires coïncide avec la menace d’une corruption gouvernementale qui complote secrètement de son côté en défiant l’innocence de l’opinion publique dans un climat de suspicion générale.

Alan J. Pakula est un réalisateur éminemment revendicatif faisant partie de la dite génération des Seventies qui met en crise les normes du cinéma hollywoodien. Cela, tout en accusant le contre-coup d’un modèle éclaboussé à sa base par l’assassinat de Kennedy jusqu’aux affaires des écoutes du Watergate, et dont la guerre du Viêt-Nam ne peut être que le fil conducteur, le vecteur principal. Auteur de Pookie, de Klute où il dessine le superbe portrait d’une prostituée cabossée qu’interprète Jane Fonda, pour en venir à ses chefs d’œuvre, les bien nommés À cause d’un assassinat et Les Hommes du président, Pakula affirme un point de vue subjectif et toujours sceptique sur les choses. Là où le récit d’À cause d’un assassinat relatait par la fiction l’entreprise d’un journaliste manipulé et défait dans une affaire de conspiration criminelle, Les Hommes du président défend une reconstitution clinique et datée de l’aventure de reporters faisant la lumière sur les affaires d’écoutes manigancées par les plus hautes sphères du pouvoir. 


   

La vision manichéenne accolée au cinéma américain persiste donc ici mais semble basculer, déconstruite minutieusement du fait que les représentants de la loi, le gouvernement et les services secrets ne constituent plus le symbole d’un ordre aux valeurs morales jugées saines et légitimes mais davantage la cible à dénoncer, à contester.




                               

Le déroulement du récit de Pakula adopte une position fixée et reculée qui se tient au cœur des bureaux du Washington Post où l’on suit l’infernale course de dénonciation dans laquelle se sont engagés deux jeunes journalistes aux dents longues et au flair savamment aiguisé. Au sein de ce lieu éclairée par des lumières au ton dur et glacé, le tandem de reporters que sont Bob Woodward (Robert Redford) et Carl Bernstein (le toujours superbe Dustin Hoffman) détiennent les premiers signes d’une enquête périlleuse qui va les mener progressivement d’une inaugurale mise sur écoute du camp démocrate vers la découverte d’une manipulation qui touche tout l’univers du renseignement américain. Ainsi l’action journalistique se situe plus à un niveau verbal où, d’entretiens téléphoniques avec les personnalités mouillés à des dévoilements forcés, le scandale se fait jour et les forces de la presse (l’idéal démocratique) transpercent le simulacre de l’administration gouvernementale.


                  


La paire Hoffman-Redford, complémentaire par le penchant cynique de l’un et la foi idéaliste de l’autre, déjoue à force de volonté et de coups d’éclat les machinations du pouvoir par le biais de méthodes journalistiques détournées et irrévérencieuses. Leur obsession tenace les mène à défaire le puzzle tentaculaire des liens de corruption, à vouloir creuser la vérité masquée derrière les réseaux souterrains de la manipulation, en les forçant à user de stratagèmes officieux et somme toute assez pervers. De l’indicateur mystérieux et haut placé, nommé Gorge Profonde, que rencontre Woodward dans un parking des plus ténébreux, la paire du Post « Woodstein » piétine pour consolider la mosaïque de preuves obtenues et se défend avec des procédés dont la fin justifie toujours les moyens.



                              

Ainsi, noyé dans une enquête construite sur des échecs et des rebondissements, le duo Woodward et Bernstein, animé par leur soif de vérité, luttent contre les tenants d’une orwellienne administration qui détruit les preuves de son inculpation et fait subir des pressions à ses employés. De ce sublime travelling arrière s’acheminant vers les hauteurs de la coupole de l’immense bibliothèque du congrès où se réduisent peu à peu les figures des journalistes perdus dans une enquête vaste et semble t-il interminable, Pakula dévoile les énergies à mobiliser afin d’en découdre avec les institutions américaines en place et comme scellées sur le territoire sans qu’un voile puisse le ternir. De même, les pérégrinations nocturnes d’un Redford tout en retenue (à la différence de sa partition frénétique dans le magistral Les Trois Jours du Condor en correspondance directe avec le film de Pakula) et échappé dans le corps moite d’une capitale où les symboles fédéraux éclairés par de fades projecteurs (la Maison Blanche, l’Obélisque et le monument de Lincoln) distillent une vraie ambiance de paranoïa et l’ombre persistante d’un doute avec lequel toute la réalité se déforme.  Source et suite : http://www.critikat.com/actualite-cine/critique/les-hommes-du-president.html




                                      



De la formidable carrière d’acteur de Peter Sellers, l’histoire du cinéma a surtout retenu le personnage récurrent de l’inspecteur Clouseau dans la série des Panthère Rose, et bien évidemment son rôle mythique d’indien ahuri dans The Party. Ses nombreuses collaborations avec Blake Edwards – pas moins de six interprétations du maladroit inspecteur – furent le signe évident d’une rencontre aussi créatrice que productive : le génie comique de l’acteur put s’exercer à la faveur des scénarios minutieux de Blake Edwards, alliant sens du timing et art de la chute.
En interprétant Chance, le jardinier orphelin de Being There (Bienvenue Mister Chance en français) en 1979, l’acteur britannique fait sans le savoir ses adieux au cinéma et à la vie. Dernier rôle magistral, portant en lui les traces inconscientes de la mortalité d’un corps d’acteur. Le film d’Hal Asby, bien connu par les cinéphiles pour être le réalisateur d’Harold et Maud, est une fable dont le héraut est un niais qui s’immisce sans même le savoir dans les petits papiers du pouvoir politique américain.
Le scénario, d’une incroyable finesse, est écrit par Jerzy Kosiñski (connu pour L’oiseau Bariolé), d’après son roman du même nom. Auteur d’origine européenne, il fut l’observateur féroce de son pays d’adoption, et son regard sur les institutions américaines et les travers d’une société noyée par ses propres images constitue à lui seul une bonne raison de (re)découvrir le film. Il brocarde en effet avec cynisme une Amérique en manque d’idéaux, dont le président lui-même s’entiche d’un inconnu dont la moindre phrase devient parole d’évangile.

 

           
         


L’exécutif américain, décrit comme un conglomérat d’individus aussi paranoïaques qu’idiots, confronté à un personnage hors norme, semble fonctionner comme une incroyable machine à produire des discours dénués de tout sens, mais pleins d’une idéologie marchande. Le personnage de Chance, niais qui décrit le monde qui l’entoure en termes « jardinistique », seul vocabulaire qu’il connaisse, devient du jour au lendemain un prophète, dont la parole imagée est prise pour argent comptant par les hauts dignitaires du pouvoir.
Le film méritait bien une ressortie, tant sa facture et sa construction rappellent que le cinéma à bien changé de rythme. Issu d’une production hollywoodienne, Being There s’inscrit encore dans une tradition narrative classique, bien que son rythme, par sa lenteur hébétée et la minutie de ses progressions narratives, en fasse un film à part. Epousant la personnalité aphasique du personnage principal, les scènes s’étirent et dilatent une temporalité qu’on croirait presque surnaturelle, notamment dans la première demi-heure du film, où le spectateur fait la connaissance du personnage principal.


                



Tourné majoritairement en intérieurs, le film est centré sur des personnages en vase clos, enfermés dans des pièces sombres luxueuses ou des limousines tamisées. Rien ne respire, les dialogues virtuoses se heurtent au cadre étouffant d’une mise en scène qui accentue cette sensation d’absurde, d’incompréhension vertigineuse saisissant le spectateur à la gorge.
Le fil rouge de ce récit aussi grave qu’il est hilarant est bien entendu Chance, ce jardinier de 50 ans élevé à l’abri monde, qui s’aventure hors de son jardin. Nombre d’acteurs doivent rêver d’un tel personnage, d’une figure aussi rare que douloureuse à qui prêter ses traits. En effet, le scénariste parvient à rendre crédible un personnage qui ne connaitrait du monde extérieur que ce qu’il en a vu à la télévision. Sorte de monstre engendré par la société du spectacle, Chance mime les émotions humaines en observant celles des films qu’il contemple, hébété, dans son petit écran, rappelant le Wall E des studios Pixar, par sa démarche mécanique et sa découverte progressive de l’étrange univers des humains !


                 



En réalité, Chance est un niais, de ceux qu’on appelait autrefois idiots du village, mais qui a eu lui la (mal)chance de s’abreuver d’images et de comportements dont la télévision regorge. Il se révèle aussi touchant qu’effrayant, car son immersion dans la société n’altérera jamais son immobilisme mental, et surtout ses réactions robotiques, inhumaines. En découle bien entendu des moments drolatiques, opposant l’immobilisme physique et mental de Chance et les élucubrations des autres personnages, s’empressant de vouloir donner du sens à tout ce que fait cet homme.
Les tentatives de séduction du personnage de Shirley Maclaine sont à ce titre très réussies, tout comme la relation amicale assez unilatérale entre lui et le personnage de Melvyn Douglas.
Le film en son entier est un enchevêtrement de quiproquos, de complications langagières hilarantes, et une satire sévère de la bêtise humaine, dont le seul épargné est bien entendu le plus idiot de tous ! L’interprétation burlesque de Peter Sellers est la cerise sur le gâteau, mélange d’hébétude naïve et de sourires douloureux, qui confèrent à son dernier rôle un certain tragique, tant Mister Chance ressemble déjà à un fantôme.  Source : http://www.iletaitunefoislecinema.com/chronique/4411/bienvenue-mister-chance

2 commentaires:

  1. https://1fichier.com/?6w13m497rn
    http://uptobox.com/lizmlq8i4xl9

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  2. merci pour les hommes du president,trés bon film ...et donc a revoir.
    radisnoir

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