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lundi 23 février 2015

Gabrielle Dorziat

Autant l’avouer tout de suite, je suis une fan inconditionnelle et passionnée de Gabrielle Dorziat! Elle est tout simplement une comédienne époustouflante et si un jour Simone Signoret et François Périer se demandaient à l’heure de l’apéro quel comédien n’avait jamais été mauvais et qu’ils tombèrent d’accord sur Bernard Blier, s’ils s’étaient demandé de quelle comédienne on pouvait en dire autant ils seraient tombés d’accord sur Gabrielle Dorziat! Que de moments de joie intense je lui dois! Ce maintient presque militaire, ce ton de guillotine sans réplique, ces moues effarouchées à la moindre contrariété, avec quelle maestria elle a épinglé toutes les mesquineries de la vie! Ah comme elle était drôle, l’ex femme de Michel Simon dans « La Chaleur du Sein » , toisant avec une moue méprisante celle qui avait eu l’outrecuidence de lui succéder, jeune, mince, fumant et portant des pantalons puisqu’elle était Arletty! Ah comme elle était juste dans « La Fin du Jour », l’actrice à la maison de retraite mais toujours prête à s’enfuir à Venise avec Louis Jouvet! Comme elle était veule, dans « Sanson », la mère de Gaby Morlay qui la donnait au mariage au riche mais infâme Harry Baur par peur de manquer pour ses vieux jours. Comme elle était hilarante la directrice d’orphelinat dans « Premier Rendez-vous » où elle terrorisait Danielle Darrieux et Sophie Desmarets, Quelle sobriété avait la directrice de maison de couture dans « Falbala » Quelle belle-mère infecte et vénale elle était pour Jean Gabin dans Miroir en 1947, lui refaisant le même coup en 1964 dans « Monsieur ». Entretemps elle avait tenté de jouer pour lui les marieuses dans « La Vérité sur Bébé Donge » mais Danielle Darrieux passa par là. Et la vieille maquerelle qui commerçait les charmes de Martine Carol dans « Madame du Barry » et puis…et puis…et puis…


                                          


La future Gabrielle Dorziat naît en Champagne, à Epernay le 25 Janvier 1880 sous le patronyme de Marie Odile Léonie Gabrielle Sigrist.
Ses diverses biographies la présentent comme fille d’industriels, mais les Sigrist qui vivaient alors rue de la Rigole à Epernay étaient bien entendu des négociants en vins de champagne.
Notre jeune Gabrielle qui grandit exagérément pour son âge dépassa bientôt d’une tête toutes ses copines de collèges, mais celà ne l’empêchait pas de rêver aux lauriers de la glorieuse Sarah Berhardt. Comédienne elle voulait être, et comédienne elle serait. Sinon pourquoi dieu lui-même se serait-il attardé à lui faire cette crinière de lionne rougeoyant de milles feux d’acajou qui fera bientôt sa célébrité?
Et puis n’avait-elle pas connu ses premiers triomphes à l’âge de deux ans om elle était montée sur scène lors d’une fête paroissiale? Alors?
Marie Odile se choisit un pseudonyme plus conquerrant et la vingtaine venue avec le siècle, elle avait étudié l’art dramatique et affronta Paris…Avec, il faut le dire, un détour par Bruxelles! En 1899 on lui avait présenté Coquelin, un des acteurs les plus célèbres de son temps et qui avait fait de Cyrano de Bergerac sa propriété privée. L’artiste avait prédit un grand avenir sur les planches à la belle champenoise mais l’autorité paternelle restait inflexible! Qu’à cela ne tienne, Gabrielle s’enfuit pour des débuts au théâtre des galeries à Bruxelles. Après tout ce n’était pas si loin d’Epernay. Mais quand bien même, elle serait allée à Tombouctou à pieds pour le plaisir de dire une ligne en scène!
Dès l’année suivante elle débute au Gymnase de Paris jusqu’où les échos du triomphe bruxellois on retentit!


   


Mollenard est un film français réalisé par Robert Siodmak en 1937, sorti en 1938.
Mollenard, est un vieux loup de mer qui aime l'aventure et se plaît à vivre hors du droit chemin. Il passe au premier abord pour quelqu'un de peu fréquentable, un vrai brigand dont les trafics, salissent l'image de ses employeurs et humilie sa famille. C'est sans compter les péripéties qui traverseront son chemin, et par lesquelles sa profonde humanité se révèlera, que l’on s’attachera progressivement à cette personnalité bien trempée. Même si on ne voit dans l’attitude de cet homme rien de bien angélique, c'est bien cette figure qui nous est la plus chère car la plus vraie, éloignée du calcul et du cynisme de la société. On retiendra en ce sens l’hypocrisie de sa Compagnie, prête à renier ses accusations et ses sanctions pour une question d’argent, ou encore la dignité feinte de la femme de Mollenard. C'est au fond dans un retournement de valeurs où l’on finit par prendre parti pour ce voyou, qu’apparaît la portée du film, voyant dans les usages sociaux, le vice dans toute sa splendeur, caché sous le masque de la vertu. Et ce capitaine qui passe du statut de hors la loi à celui de victime est interprété de manière impeccable par Harry Baur tour à tour drôle et émouvant. 
Sans aucun doute, un des meilleurs films de Siodmak, réalisé avant sa période américaine. Dans le rôle de Mollenard, Harry Baur est tout simplement monstrueux d'épaisseur. Un film d'aventures qui va bien au-delà du simple divertissement. La dernière partie du film est un modèle d'intelligence.
Si le film a vieilli par certains aspects, principalement dans les scènes du début, il est en contrepoint d'une étonnante modernité par d'autres. Parmi ces derniers, on retient surtout l'interprétation magistrale d'Harry Baur face à Gabrielle Dorziat qui n'a jamais été aussi brillante que dans ce rôle de femme revêche et aigrie. La confrontation entre ces deux monstres sacrés et la crudité de leurs dialogues valent à eux seules le détour. 


   

Le tout est complété par des seconds rôles très convaincants, en particulier Albert Préjean et Jacques Baumer. Le final sublime est très émouvant.On est pas loin du chef d'oeuvre... Harry Baur encore une fois excellent, un monstre ! Un homme de Liberté avec un grand L quitte à passer pour un monstre sans coeur. Un contrebandier qui ne supporte pas la hiérarchie... Ca commence comme un film d'aventure classique mais ce n'est qu'un prologue pour expliquer la personnlité du bonhomme... La fin est tragique d'un homme fort, respecté et craint vers la déchéance physique. Un magnifique drame humain avec un hommage à la loyauté.
Un film sympathique, qui a relativement bien vieilli et nous fait découvrir des images de Dunkerque il y a 80 ans. Pas un chef d'oeuvre, mais une ouvre parfois comique, un brin tragique qui rappelle parfois les meilleures comédies françaises. 



                                

Premier Rendez-vous est un film français de Henri Decoin, sorti en 1941, énorme succès de la jeune Danielle Darrieux.
Pensionnaire dans un orphelinat, Micheline parvient à tromper la rigoureuse surveillance de Christophine, grâce à la complicité de ses camarades, et à se faire photographier dans un photomaton. Ainsi peut-elle répondre à la petite annonce, lue dans un journal, d'un inconnu désireux d'établir une correspondance avec une jeune fille. Micheline s'évade de l'orphelinat et se rend au rendez-vous que lui a fixé celui qu'elle imagine sous les traits d'un prince charmant. Elle ne trouve qu'un vieux monsieur, Nicolas Rougemont, un professeur malheureux qui préfère mentir à la belle écervelée et se faire passer pour l'oncle d'un neveu imaginaire, afin de ne pas la décevoir...
À noter que ce film fut tourné sous contrôle et capitaux allemands, par la Continental. Il s'agissait de diffuser un aimable dérivatif, après les mélancoliques La Fille du puisatier ou Paradis Perdu, marqués par la défaite. Rien de pareil dans Premier Rendez vous, on évoque la période heureuse d'avant guerre, en montrant des automobiles, mais la plupart des déplacements sont nocturnes, et réalisés en studio. La chanson du film est un petit bijou, sans comparaison avec les consternantes chansons des garçons "La fusée qui vole" ou celle des filles "Et zut pour la mère Machin". Zut, c'était un très gros mot, le comble de l'irrespect en 1941. Le portail de l'orphelinat a semble-t-il été réutilisé pour le film ultérieur Les Collégiennes, et le stoïque Fernand Ledoux sera encore un vieux beau amoureux d'une jeune dans Papa, maman, la bonne et moi.
Les restrictions étaient encore légères en 1941, Jean Tissier, qui se goinfre sans gêne de cassoulet, allait faire bien des envieux, dans les salles de cinéma des années suivantes. La troupe des garçons et des filles contient tout un bouquet de talents en bouton qui vont éclore dans le cinéma d'après-guerre. Dont Daniel Gélin, qui arbore déjà une "banane" de zazou très en avance sur son temps. À noter qu'au moment du tournage du film, l'Amérique n'étant pas en guerre avec l'Allemagne, le jazz n'était pas encore interdit, ce qui explique la variation "swing" dans la chanson de Darrieux, au second couplet. Le ravissant chapeau de la pauvre orpheline en fuite est très représentatif de la mode de l'époque. Mais l'héroïne ne porte pas encore des semelles de bois, ni des bas peints au pinceau.





C’est un chef-d’œuvre, écrivit dans Comœdia Jacques Audiberti. S’il s’agit, avec ce film, du premier rendez-vous du cinéma français et de son public après la guerre étrange où nous sommes morts sans, toutefois, périr, disons tout de suite que la réussite de Premier Rendez-vous peut nous apporter quelque réconfort.
Epoque oblige, nous n'échapperons pas totalement à une dimension morale et prude, qui a toutefois le mérite de ne pas être omniprésente. De plus, difficile de ne pas éviter quelques facilités scénaristiques, tandis que Louis Jourdan compose un jeune premier bien fade dans un rôle à la base déjà peu intéressant. 


                               

Qu'importe : je me suis souvent régalé devant cette comédie pétillante et bourré de charme, que l'on pourrait résumer en deux mots : Danielle Darrieux. Le film est exactement à son image : frais, drôle et souvent irrésistible, offrant ainsi nombre de scènes réjouissantes et de situations délicieuses, sans oublier des dialogues constamment inspirés et savoureux. Alors non ce n'est pas génial ni toujours d'une subtilité absolue dans sa vision des rapports humains, mais le plaisir de suivre cette craquante héroïne dans ses aventures est tellement grand que l'on a la banane presque du début à la fin, la présence de Fernand Ledoux (plus qu'excellent) et Jean Tissier (immense) n'y étant évidemment pas non plus étrangère... Un vrai bonheur naïf, parfaitement illustré par la délicate chanson qui donne son titre à l'œuvre. Source : http://www.allocine.fr/film/fichefilm-6800/critiques/spectateurs/

1 commentaire:

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