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jeudi 26 février 2015

Anne Vernon

Anne Vernon est née Edith Antoinette Alexandrine Vignaud à Saint-Denis, le 9 janvier 1924, dans une banlieue parisienne de la classe ouvrière encore toute imprégnée de Jaurès. Georges, son papa, est en voie d’être promu cadre supérieur tandis que Raymonde, sa maman, est couturière. Anne vient rejoindre Georgia, sa sœur aînée de trois ans et demi.
Elle a quatorze ans et suit les cours du Lycée Lamartine dans le 9ème arrondissement de Paris lorsque papa accède à un meilleur statut social qui permet à la petite famille d'emménager à Enghien-les-Bains.
Convaincue de ses réelles dispositions pour le stylisme, l'adolescente souhaite s’inscrire à l’Ecole des Arts Appliqués à l’Industrie de la rue Duperré, aujourd'hui transférée dans le troisième arrondissement. Papa et maman approuvent cette ambition.
Edith fête ses 16 ans sous l 'Occupation. Indépendante, elle s'installe à Paris, louant avec une amie un petit appartement, place du Tertre. Elle fréquente les artistes de Saint-Germain-des-Prés et progresse dans le dessin publicitaire et les croquis de robes d'enfants. Son beau-frère la fait entrer chez le célèbre couturier Marcel Rochas. Est-ce un examen de passage ? Toujours est-il qu'elle lui présente un projet de flacon pour son nouveau parfum, "Echec".  Pour elle, ce n'en est pas un !


                             

 Rochas l'apprécie; ayant créé un département cinéma, il y affecte Edith. Celle-ci rencontre Madeleine Sologne à l'occasion de l'essayage des costumes de «L'éternel retour». Le producteur du film, André Paulvé lui propose de faire un bout d'essai pour lequel Marcel Achard, plutôt amusé, lui donne la réplique … et devient son parrain. Elle fait alors la connaissance de Jean Cocteau qui l'encourage et l'incite à s'inscrire aux cours d’art dramatique de Tania Balachova, laquelle se débat avec la création de «Huis Clos» de Sartre au Théâtre du Vieux-Colombier. En manque de doublure pour sa pièce, le metteur en scène Louis Ducreux propose à notre dessinatrice de faire un premier pas vers le théâtre. Apeurée, Edith hésite mais, convaincue de la bonne santé de Gaby Sylvia, la titulaire, finit par accepter. Malheur ! Gaby tombe malade ! Edith doit mémoriser un texte qu’elle avait pris quelque peu à la légère. Elle le déclamera quatre mois durant. Peu près, le Vieux-Colombier crée la pièce d’André Roussin, «Jean-Baptiste, le mal aimé» (1944), dont le rôle principal est à nouveau dévolu à Gaby Sylvia … qui rechute ! Roussin ne voit qu’une seule remplaçante pour reprendre le flambeau. Edith se révèlera une parfaite Armande Béjart face à un André Roussin revêtu des habits de MolièreFernand Ledoux, alors à la Comédie Française, invite la jeune comédienne à rejoindre sa troupe pour une tournée d’un an en Amérique du Sud (1946). Au programme s'affichent les scènes les plus francophiles du continent : São Paulo, Buenos Aires, Santiago du Chili …. Edith rejoint Elina Labourdette, la seconde jeune première, avec laquelle elle sympathise, pour défendre les quatorze spectacles inscrits au répertoire !



                                    


Placé entre les deux chefs-d’œuvre de Jacques Becker, "Casque d’Or" et "Touchez pas au grisbi", situé deux ans après le très séduisant "Édouard et Caroline" (dont il reprend d’ailleurs les deux interprètes, Daniel Gélin et Anne Vernon), ce film charmant et mineur qu’est "Rue de l’Estrapade" poursuit l’entomologie du Paris d’après-guerre engagée dans "Falbalas" et surtout "Les rendez-vous de juillet".
Se libérant de l’impératif de l’action (au sens d’un scénario charpenté qui privilégie le récit aux réactions des protagonistes), comme il l’a déjà fait dans "Antoine et Antoinette" et, donc, dans "Édouard et Caroline", Becker filme en virevoltant un quartier, un milieu social, mieux encore une période, au point qu’on a pu dire qu’il tenait là un rythme de comédie américaine à la Capra.
Alors qu’"Antoine et Antoinette" représentait la vie quotidienne des ouvriers du quartier des Épinettes (l’hebdomadaire de l’Union des Femmes Françaises, qui était l’organisation de masse du Parti Communiste s’appelait, d’ailleurs, Antoinette – qui a influencé l’autre ? Je me livrerai à des recherches érudites ! –), "Édouard et Caroline" se déroulait dans un milieu de moyenne et grande bourgeoisie ; c’est également le cas dans "Rue de l’Estrapade", mais le Paris de l’époque permettait d’autres échappées, qui était cette ville où habitaient, et non pas seulement travaillaient des classes sociales mêlées, survivance du 19ème siècle par la répartition verticale et non horizontale des logements.



   

Fils de couturière, Becker ne résiste pas de se faire un propre clin d’œil en entamant son film dans une maison de couture, qui ressemble très fort à celle de "Falbalas", jusque dans la présence – qu’on sent omnipotente et maternelle – d’une sorte de duègne assistante du grand couturier (Gabrielle Dorziat ou Pâquerette) ; mais, au contraire du Philippe Clarence (Raymond Rouleau) de Falbalas, Jacques Christian, le couturier de "Rue de l’Estrapade", joué par Jean Servais, à la si belle voix grave, est clairement homosexuel ; ce n’est d’ailleurs pas un des moindres intérêts du film que de placer une curieuse scène à tonalité érotique où Anne Vernon est visiblement désirée par le couturier, qui, la nuit venue, dans la maison de couture désertée, lui fait essayer une robe puis échancre son corsage au grand dam de son giton jaloux et furieux.
En revoyant tout à l’heure ce film, je songeais bizarrement, lors des dernières images qui voient la réconciliation des deux époux, Anne Vernon et Louis Jourdan qu’une tempête a secoués à… "Eyes wide shut" ; bizarre divagation de mon esprit tordu ? Sans doute un peu, mais un peu seulement : dans l’un comme dans l’autre film, il y a, au-delà d’infinies différences, la présence, dans un couple, de la tentation qui intervient dans la vie quotidienne et des moyens d’y résister, tant l’évidence est que cette résistance est le seul chemin valable. 


                             


Et que Françoise (Anne Vernon) résiste davantage aux entreprises de Robert (Daniel Gélin) qu’Henri (Louis Jourdan) n’a résisté aux charmes d’une charmante pin-up, rappelle assez les attitudes respectives d’Alice et de Bill Harford…
Voilà une chute bien grave pour un film léger ; mais comme je suis plutôt homme à enfoncer le clou, j’achève en citant une sublime période de Bossuet (dont ce doit être bien la première et dernière fois que le nom figurera ici !), sublime dans le fond et la forme, répétée par deux fois par Françoise Anne Vernon à Henri Louis Jourdan, juste avant qu’elle ne plaque (provisoirement !) leur appartement bourgeois du quai Blériot pour la chambre de bonne de la rue de l’Estrapade : "On n’entend dans les funérailles que des paroles d’étonnement de ce que ce mortel est mort". Pourquoi est-on surpris des évidences ? Source : http://www.senscritique.com/film/Rue_de_l_Estrapade/critique/16624108



                             


Jean Anouilh l'engage bientôt pour la création de «L'invitation au château», l'une de ses pièces dites “brillantes”. Lancée, Edith ne fréquentera désormais aucun cours d’art dramatique, se soumettant par avance à ce qui deviendra avec le temps une conviction bien arrêtée : "On n'apprend pas à jouer la comédie, c’est la vie qui vous apprend à la jouer".
Pierre de Hérain, beau-fils du Maréchal Pétain, engage Edith pour un petit rôle dans «Le mannequin assassiné» (1947), lui offrant sa véritable rencontre avec les studios de cinéma, en l'occurrence ceux de la Gaumont. Certes, il y eut «Falbalas» dès 1944, mais il ne s'agissait guère plus que d'une gentille apparition plus ou moins professionnelle dans les salons mêmes de Rochas. A Becker qui avait proposé un petit rôle, elle avait rétorqué, un tantinet orgueilleuse : "Non ! un grand rôle !". Peu rancunier, le maître saura s'en souvenir …
Dès lors, Edith pratique l'alternance théâtre - cinéma. Le metteur en scène britannique Donald B. Wilson l’engage pour un film qu’il se prépare à tourner aux studios de Pinewood. «Warning to Wantons» (1948) ne traversera jamais la Manche et personne chez nous ne put découvrir le petit monstre qu'elle y incarna. Première à avoir utilisé la technique télévisuelle "Independent Frame" sur un plateau de cinéma, l'oeuvre se révéla un sévère flop financier. Fait important : Edith Vignaud étant vraiment trop difficile à prononcer dans la langue de Shakespeare, notre actrice devient définitivement Anne Vernon, un choix effectué à partir des réponses obtenues au concours organisé à cet effet.
A son terme, la filmographie de notre vedette comportera 40 titres. Très sollicitée, elle aura tourné en France, en Angleterre, en Italie, aux Etats-Unis, en Allemagne, en Autriche et en Espagne.




                              


L'Affaire des poisons est un film franco-italien, réalisé par Henri Decoin, sorti sur les écrans en 1955.
Le scénario est directement adapté de la célèbre Affaire des poisons, qui défraya la chronique à la fin des années 1670.
Film historique relatant une des affaires criminelles les plus retentissantes de tous l'Ancien Régime par son ampleur , le fait qu'elle toucha les plus hautes sphères de la société et la psychose qu'elle entraîna alors . Cette affaire fut d'ailleurs tellement dense qu'il aurait relevé du miracle de réussir à la traiter entièrement et le film se concentre donc sur un seul de ses aspects , à savoir le rôle supposé de madame de Montespan ( la favorite du roi ) dans cette affaire . En effet , bien que les historiens n'aient aucune certitude sur son implication dans l'affaire des poisons , Decoin choisit d'en faire l'un des personnages centrales de cette histoire , la recherche d'un film de qualité prend donc le pas sur la vérité historique et cela est au final très profitable . En effet , ce petit arrangement avec l'histoire permet de construire un film de grande qualité mêlant enquête policière , les intrigues de la cour où se croisent recherche de pouvoir , amour et rivalité ainsi qu'un éclairage certain sur les mentalités de l'époque , le tout servit par une pléiade d'acteurs tous impeccables et une réalisation de qualité .Un film qui évoque d'une manière un peu romancée mais au final assez réaliste une affaire sordide qui a perturbé le règne du Roi Soleil. La mise en scène est classique, manquant un peu de nerf dans sa première heure mais se rattrapant bien par la suite, les personnages sont très fouillés et puis surtout le casting vaut le coup d'oeil. Paul Meurisse est étonnant en prêtre satanique peureux, Viviane Romance incarne une fascinante La Voisin et Danielle Darrieux est parfaite de froideur apparente en Madame de Montespan. Une récréation historique intéressante..


   

Grand film de Decoin. Une très belle interprétation de Danielle Darrieux en Montespan intrigante et ambitieuse prête à tout pour reconquérir l'affection du roi, Viviane Romance diabolique à souhait en fausse pythonisse et vraie voleuse et Paul Meurisse remarquable en prêtre satanique et pleutre.
Une interprétation particulièrement réaliste - On dira + tard que V.Romance fait merveille dans le sadisme non sans raisons... -, sinon lumineuse : Ce film, malgré 1 début quelque peu trouble & louvoyant, reste 1 classique du genre.
Source : http://www.allocine.fr/film/fichefilm-37299/critiques/spectateurs/
Et http://encinematheque.net/oeil/Y008/

2 commentaires:

  1. https://hr3hoe33qf.1fichier.com/
    https://sutrlbzzrx.1fichier.com/

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  2. merci pour l'affaire des poisons ,que je ne connais pas.
    radisnoir

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