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samedi 28 février 2015

Tatanka


A Chicago, un groupe d’étudiants poussés par leurs idéaux, s’introduit de nuit dans un laboratoire pour y libérer des animaux promis à des expériences. Mais ils découvrent des cages vides, ceux-ci auraient été transférés ailleurs pour des raisons inconnues. Leur « opération de libération » tourne au fiasco lorsqu’ils se font surprendre par un gardien, et qu’ils sont obligés de s’enfuir après l’avoir tabassé.
Même si le thème a souvent été traité, cette nouvelle série s’annonce prometteuse. Le suspense se met en place rapidement, les personnages bien campés sont assez intéressants et les quelques pointes de mystère, disséminées au long de l’album, laisse supposer quelques rebondissements à venir. Joël Callède, après Enchaînés et malgré un sujet un peu moins original, signe ici un bon début d’intrigue. On en vient même à penser parfois à l’Armée des 12 singes, la touche fantastique en moins, mais avec le versant « sauveur du monde animal » qui pourrait rapidement se transformer en criminel.
L’histoire, de style réaliste, est bien servi par le dessin de Gaël Séjourné qui, bien qu’il n’ait qu’une seule série à son actif (Lance Crow Dog), maîtrise son sujet, malgré une couverture peu attirante. Le découpage imaginé par le scénariste semble bien respecté et la mise en couleurs, aux partis pris surprenants au premier abord, confère un rendu assez cinématographique de l’ambiance.
La série étant prévue en 4 tomes, Morsure est un premier album qui ne demande qu’à être transformé en succès. Pour le moment il trouve sa place dans le catalogue Delcourt, aux côtés d’autres séries réalistes écrites par Chauvel ou consorts. Par J. Léger
Aperçu ici : http://www.bedetheque.com/BD-Tatanka-Tome-1-Morsure-47410.html

Les leaders du groupe Tatanka, accusés d’avoir organisé un attentat contre un sénateur ultra-conservateur, sont en fuite… Après avoir tué une première fois dans la petite ville de Lawton, un agent pathogène inconnu amorce sa diffusion à Chicago puis… New York. Son étude révèle une succession de mutations fulgurantes, qui font craindre une épidémie sans précédent !
Le complot terroriste, l'épidémie et les sauveurs de la faune et de la flore, sont des éléments présents dans bon nombre de scénarios catastrophes. Il faut du talent pour sortir des sentiers battus et ne pas tomber dans les pièges du "déjà-vu" ennuyeux et ce sont souvent les petits détails qui font la preuve de ce talent. Callède (Comptines d'Halloween, Dans la nuit) n'en manque pas.
Si la trame reste assez classique, Tatanka est truffée de contournements de stéréotypes : le bon docteur Paterson qui succombe à une pulsion meurtrière, Brian qui lui ne succombe pas aux charmes de Kim, et pour cause, etc. Pas de vrais héros, pas de sexe, mais que fait la police ? Seule l'origine du "virus" détonne un peu, c'est dommage. Les deux tomes réserveront peut-être des surprises sur cet élément, c'est à souhaiter.
Bref, un ensemble de petites choses qui font de ce récit une hitoire presque crédible et attrayante, tel un bon polar scientifique, ou un thriller bactériologique comme ils disent.Par T. Pinet



                   

Le groupe écologique Tatanka, accusé à tort de tentative d’assassinat sur un sénateur, se réfugie chez Jake Korver, ancien activiste dans l’Iowa. Un matin, débarquent au ranch de celui-ci d’anciens employés d’un abattoir qu’il avait fait fermé pour mauvais traitements envers les animaux. L’âme vengeresse, ils tirent sur les bêtes recueillis par Jake depuis de nombreuses années. Kim, Brian, Ty et Geena ne peuvent empêcher ce massacre. Afin d’éviter une nouvelle dérive, Brian révèle sa condition de journaliste, ce qui finit par conduire à la fuite de ces oppresseurs. Pour autant, la trahison étant trop forte, Brian se voit bannit de la petite communauté. Pendant ce temps, les militaires commencent à découvrir de multiples cas de contamination à travers le pays. Ce qui leur semblait n’être qu’une épidémie locale, pourrait bien être une véritable pandémie. De leur côté, les services sanitaires semblent débordés et l’apparition d’une nouvelle évolution du virus les effraie. En effet, celle-ci apparaît maintenant sous la forme d’une larve des plus agressives. Sentant la situation leur échapper, le docteur Gary Trent décide de faire une déclaration aux journalistes, annonçant l’impuissance des services de l’Etat devant ce virus inconnu…
Aperçu ici : http://www.editions-delcourt.fr/catalogue/bd/tatanka_4_infiltration

La mystérieuse épidémie semble désormais sous contrôle de l’armée. Maintenant que les scientifiques possèdent une larve, ils peuvent chercher de quoi elle est constituée. C’est le docteur Harvey Myers qui est chargé de son étude, mais sous la pression de son chef Philip, il lâche vite l’éponge. Pendant ce temps, au nord du Kansas, Jake et ce qui reste du groupe Tatanka, trouvent refuge auprès d’activistes écologiques. Ces derniers manifestent justement contre la pollution des eaux de la région, et devraient leur permettre de trouver l’endroit appelé « l’élevage fantôme ». De son côté, Brian continue son investigation. Le journaliste rencontre même le docteur Gary Kent et lui demande de l’aider dans sa démarche, ce qu’il finira par accepter. Dans une église, Philip révèle à Harvey, son ami en faculté, qu’il a déjà vu une larve de ce type, il y a plusieurs années, pendant qu’il servait au Viet-Nam. Il avait même commencé à pratiquer quelques tests dessus lorsqu’un bombardement l’avait empêché de mener son étude à son terme. Philip a cependant l’intime conviction que cela n’est pas naturel et que cette menace proviendrait de débris de météorites…



                 


Quelle gifle j’ai reçue en lisant ce dernier tome qui nous propose en prime 8 planches de plus (54) que les précédents. Certains le trouvent trop bavard mais je ne déteste rien de plus que les auteurs qui laissent le soin aux lecteurs de s’imaginer leur propre fin, ou pire, qui la bâclent comme celle du Complexe du Chimpanzé avec sa théorie à 2 balles !
J’aime par contre qu’on me prenne par la main comme Joël Callède qui prend le temps de bien nous développer son scénario d’une façon si cohérente qu’il en devient crédible malgré l’énormité de la situation !
J’ai également apprécié le parti pris chronologique entrecoupé de flashbacks qui donne du rythme … même s’il faut être concentré comme au bas de la page 32 pour ne pas perdre le fil !
J’aime cette tension qui monte au fur et à mesure que je tourne les pages qui me rapprochent de la fin … surtout quand elle est aussi réussie !
Callède, dont j’appréciais la bibliographie m’a encore scotché avec cette série à l’instar de celles de Luc Brunschwig le maître du genre.
Quant à Gaël Séjourné, son style fluide illustre magnifiquement ce thriller dont j’ai admiré particulièrement les pages 16 et 17 sans compter les frissons des 3 dernières !
Merci à eux ainsi qu’au coloriste Jean verney pour avoir embelli ce bijou !

Source : http://www.bedetheque.com/BD-Tatanka-Tome-5-Cobayes-83668.html

vendredi 27 février 2015

Prêtres en colère

La Colère de Dieu (The Wrath of God) est un film américain réalisé par Ralph Nelson, sorti en 1972.
Un an après "Le soldat bleu'", Ralph Nelson persévère dans le genre du western en mélangeant cette fois l'humour et la violence. Le réalisateur qui avait bouleversé les foules voire qui les avait traumatisées avec des scènes insoutenables dans son précédent film, décide cette fois de limiter son film à un grand divertissement en fabriquant un trio pour acomplir une mission. Auteur également de ce scénario riche en évènements, en rebondissements, aux dialogues fins et humoristiques défiant la censure de l'Eglise en mettant en scène un curé qui est devenu un bandit, un tueur à gages, Ralph Nelson se permet d'élaborer un film divertissant en tous points. On passe du rire aux larmes, des larmes aux surprises, des surprises aux rires et cela tout le long du long-métrage à croire que le réalisateur avait décidé de montrer au spectateur qu'un film permettait de dénoncer des faits horribles comme les exécutions, les pendaisons, les meurtres d'enfants, la tyrannie mais pouvaient être montrés explicitement tout en conjuguant avec cette violence un humour à l'anglaise. Robert Mitchum incarne le protagoniste du film et use de sa carrière très riche pour mieux incarner ce curé totalement déboussolé, toutefois enclin à ne jamais abandonner les autres dans une lutte qu'il croit juste même s'il avait apparemment rejeté tous les principes qui lui avaient été inculqués. Le film permet de trouver tous les défauts humains mais aussi des qualités. Comme défauts, la cupidité, la violence, le viol, la lâcheté, l'alcoolisme, la haine, la volonté de diriger par tyrannie. Comme qualités, la joie de vivre, la découverte de vertus, l'amour, le courage, la témérité, la volonté de vaincre sa peur au péril de sa vie. Au final, Ralph Nelson nous surprend une fois de plus, nous terrifie, nous émerveille et surtout nous apporte du plaisir malgré des scènes gores. Excellent scénario, excellente mise en scène sur le plan de l'émotion et des scènes d'action spectaculaires, "La colère de Dieu" est une grande réussite!


   


Beaucoup plus sous l'influence du spaghetti que du classique, un western volontiers cynique où Robert Mitchum joue pour la troisième au moins (après "La Nuit du chasseur" et "Cinq cartes à abattre" !!!) un rôle de "religieux" aux méthodes que n'approuverait certainement pas le Seigneur, ici la Bible dans une main, une mitraillette dans une autre. Malgré quelques seconds rôles mémorables dont Frank Langella, en méchant un peu fou mais qui a quelques bonnes raisons de l'être, et Rita Hayworth, dans son tout dernier rôle au cinéma, c'est l'acteur de "La Griffe du passé" qui domine incontestablement l''ensemble, s'en donnant à cœur joie. Autrement malgré quelques creux, le film se regarde sans ennui et réserve même quelques bonnes séquences comme la fusillade finale.



                              

Ralph Nelson met en scène un western peuplé d'aventuriers cyniques et pittoresques à l'image des westerns spaghettis. si le début du film est sympathique et prometteur, il y a ensuite beaucoup de remplissage et de bavardage inutile jusqu'à la scène finale  Après des dèbuts èclectiques, acteur, pilote instructeur, Ralph Nelson est devenu scènariste, producteur (notamment à la tèlèvision) et surtout rèalisateur! On se souviendra surtout de son meilleur film, "Charly", dans lequel un adulte mentalement attardè devenait un gènie après une opèration au cerveau! Changement de registre dans "The Wrath of God", un western folklorique des seventies avec un Robert Mitchum en curè pas très catholique! A partir d'un scènario invraisemblable, le cinèaste parvient à rèaliser une histoire enlevèe et distrayante, prenant même le luxe de choisir Rita Hayworth pour incarner la Señora De La Plata! Insolite et brutal, ce western aux implications politiques se laisse voir sans aucun problème particulier! De plus c'est une truculente parodie de "The Fugitive" de John Ford! Venez donc tenter l'aventure au sud du Rio Grande avec un Mitchum à l'allure martiale et inquiètante qui provoque « la colère de Dieu » pour le plus grand plaisir de ses fans...


    
                   

La Pourpre et le Noir est un téléfilm américano-italo-britannique réalisé par Jerry London produit en 1983 d'après le roman de J.P. Gallagher.
Basée sur une histoire vraie, celle de Monseigneur Hugh O'Flaherty un haut dignitaire du Vatican.
En 1943, Mgr O'Flaherty à Rome, sous le pontificat de Pie XII durant l'occupation nazie, use de son immunité diplomatique pour cacher des réfugiés juifs et des familles de résistants italiens.
Bien que Mgr O'Flaherty soit protégé grâce à son statut privilégié, le colonel Kappler, chef de la Gestapo lui interdit de quitter le Vatican et ordonne qu'il soit capturé ou abattu s'il en sort.
Mgr O'Flaherty fera même l'objet d'une tentative d'assassinat par les Nazis à l'intérieur du Vatican.
Pour une raison non expliquée, les officiers de la gestapo ne portent pas les runes "SS" sur leurs cols, ce qui est anachronique.
On ne pourra pas reprocher à Jerry London sa force de conviction dans cette évocation d’une page héroïque de la résistance au nazisme : une histoire vraie, celle d’un homme incroyable, un prélat, qui sous toutes les coutures (charbonnier, soldat, postier…) réussira à tromper la vigilance des militaires postés tout autour de Saint-Pierre, prêt à l’abattre s’il franchit la ligne blanche. Mais le ton est parfois un peu léger pour un sujet aussi grave, qui le devient véritablement quand le cinéaste se repose sur la confrontation entre ses deux héros, Gregory Peck et Christopher Plummer, le curé et le gestapiste. Ce film remis au gout du jour par Itv studio ne bénéficie malheureusement pas d’une restauration et l’image en pâtit Pouren savoir plus.


   

Inspiré de faits réels La Pourpre et le Noir relate la détermination de l'homme d'Eglise Hugh O'Flaherty a sauver des vies humaines au nez et la barbe des nazis. Tourné à Rome ce téléfilm voit un affrontement rugueux entre Peck et Plummer (l'un dans le rôle du prélat l'autre dans celui du colonel SS) et c'est d'ailleurs leur face à face qui fait tout le sel de La Pourpre et le Noir car le réalisateur Jerry London semble ici moins inspirée que pour son magnifique feuilleton Shogun. La mise en scène manque d'intensité dramatique et durant la 1ère heure l'histoire a du mal à se mettre en place, à signaler que c'est Morricone qui signe la musique de La Pourpre et le Noir. Pas déplaisant à voir mais peu mémorable malgré son sujet.


                 

Il y a déjà longtemps que j'ai vu "La pourpre et le noir", mais j'en garde un excellent souvenir. Superbe film sur l'activité de résistance au Vatican, il comporte des scènes de haute tension , comme celle où le personnage de Gregory Peck est dans le viseur de l'officier allemand qui le surveille. Le même Gregory Peck nous livre une belle leçon d'interprétation: je crois me souvenir d'un passage où son personnage va jusqu'à se déguiser en bonne soeur! Franchement, voilà un excellent film. O’Flaherty n’avait pas du tout le visage de Gregory Peck, mais un visage plein de bonhommie, presque poupin, plein de finesse et pétillant d’humour. Ses amis racontent que l’étincelle devenait un feu ardent quand il s’agissait de protéger quelqu’un de la barbarie des Nazis. lien vers la photo de o’Flaherty
Sources : http://www.allocine.fr/film/fichefilm-174829/critiques/spectateurs/

jeudi 26 février 2015

Anne Vernon

Anne Vernon est née Edith Antoinette Alexandrine Vignaud à Saint-Denis, le 9 janvier 1924, dans une banlieue parisienne de la classe ouvrière encore toute imprégnée de Jaurès. Georges, son papa, est en voie d’être promu cadre supérieur tandis que Raymonde, sa maman, est couturière. Anne vient rejoindre Georgia, sa sœur aînée de trois ans et demi.
Elle a quatorze ans et suit les cours du Lycée Lamartine dans le 9ème arrondissement de Paris lorsque papa accède à un meilleur statut social qui permet à la petite famille d'emménager à Enghien-les-Bains.
Convaincue de ses réelles dispositions pour le stylisme, l'adolescente souhaite s’inscrire à l’Ecole des Arts Appliqués à l’Industrie de la rue Duperré, aujourd'hui transférée dans le troisième arrondissement. Papa et maman approuvent cette ambition.
Edith fête ses 16 ans sous l 'Occupation. Indépendante, elle s'installe à Paris, louant avec une amie un petit appartement, place du Tertre. Elle fréquente les artistes de Saint-Germain-des-Prés et progresse dans le dessin publicitaire et les croquis de robes d'enfants. Son beau-frère la fait entrer chez le célèbre couturier Marcel Rochas. Est-ce un examen de passage ? Toujours est-il qu'elle lui présente un projet de flacon pour son nouveau parfum, "Echec".  Pour elle, ce n'en est pas un !


                             

 Rochas l'apprécie; ayant créé un département cinéma, il y affecte Edith. Celle-ci rencontre Madeleine Sologne à l'occasion de l'essayage des costumes de «L'éternel retour». Le producteur du film, André Paulvé lui propose de faire un bout d'essai pour lequel Marcel Achard, plutôt amusé, lui donne la réplique … et devient son parrain. Elle fait alors la connaissance de Jean Cocteau qui l'encourage et l'incite à s'inscrire aux cours d’art dramatique de Tania Balachova, laquelle se débat avec la création de «Huis Clos» de Sartre au Théâtre du Vieux-Colombier. En manque de doublure pour sa pièce, le metteur en scène Louis Ducreux propose à notre dessinatrice de faire un premier pas vers le théâtre. Apeurée, Edith hésite mais, convaincue de la bonne santé de Gaby Sylvia, la titulaire, finit par accepter. Malheur ! Gaby tombe malade ! Edith doit mémoriser un texte qu’elle avait pris quelque peu à la légère. Elle le déclamera quatre mois durant. Peu près, le Vieux-Colombier crée la pièce d’André Roussin, «Jean-Baptiste, le mal aimé» (1944), dont le rôle principal est à nouveau dévolu à Gaby Sylvia … qui rechute ! Roussin ne voit qu’une seule remplaçante pour reprendre le flambeau. Edith se révèlera une parfaite Armande Béjart face à un André Roussin revêtu des habits de MolièreFernand Ledoux, alors à la Comédie Française, invite la jeune comédienne à rejoindre sa troupe pour une tournée d’un an en Amérique du Sud (1946). Au programme s'affichent les scènes les plus francophiles du continent : São Paulo, Buenos Aires, Santiago du Chili …. Edith rejoint Elina Labourdette, la seconde jeune première, avec laquelle elle sympathise, pour défendre les quatorze spectacles inscrits au répertoire !



                                    


Placé entre les deux chefs-d’œuvre de Jacques Becker, "Casque d’Or" et "Touchez pas au grisbi", situé deux ans après le très séduisant "Édouard et Caroline" (dont il reprend d’ailleurs les deux interprètes, Daniel Gélin et Anne Vernon), ce film charmant et mineur qu’est "Rue de l’Estrapade" poursuit l’entomologie du Paris d’après-guerre engagée dans "Falbalas" et surtout "Les rendez-vous de juillet".
Se libérant de l’impératif de l’action (au sens d’un scénario charpenté qui privilégie le récit aux réactions des protagonistes), comme il l’a déjà fait dans "Antoine et Antoinette" et, donc, dans "Édouard et Caroline", Becker filme en virevoltant un quartier, un milieu social, mieux encore une période, au point qu’on a pu dire qu’il tenait là un rythme de comédie américaine à la Capra.
Alors qu’"Antoine et Antoinette" représentait la vie quotidienne des ouvriers du quartier des Épinettes (l’hebdomadaire de l’Union des Femmes Françaises, qui était l’organisation de masse du Parti Communiste s’appelait, d’ailleurs, Antoinette – qui a influencé l’autre ? Je me livrerai à des recherches érudites ! –), "Édouard et Caroline" se déroulait dans un milieu de moyenne et grande bourgeoisie ; c’est également le cas dans "Rue de l’Estrapade", mais le Paris de l’époque permettait d’autres échappées, qui était cette ville où habitaient, et non pas seulement travaillaient des classes sociales mêlées, survivance du 19ème siècle par la répartition verticale et non horizontale des logements.



   

Fils de couturière, Becker ne résiste pas de se faire un propre clin d’œil en entamant son film dans une maison de couture, qui ressemble très fort à celle de "Falbalas", jusque dans la présence – qu’on sent omnipotente et maternelle – d’une sorte de duègne assistante du grand couturier (Gabrielle Dorziat ou Pâquerette) ; mais, au contraire du Philippe Clarence (Raymond Rouleau) de Falbalas, Jacques Christian, le couturier de "Rue de l’Estrapade", joué par Jean Servais, à la si belle voix grave, est clairement homosexuel ; ce n’est d’ailleurs pas un des moindres intérêts du film que de placer une curieuse scène à tonalité érotique où Anne Vernon est visiblement désirée par le couturier, qui, la nuit venue, dans la maison de couture désertée, lui fait essayer une robe puis échancre son corsage au grand dam de son giton jaloux et furieux.
En revoyant tout à l’heure ce film, je songeais bizarrement, lors des dernières images qui voient la réconciliation des deux époux, Anne Vernon et Louis Jourdan qu’une tempête a secoués à… "Eyes wide shut" ; bizarre divagation de mon esprit tordu ? Sans doute un peu, mais un peu seulement : dans l’un comme dans l’autre film, il y a, au-delà d’infinies différences, la présence, dans un couple, de la tentation qui intervient dans la vie quotidienne et des moyens d’y résister, tant l’évidence est que cette résistance est le seul chemin valable. 


                             


Et que Françoise (Anne Vernon) résiste davantage aux entreprises de Robert (Daniel Gélin) qu’Henri (Louis Jourdan) n’a résisté aux charmes d’une charmante pin-up, rappelle assez les attitudes respectives d’Alice et de Bill Harford…
Voilà une chute bien grave pour un film léger ; mais comme je suis plutôt homme à enfoncer le clou, j’achève en citant une sublime période de Bossuet (dont ce doit être bien la première et dernière fois que le nom figurera ici !), sublime dans le fond et la forme, répétée par deux fois par Françoise Anne Vernon à Henri Louis Jourdan, juste avant qu’elle ne plaque (provisoirement !) leur appartement bourgeois du quai Blériot pour la chambre de bonne de la rue de l’Estrapade : "On n’entend dans les funérailles que des paroles d’étonnement de ce que ce mortel est mort". Pourquoi est-on surpris des évidences ? Source : http://www.senscritique.com/film/Rue_de_l_Estrapade/critique/16624108



                             


Jean Anouilh l'engage bientôt pour la création de «L'invitation au château», l'une de ses pièces dites “brillantes”. Lancée, Edith ne fréquentera désormais aucun cours d’art dramatique, se soumettant par avance à ce qui deviendra avec le temps une conviction bien arrêtée : "On n'apprend pas à jouer la comédie, c’est la vie qui vous apprend à la jouer".
Pierre de Hérain, beau-fils du Maréchal Pétain, engage Edith pour un petit rôle dans «Le mannequin assassiné» (1947), lui offrant sa véritable rencontre avec les studios de cinéma, en l'occurrence ceux de la Gaumont. Certes, il y eut «Falbalas» dès 1944, mais il ne s'agissait guère plus que d'une gentille apparition plus ou moins professionnelle dans les salons mêmes de Rochas. A Becker qui avait proposé un petit rôle, elle avait rétorqué, un tantinet orgueilleuse : "Non ! un grand rôle !". Peu rancunier, le maître saura s'en souvenir …
Dès lors, Edith pratique l'alternance théâtre - cinéma. Le metteur en scène britannique Donald B. Wilson l’engage pour un film qu’il se prépare à tourner aux studios de Pinewood. «Warning to Wantons» (1948) ne traversera jamais la Manche et personne chez nous ne put découvrir le petit monstre qu'elle y incarna. Première à avoir utilisé la technique télévisuelle "Independent Frame" sur un plateau de cinéma, l'oeuvre se révéla un sévère flop financier. Fait important : Edith Vignaud étant vraiment trop difficile à prononcer dans la langue de Shakespeare, notre actrice devient définitivement Anne Vernon, un choix effectué à partir des réponses obtenues au concours organisé à cet effet.
A son terme, la filmographie de notre vedette comportera 40 titres. Très sollicitée, elle aura tourné en France, en Angleterre, en Italie, aux Etats-Unis, en Allemagne, en Autriche et en Espagne.




                              


L'Affaire des poisons est un film franco-italien, réalisé par Henri Decoin, sorti sur les écrans en 1955.
Le scénario est directement adapté de la célèbre Affaire des poisons, qui défraya la chronique à la fin des années 1670.
Film historique relatant une des affaires criminelles les plus retentissantes de tous l'Ancien Régime par son ampleur , le fait qu'elle toucha les plus hautes sphères de la société et la psychose qu'elle entraîna alors . Cette affaire fut d'ailleurs tellement dense qu'il aurait relevé du miracle de réussir à la traiter entièrement et le film se concentre donc sur un seul de ses aspects , à savoir le rôle supposé de madame de Montespan ( la favorite du roi ) dans cette affaire . En effet , bien que les historiens n'aient aucune certitude sur son implication dans l'affaire des poisons , Decoin choisit d'en faire l'un des personnages centrales de cette histoire , la recherche d'un film de qualité prend donc le pas sur la vérité historique et cela est au final très profitable . En effet , ce petit arrangement avec l'histoire permet de construire un film de grande qualité mêlant enquête policière , les intrigues de la cour où se croisent recherche de pouvoir , amour et rivalité ainsi qu'un éclairage certain sur les mentalités de l'époque , le tout servit par une pléiade d'acteurs tous impeccables et une réalisation de qualité .Un film qui évoque d'une manière un peu romancée mais au final assez réaliste une affaire sordide qui a perturbé le règne du Roi Soleil. La mise en scène est classique, manquant un peu de nerf dans sa première heure mais se rattrapant bien par la suite, les personnages sont très fouillés et puis surtout le casting vaut le coup d'oeil. Paul Meurisse est étonnant en prêtre satanique peureux, Viviane Romance incarne une fascinante La Voisin et Danielle Darrieux est parfaite de froideur apparente en Madame de Montespan. Une récréation historique intéressante..


   

Grand film de Decoin. Une très belle interprétation de Danielle Darrieux en Montespan intrigante et ambitieuse prête à tout pour reconquérir l'affection du roi, Viviane Romance diabolique à souhait en fausse pythonisse et vraie voleuse et Paul Meurisse remarquable en prêtre satanique et pleutre.
Une interprétation particulièrement réaliste - On dira + tard que V.Romance fait merveille dans le sadisme non sans raisons... -, sinon lumineuse : Ce film, malgré 1 début quelque peu trouble & louvoyant, reste 1 classique du genre.
Source : http://www.allocine.fr/film/fichefilm-37299/critiques/spectateurs/
Et http://encinematheque.net/oeil/Y008/

mercredi 25 février 2015

Jack Warden

De son vrai nom John H. Lebzelter, Jack Warden, d'un naturel bagarreur, s'illustre d'abord comme boxeur professionnel poids welter sous le nom de Johnny Costello. Videur, puis soldat, il rejoint les rangs de la marine pendant la Seconde Guerre mondiale, avant de s'engager chez les parachutistes. Blessé à la jambe, c'est durant sa convalescence qu'il découvre le théâtre et sa vraie vocation. De retour à la vie civile, Jack Warden prend des cours de comédie, puis s'illustre à Broadway et à la télévision. C'est en 1951 qu'il fait ses débuts au cinéma, dans la comédie You're in the Navy Now aux côtés d'autres anciens soldats comme Lee Marvin ou Charles Bronson. L'année suivante, il apparaît dans Tant qu'il y aura des hommes, puis campe le juré N° 7 de Douze hommes en colère de Sidney Lumet.



                

Cantonné aux rôles de soldats et de "gros durs", Jack Warden s'illustre durant la décennie suivante principalement à la télévision, où il affine son jeu et remporte notamment un Emmy Award en 1972. Sa rencontre avec Warren Beatty au début des années soixante-dix marque un tournant dans sa carrière : à ses côtés, il apparaît dans Shampoo et Le Ciel peut attendre, et glane deux nominations à l'Oscar du Meilleur second rôle. Il varie les rôles jusqu'à la fin de sa carrière, et s'illustre notamment dans Les Hommes du Président (1976), Mort sur le Nil (1978), Le Champion (1979), Bienvenue Mister Chance (1979), Le VerdictPresidio, base militaire, San Francisco (1988), Toys (1992), La Loi de la nuit (1993), Dernières heures à Denver (1995), Coups de feu sur Broadway(1994) et Maudite Aphrodite (1995) de Woody Allen ou encore Bulworth de son ami Warren Beatty en 1998. 



                
                             
Pierre angulaire d’un cinéma libéral appelé du « complot », participant de l’esthétique dite paranoïaque auquel son auteur est à jamais rattaché, Les Hommes du président s’affichent clairement comme le document fictionnel qui retrace les germes d’une épopée journalistique jusqu’à la révélation du scandale du Watergate. Ce récit à haute teneur politique radiographie ainsi à sa manière l’état d’une société où la fin des idéaux contestataires coïncide avec la menace d’une corruption gouvernementale qui complote secrètement de son côté en défiant l’innocence de l’opinion publique dans un climat de suspicion générale.

Alan J. Pakula est un réalisateur éminemment revendicatif faisant partie de la dite génération des Seventies qui met en crise les normes du cinéma hollywoodien. Cela, tout en accusant le contre-coup d’un modèle éclaboussé à sa base par l’assassinat de Kennedy jusqu’aux affaires des écoutes du Watergate, et dont la guerre du Viêt-Nam ne peut être que le fil conducteur, le vecteur principal. Auteur de Pookie, de Klute où il dessine le superbe portrait d’une prostituée cabossée qu’interprète Jane Fonda, pour en venir à ses chefs d’œuvre, les bien nommés À cause d’un assassinat et Les Hommes du président, Pakula affirme un point de vue subjectif et toujours sceptique sur les choses. Là où le récit d’À cause d’un assassinat relatait par la fiction l’entreprise d’un journaliste manipulé et défait dans une affaire de conspiration criminelle, Les Hommes du président défend une reconstitution clinique et datée de l’aventure de reporters faisant la lumière sur les affaires d’écoutes manigancées par les plus hautes sphères du pouvoir. 


   

La vision manichéenne accolée au cinéma américain persiste donc ici mais semble basculer, déconstruite minutieusement du fait que les représentants de la loi, le gouvernement et les services secrets ne constituent plus le symbole d’un ordre aux valeurs morales jugées saines et légitimes mais davantage la cible à dénoncer, à contester.




                               

Le déroulement du récit de Pakula adopte une position fixée et reculée qui se tient au cœur des bureaux du Washington Post où l’on suit l’infernale course de dénonciation dans laquelle se sont engagés deux jeunes journalistes aux dents longues et au flair savamment aiguisé. Au sein de ce lieu éclairée par des lumières au ton dur et glacé, le tandem de reporters que sont Bob Woodward (Robert Redford) et Carl Bernstein (le toujours superbe Dustin Hoffman) détiennent les premiers signes d’une enquête périlleuse qui va les mener progressivement d’une inaugurale mise sur écoute du camp démocrate vers la découverte d’une manipulation qui touche tout l’univers du renseignement américain. Ainsi l’action journalistique se situe plus à un niveau verbal où, d’entretiens téléphoniques avec les personnalités mouillés à des dévoilements forcés, le scandale se fait jour et les forces de la presse (l’idéal démocratique) transpercent le simulacre de l’administration gouvernementale.


                  


La paire Hoffman-Redford, complémentaire par le penchant cynique de l’un et la foi idéaliste de l’autre, déjoue à force de volonté et de coups d’éclat les machinations du pouvoir par le biais de méthodes journalistiques détournées et irrévérencieuses. Leur obsession tenace les mène à défaire le puzzle tentaculaire des liens de corruption, à vouloir creuser la vérité masquée derrière les réseaux souterrains de la manipulation, en les forçant à user de stratagèmes officieux et somme toute assez pervers. De l’indicateur mystérieux et haut placé, nommé Gorge Profonde, que rencontre Woodward dans un parking des plus ténébreux, la paire du Post « Woodstein » piétine pour consolider la mosaïque de preuves obtenues et se défend avec des procédés dont la fin justifie toujours les moyens.



                              

Ainsi, noyé dans une enquête construite sur des échecs et des rebondissements, le duo Woodward et Bernstein, animé par leur soif de vérité, luttent contre les tenants d’une orwellienne administration qui détruit les preuves de son inculpation et fait subir des pressions à ses employés. De ce sublime travelling arrière s’acheminant vers les hauteurs de la coupole de l’immense bibliothèque du congrès où se réduisent peu à peu les figures des journalistes perdus dans une enquête vaste et semble t-il interminable, Pakula dévoile les énergies à mobiliser afin d’en découdre avec les institutions américaines en place et comme scellées sur le territoire sans qu’un voile puisse le ternir. De même, les pérégrinations nocturnes d’un Redford tout en retenue (à la différence de sa partition frénétique dans le magistral Les Trois Jours du Condor en correspondance directe avec le film de Pakula) et échappé dans le corps moite d’une capitale où les symboles fédéraux éclairés par de fades projecteurs (la Maison Blanche, l’Obélisque et le monument de Lincoln) distillent une vraie ambiance de paranoïa et l’ombre persistante d’un doute avec lequel toute la réalité se déforme.  Source et suite : http://www.critikat.com/actualite-cine/critique/les-hommes-du-president.html




                                      



De la formidable carrière d’acteur de Peter Sellers, l’histoire du cinéma a surtout retenu le personnage récurrent de l’inspecteur Clouseau dans la série des Panthère Rose, et bien évidemment son rôle mythique d’indien ahuri dans The Party. Ses nombreuses collaborations avec Blake Edwards – pas moins de six interprétations du maladroit inspecteur – furent le signe évident d’une rencontre aussi créatrice que productive : le génie comique de l’acteur put s’exercer à la faveur des scénarios minutieux de Blake Edwards, alliant sens du timing et art de la chute.
En interprétant Chance, le jardinier orphelin de Being There (Bienvenue Mister Chance en français) en 1979, l’acteur britannique fait sans le savoir ses adieux au cinéma et à la vie. Dernier rôle magistral, portant en lui les traces inconscientes de la mortalité d’un corps d’acteur. Le film d’Hal Asby, bien connu par les cinéphiles pour être le réalisateur d’Harold et Maud, est une fable dont le héraut est un niais qui s’immisce sans même le savoir dans les petits papiers du pouvoir politique américain.
Le scénario, d’une incroyable finesse, est écrit par Jerzy Kosiñski (connu pour L’oiseau Bariolé), d’après son roman du même nom. Auteur d’origine européenne, il fut l’observateur féroce de son pays d’adoption, et son regard sur les institutions américaines et les travers d’une société noyée par ses propres images constitue à lui seul une bonne raison de (re)découvrir le film. Il brocarde en effet avec cynisme une Amérique en manque d’idéaux, dont le président lui-même s’entiche d’un inconnu dont la moindre phrase devient parole d’évangile.

 

           
         


L’exécutif américain, décrit comme un conglomérat d’individus aussi paranoïaques qu’idiots, confronté à un personnage hors norme, semble fonctionner comme une incroyable machine à produire des discours dénués de tout sens, mais pleins d’une idéologie marchande. Le personnage de Chance, niais qui décrit le monde qui l’entoure en termes « jardinistique », seul vocabulaire qu’il connaisse, devient du jour au lendemain un prophète, dont la parole imagée est prise pour argent comptant par les hauts dignitaires du pouvoir.
Le film méritait bien une ressortie, tant sa facture et sa construction rappellent que le cinéma à bien changé de rythme. Issu d’une production hollywoodienne, Being There s’inscrit encore dans une tradition narrative classique, bien que son rythme, par sa lenteur hébétée et la minutie de ses progressions narratives, en fasse un film à part. Epousant la personnalité aphasique du personnage principal, les scènes s’étirent et dilatent une temporalité qu’on croirait presque surnaturelle, notamment dans la première demi-heure du film, où le spectateur fait la connaissance du personnage principal.


                



Tourné majoritairement en intérieurs, le film est centré sur des personnages en vase clos, enfermés dans des pièces sombres luxueuses ou des limousines tamisées. Rien ne respire, les dialogues virtuoses se heurtent au cadre étouffant d’une mise en scène qui accentue cette sensation d’absurde, d’incompréhension vertigineuse saisissant le spectateur à la gorge.
Le fil rouge de ce récit aussi grave qu’il est hilarant est bien entendu Chance, ce jardinier de 50 ans élevé à l’abri monde, qui s’aventure hors de son jardin. Nombre d’acteurs doivent rêver d’un tel personnage, d’une figure aussi rare que douloureuse à qui prêter ses traits. En effet, le scénariste parvient à rendre crédible un personnage qui ne connaitrait du monde extérieur que ce qu’il en a vu à la télévision. Sorte de monstre engendré par la société du spectacle, Chance mime les émotions humaines en observant celles des films qu’il contemple, hébété, dans son petit écran, rappelant le Wall E des studios Pixar, par sa démarche mécanique et sa découverte progressive de l’étrange univers des humains !


                 



En réalité, Chance est un niais, de ceux qu’on appelait autrefois idiots du village, mais qui a eu lui la (mal)chance de s’abreuver d’images et de comportements dont la télévision regorge. Il se révèle aussi touchant qu’effrayant, car son immersion dans la société n’altérera jamais son immobilisme mental, et surtout ses réactions robotiques, inhumaines. En découle bien entendu des moments drolatiques, opposant l’immobilisme physique et mental de Chance et les élucubrations des autres personnages, s’empressant de vouloir donner du sens à tout ce que fait cet homme.
Les tentatives de séduction du personnage de Shirley Maclaine sont à ce titre très réussies, tout comme la relation amicale assez unilatérale entre lui et le personnage de Melvyn Douglas.
Le film en son entier est un enchevêtrement de quiproquos, de complications langagières hilarantes, et une satire sévère de la bêtise humaine, dont le seul épargné est bien entendu le plus idiot de tous ! L’interprétation burlesque de Peter Sellers est la cerise sur le gâteau, mélange d’hébétude naïve et de sourires douloureux, qui confèrent à son dernier rôle un certain tragique, tant Mister Chance ressemble déjà à un fantôme.  Source : http://www.iletaitunefoislecinema.com/chronique/4411/bienvenue-mister-chance

mardi 24 février 2015

Pascale Audret

Pascale Audret, de son vrai nom Pascale Aiguionne Louise Jacqueline Marie Auffray (née le 12 octobre 1935 à Neuilly-sur-Seine et morte dans un accident de la route le 17 juillet 2000 à Cressensac (Lot), est une actrice et chanteuse française.
Sœur du chanteur Hugues Aufray et du physicien Jean-Paul Aufray, elle est la mère de l'actrice Julie Dreyfus.
Après des débuts dans la danse classique qui l'amènent à partager la distribution d'une opérette de Francis Lopez (À la Jamaïque), elle se produit aux Trois baudets, le célèbre cabaret de Jacques Canetti. Elle débute au cinéma aux côtés de Jean Richard et Jean-Marc Thibault, dans Les deux font la paire d'André Berthomieu.
En 1957, elle triomphe au théâtre dans la première adaptation française du Journal d'Anne Frank et s'impose au cinéma dans L'Eau vive de François Villiers en 1958. Sa rencontre avec Roger Coggio la conduit ensuite au Théâtre des Mathurins pour Le Journal d'un fou de Nicolas Gogol. Puis c'est Patate de Marcel Achard, Six personnages en quête d'auteur de Luigi Pirandello, etc.
Au début des années 1980, elle se tourne davantage vers la télévision : Les Dossiers de l'agence O, Les Justes, Les Cinq Dernières Minutes, Splendeurs et misères des courtisanes, Cinq-Mars, L'Impossible Monsieur Papa


                               


Pleins feux sur l'assassin est un film français réalisé par Georges Franju, sorti en 1961.
Dans son château, le comte de Kéraudren, sentant sa mort prochaine, s'enferme dans une cache secrète, derrière une glace sans tain. De là, lui - en fait son cadavre - surveillera les conséquences de cet acte : pas de corps, donc pas d'héritage pour cinq ans, si on ne le retrouve pas. Réunis pour l'ouverture du testament, les héritiers sont consternés : Jean-Marie, l'étudiant, et son amie Micheline, qui reste à l'écart; Jeanne, mal mariée à Claude, et qui pense toujours à son cousin André, qu'elle revoit pour la circonstance; Edwige, écuyère allemande; Guillaume, distingué attaché des Beaux-Arts; Christian, bohème et alcoolique, et Henri. Mais pendant cinq années, va falloir entretenir les lieux.
Une idée germe : monter, autour d'un drame d'amour qui se déroula ici au Moyen-Âge, un Son et Lumière, qui rapportera de l'argent, en attendant plus. Malgré les efforts d'un curé radiesthésiste et d'un homme-grenouille, le comte reste introuvable, tandis que le spectacle se prépare dans l'émulation et avec un grand déploiement technique.
Mais Henri meurt électrocuté en réparant un projecteur. Et le mari de Jeanne, poussé par une voix mystérieuse - il y a des haut-parleurs partout... - la surprend en train de renouer avec André, qu'il tue. Deux cousins de moins, deux parts d'héritage de plus, remarque Micheline, fine mouche. Lors de la première du spectacle, Jeanne se jette du haut de la tour, comme l'héroïne du Moyen-Âge, sous les yeux du public qui s'enfuit. C'en est trop : Jean-Marie et Edwige tendent un piège et démasquent le coupable, Guillaume.
 Dans la confusion qui suit, un miroir est brisé et le corps du comte apparaît aux héritiers survivants,... et soulagés. Faut-il préciser que les funérailles se déroulent dans une ambiance décontractée ?



   

En 1961, Georges Franju tourne son troisième film, Pleins Feux sur l'assassin, d'après un scénario original de Boileau-Narcejac. Si on n'y retrouve pas la perfection glacée de Judex ou des Nuits rouges, on se laisse aller avec plaisir à ses énigmes tordues. Rythmé par une musique entêtante de Maurice Jarre, le film raconte la mort mystérieuse d'un comte fortuné et les péripéties qui opposent ses héritiers. Dans le château familial transformé en cinéma par un son et lumière qui raconte le meurtre d'un amant au XIIIe siècle, les membres de la famille sont assassinés un à un.
Jean-Louis Trintignant et Dany Saval forment un couple adorable de jeunes enquêteurs qui évitent les pièges (oiseaux morts, mirages de la nuit) que le cinéaste place sous leurs pas. SKORECKI Louis


                             

Le Glaive et la Balance est un film franco-italien réalisé par André Cayatte, sorti en 1963.
Sur la Côte d’Azur, le jeune Patrick, fils de la richissime Madame Winter, a été enlevé avec demande de rançon. La police, alertée, surveille de loin la remise de la rançon dans le but d'appréhender les criminels. Ce sont deux hommes qui réussissent à s'échapper. Traqués, ils abattent un policier, assassinent leur otage et s'enfuient par la mer à bord d'une vedette. Mais, cernés de toutes parts, les deux hommes accostent sur un îlot et se réfugient dans un phare désaffecté. Lorsque la police les somme de se rendre, trois hommes en sortent, chacun des trois prétend avoir vu entrer deux hommes qu'il ne connaissait pas. La police va rapidement découvrir que tous les trois ont un lourd passif susceptible de les rendre également suspects…
Quel film étonnant! Il faut toujours remercier Cayatte d'avoir, pour nous spectateurs, oser s'attaquer aux grandes questions de justice. Il l'a fait avec ses moyens d'artiste très limités et avec ses moyens d'intellectuel très au dessus de la moyenne. Ici, le mélange est frappant : un scénario avec des péripéties idéales pour nous faire réfléchir et une mise en scène quelconque rarement intéressante. Pourtant malgré ses défauts et l'invraisemblance absolue de nombreux détails, malgré le coté démonstratif poussé à ses limites, la bêtise mieux exploitée que l'intelligence donc plus racoleuse, le ''Glaive et la balance'' au titre si prétentieux est un film à voir absolument, précisément pour cet énorme contraste entre le fond et la forme. Aimer ce film est une bonne chose, dire que c'est du grand cinéma, c'est passer à coté de toute la beauté que peut offrir le septième art.


lundi 23 février 2015

Dorothy Malone

Dorothy Malone (née Dorothy Eloise Maloney) est une actrice américaine, née le 30 janvier 1925 à Chicago, Illinois. Une actrice qui possède une telle filmographie. C'est incroyable. J'adore cet actrice aux yeux vert. Elle fut remarquable dans Colorado territory dans certains polar Private hell 36 ou dans le film de guerre Le cri de la victoire.
Elle fut beaucoup employée par Harold Schuster pour notre bohneur et tournera bien sur avec les plus grands. Dorothy Malone trouva des rôles à sa juste valeur et que ce soit dans n'importe quel rôle qu'elle put jouer tant sa personnalité était si forte et se faisait de surcroit ressentir devant l'écran.
Nymphomane, alcoolique ,entraineuse, femme d'officier mais quel carrière nous devons la saluer pour ses perfomances et surtout dans le western d'où elle tourna pas moins de 17 westerns et qui pour la plupart sont restés dominateurs dans le terme de mini-chefs d'oeuvres pour la plupart d'entre eux.
Vive Madame Dorothy Malone. james


                                


Au début des années 50, Jerry Lewis et son partenaire Dean Martin forment un duo inséparable. C'est d'ailleurs à l'initative du premier que le tandem fut formé.

Plutôt que de jouer des sketches écrit à l'avance, leur force comique réside dans leur complémentarité et leur interaction. Dean Martin incarne le beau gosse, dragueur invétéré, et chanteur accompli tandis que Jerry Lewis est déjà dans son registre définitif de monsieur catastrophe, très gentil et un brun naïf, parfois victime involontaire, mais, surtout accumulant les bêtises, ce qui le rend totalement irrésistible.A partir de 1949, le duo se lance dans l'aventure du cinéma. Ensemble, ils tourneront 17 films avant que Jerry Lewis ne décide de faire cavalier seul dés 1957.
Scarred Stiff est leur 9 ème collaboration. Outre le duo, on trouve également dans ce long métrage Lizbett Scott, George Dolenz qui incarna le personnage du Comte De Monté Cristo pour la télévision dans les années 50 et l'actrice et chanteuse Carmen Miranda, dont ce sera la dernière apparition dans un long métrage avant de décéder deux ans plus tard d'un excès d'alcool et de tabac.Comédie entrecoupé de plusieurs numéros musicaux, Scarred Stiff est une oeuvre réjouissante, bourré de gags hillarents et porté par un duo très en forme et totalement en phase. 
Les moments savoureux sont nombreux, tel ce passage ou Jerry Lewis parle à son double dans un miroir, celui ci tentent de lui donner du courage pour affronter Le Gorille, ou le séjour dans la malle. Mais, pour ma part, j'ai un véritable coup de coeur pour une scène complètement loufoque (en sachant qu'elles sont légions tout au long du film).



   

Alors que nos deux compères se préparent à monter sur scène tandis que Mary Carroll est dans la salle et assiste à la soirée, le chanteuse qui fait le numéro avant eux disparaît. Larry à alors l'idée de la faire remplacer par son fidèle camarade Myron et voila Jerry Lewis habillé en danseuse exotique avec des bananes sur la tète, se lançant en public dans un play back de Mama Yo Quero, connu aussi sous le titre Chopeta.
Il faut le voir enchaîner les grimaces en se tortillant tandis que son compère tente de faire face au disque rayé, puis doit tourner vite la manivelle pour éviter que la musique ne s'arrette. Éclat de rires garanties tout comme ce passage dans le chateau ou Jerry Lewis est assis sur une chaise dont dépasse des mains qui n'arrivent pas à l'attrapper.


                                


Encore une fois, il ne s'agit que d'un des moments de cette comédie divertissante et franchement reussi, enchainant les passages mémorables.
Il ne faudrait pas oublier le scénario, pas seulement prétexte aux gags puisqu'il s'agit également d'une aventure policière.. A ce titre, l'oeuvre ne limite pas à un duo comique qui affronte des esprits, ou à une simple parodie, ce que long métrage n'est absolument pas, Jerry Lewis et Dean Martin n'arrivant dans le château qu'en dernière partie de film.
Encore une fois, Scarred Stiff s'avère être une excellente comédie, porté par un duo particulièrement en forme, et un véritable scénario construit autour du duo et en reposant pas uniquement sur leur talents respectifs.
Source : http://movieandzik.canalblog.com/archives/2014/01/19/28941144.html


                              


De 1927 à 1960, le biopic a connu sa période de gloire à Hollywood. Dans une étude consacrée au genre, George Custen a recensé près de 300 œuvres de ce type : 67 pour les années 30, 89 pour les années 40 et 119 pour les années 50. Au total, ce genre cinématographique représentait environ 3 % de la production totale des studios hollywoodiens. En 1957, le studio Universal suit donc la tendance et se penche sur la vie de Lon Chaney. Intitulé L'Homme aux mille visages, le film s'inscrit dans une lignée de biographies filmées consacrées au septième art. Les années 50 sont d’ailleurs assez prolifiques dans ce genre : en 1951, Columbia dresse le portrait de Rudolph Valentino (Valentino, Lewis Allen), en 1953 c'est la MGM avec Ruth Gordon (The Actress de George Cukor) et en 1957, c'est au tour de Buster Keaton (The Buster Keaton Story, Sidney Sheldon pour la Paramount). Vient ensuite le projet Lon Chaney dont la réalisation est confiée à Joseph Pevney.
Acteur de théâtre, puis de cinéma, Pevney est un fidèle artisan de la Universal. Le studio apprécie son professionnalisme et le nomme réalisateur au début des années 50. Elève appliqué, Pevney fait preuve d'un réel savoir-faire. Il se retrouve rapidement à diriger les plus grandes vedettes du studio. Citons par exemple Tony Curtis, Alan Ladd, Errol Flynn, Cyd Charisse, Rock Hudson ou encore Jane Russell. Mais si les studios reconnaissent sa rigueur, ses films ne sont pas de francs succès. Il ne fera donc pas une longue carrière de cinéaste et orientera rapidement son activité vers la télévision où il réalisera notamment des épisodes de la série Star Trek. Avec L'Homme aux mille visages, il signe une mise en scène extrêmement soignée avec de beaux mouvements de caméra, une direction d'acteurs maîtrisée et une parfaite utilisation des moyens octroyés par le studio. Difficile d'y voir la moindre trace de génie, mais le professionnalisme de Pevney et la qualité de son travail restent appréciables. Aperçu :


                  
   

L'écriture du scénario est l'œuvre d'un trio d'auteurs "maison" chargé d'adapter une histoire de Ralph Wheelwright. Si, à l'instar de la réalisation, le travail fourni fait encore preuve de sérieux, il est malheureusement marqué par deux défauts majeurs : d'une part, le récit reste trop hagiographique et, d'autre part, il fait l'impasse sur une période importante de la carrière de Lon Chaney. Reprocher à un biopic des années 50 son caractère complaisant n'est certes pas une surprise : à cette époque, l'Amérique fait encore preuve d'un respect sans faille à l'égard des grandes figures de son histoire. A l'exception notable des hors-la-loi (Jesse James dans Le Brigand bien-aimé de Nicholas Ray en 1957), le héros américain n'est que trop rarement maltraité. Et lorsque c'est le cas, c'est souvent de manière indirecte. Ainsi, John Ford dresse un portrait assez dur du Général Custer dans Le Massacre de Fort Apache en 1948, mais il ne le cite pas. 


                              

Pendant les années 60 et 70, le biopic n’intéresse plus du tout les studios et il faut attendre les années 80 et Warren Beatty (John Reed dans Reds, 1981) ou Martin Scorsese (Jack La Motta dans Raging Bull en 1982) pour renouveler le genre et révéler les parts d'ombre du "héros" américain. Redevenu à la mode pendant les années 2000, le genre se veut de plus en plus réaliste et sombre (Ray Charles dans Ray, Johnny Cash avec Walk the Line ou George Bush Jr. dans le W. d’Oliver Stone). Il faut certainement y voir le reflet d’une époque où la naïveté n’a plus guère de place face au déluge d’informations déversé par les nouveaux médias. Cette parenthèse historique fermée, revenons à notre année 1957 et au projet Lon Chaney. Un projet qui n'échappe donc pas à la règle de l’époque et a souvent tendance à surcharger la narration de bons sentiments. Un sentimentalisme certainement efficace à cette période mais qui aujourd’hui prête plutôt à sourire. En point d’orgue de cette déferlante hagiographique, la scène finale où, sur son lit de mort, Chaney lègue sa trousse de maquillage à son fils sous le regard larmoyant de ses proches… Mais Chaney n’a jamais légué sa trousse à son fils. C’est le studio qui en a hérité et qui l’expose désormais dans un musée... Source : http://www.dvdclassik.com/critique/l-homme-aux-mille-visages-pevney