.

.

samedi 24 janvier 2015

Léa Massari

Issue d'un milieu aisé, Anna-Maria Massatini prend le nom de Léa en mémoire de son fiancé Léo, mort à l'âge de 22 ans. Elle quitte l'Italie pour la Suisse et y étudie l'architecture. Elle devient l'assistante du décorateur Piero Gherardi et se fait remarquer par Mario Monicelli alors qu'elle travaille sur le décor d'un de ses films. Il lui offre le rôle féminin principal dans du Du Sang dans le soleil (1956) .
Malgré son manque de formation de comédienne, Léa Massari fait preuve d'un grand talent pour les rôles dramatiques. Elle tourne devant la caméra de réalisateurs italiens comme Mauro Bolognini, Dino Risi (Une vie difficile 1961), Sergio Leone (Le Colosse de Rhodes 1961) mais c'est le rôle de Anna, la disparue de L'Avventura (1960) chez Michelangelo Antonioni qui la révèle au grand public.
A partir des années 70, Léa Massari passe de l'autre côté des Alpes. Pour son premier film français, L'Insoumis de Alain Cavalier (1964), elle partage l'affiche avec Alain Delon qu'elle retrouvera dans un film italien de Valerio Zurlini, Le Professeur (1972). Elle joue sous la direction de Claude Sautet (Les Choses de la vie 1970) et fait scandale en interprètant le rôle d'une mère incestueuse dans Le Souffle au Coeur de Louis Malle (1971). Mais elle reste particulièrement connue pour des films plus populaires (La 7ème cible 1984) où elle seconde des acteurs tel que Lino Ventura.
Léa Massari se fait plus rare dans les années 80. Discrète, elle enchaîne les seconds rôles dans les productions de qualité (Peur sur la ville de Henri Verneuil 1975) et garde une prédilection pour les rôles dramatiques. Au milieu des années 80, elle retourne vers l'Italie pour jouer au théâtre Deux sur une balançoire, Le cercle de craie caucasien ...




                                    

Telle une nouvelle bataille d’Hernani, la présentation houleuse de L’Avventura au festival de Cannes, cuvée 1960, contribua à scinder le monde cinéphile en deux camps : celui des tenants du classicisme et celui des trublions de la modernité. Le sixième long métrage de Michelangelo Antonioni, suscita en effet autant de louanges béâtes que de rejets épidermiques. Conspué avec véhémence pendant la projection, puis récupéré par des critiques et des cinéastes bien décidés à faire valoir ses qualités révolutionnaires, L’Avventura cristallisa les débats sur le devenir d’un art qui avait fait de la narration son enjeu principal.
Mais de quoi est-il question dans cet apparent portrait de la jeunesse bourgeoise italienne ?

L’Avventura débute comme une fantaisie à la Vadim, flirte avec le film policier, avant de déboucher sur des sentiers inédits. On y suit la croisière méditerranéenne de quelques jeunes oisifs fortunés. Tout bascule au moment où leur puissant yacht fait escale à Lisca Bianca, une île volcanique quasi déserte. Au cours d’une balade, la jeune et belle Anna, que le spectateur n’avait pas manqué d’identifier comme « le » personnage principal du film, se volatilise purement et simplement. Cette simple disparition, non résolue (Anna ne réapparaîtra plus), a pu être perçue comme un des actes fondateurs du cinéma moderne. A cette disparition de l’héroïne d’Antonioni se superpose, en effet, la dissolution du récit classique au sens hollywoodien du terme. Ce que l’on a qualifié, avec plus ou moins de bonheur, de cinéma moderne, tient tout entier dans cette béance narrative qui engloutit toutes les promesses qu’un tel récit augurait. Dans un des bonus de la présente édition de L’Avventura, Oliver Assayas fait bien de rappeler qu’en son temps, Alfred Hitchcock fit disparaître son héroïne. Mais la disparition de la Marion Crane de Psychose, à la différence de celle de l’héroïne d’Antonioni, constitue l’amorce du récit à venir. Dans L’Avventura, passé les quelques recherches d’usage, Anna est laissée à son sort, reléguée dans les marges du film. 


   
     
Nulle résolution tardive, nulle conclusion explicative, ne viendront éclairer la lanterne d’un spectateur forcement désorienté par l’aspect lacunaire du récit. On imagine sans peine la réaction du public devant ce retournement pour le moins inhabituel. Lui qui se prélassait dans les eaux calmes d’une chronique de vacances, plonge désormais dans un océan d’instabilité. Un peu comme si les fantaisies dodécaphoniques de Schoenberg s’invitaient en plein milieu d’une symphonie de Beethoven. Cette surprenante évaporation, qui aurait dû constituer le cœur de L’Avventura (pensez-vous, le personnage sur lequel s’est ouvert le film qui se volatilise !) et motiver son mouvement dramatique (qui dit disparition, suppose enquête), va faire basculer l’œuvre d’Antonioni dans une espèce de dramaturgie de l’incertitude.


                             

Le cinéma moderne, tel que le pratique Antonioni et une poignée de ses contemporains, (citons pèle mêle, Resnais, Godard, Pasolini, le jeune Bertolucci, Glauber Rocha, etc.) s’attache à démontrer ce qui advient quand le récit « classique », hérité du modèle aristotélicien, ne préside plus à la destinée du film. Libéré de ces contraintes narratives pesantes, le cinéaste peut, en principe, amener son spectateur sur des terrains inédits. 
Pour Antonioni il est évident que le cinéma ne sert pas uniquement à raconter des histoires balisées. Il est là avant tout pour montrer. A l’action et à l’événementiel, Antonioni préfère la monstration et la contemplation, seule manière, selon lui, de dévoiler une facette du monde que le cinéma traditionnel ne faisait qu’effleurer de manière superficielle. Dans le cinéma hollywoodien traditionnel, les personnages se construisent et se révèlent au sein d’un récit conflictuel. Chez Antonioni, les personnages accouchent du récit. Une fois que « l’affaire Anna » a été évacuée, l’attention du film se porte sur les conflits qui érodent Sandro et Claudia, les deux compagnons d’Anna. Antonioni s’intéresse à la complexité de l’être humain. Il résiste à la tentation d’expliquer ou de simplifier les rapports qui unissent les êtres, comme c’est le cas dans le cinéma classique, qui se doit de présenter un monde lisible par le plus grand nombre. A partir de L’Avventura, ses films prennent valeur de constats brutaux qu’il jette à la face du spectateur. A lui de se débrouiller, à lui de déchiffrer ces figures humaines sans repères qui végètent dans un monde absurde, pétri d’illusions- le notre...Suite : http://www.dvdclassik.com/critique/l-avventura-antonioni


               


L'intrigue du roman de Francis Ryck a été quelque peu accommodée à la sauce hitchcockienne. La séquence du concert symphonique à Genève est d'ailleurs une citation de L'Homme qui en savait trop. Le monde implacable des services secrets tisse une toile d'araignée autour d'un homme qui n'a plus d'illusions sur personne. Des pouvoirs occultes menacent Tibère, passé malgré lui d'un camp à l'autre. Une menace constante pèse sur la liberté individuelle. La mise en scène, brillante, serrée, fait apparaître le mécanisme des péripéties dans lesquelles Lino Ventura se trouve pris. En homme traqué et solitaire, il est remarquable.
Jacques Siclier.   Avec cet excellent film ou l'angoisse est omniprèsente, Claude Pinoteau signe un solide film d'espionnage à la sauce Hitchcockienne! L'histoire de cet homme seul contre tous qui n'a plus d'illusions sur personne est admirablement rythmèe et arrive à nous tenir en haleine jusqu'à la dernière minute! Interprètation remarquable de Lino Ventura en savant français et traquè qui porte le mètrage sur ses larges èpaules! il est accompagnè par de très bons seconds rôles (Suzanne Flon, Lèa Massari) et par la superbe musique de Jacques Datin qui accompagne les pèripèties de Tibère dans une traque infernal et sans espoir! Incontournable si on n'aime Lino Ventura...
 Un solide film d’espionnage qui repose pour beaucoup sur l’immense talent de Lino Ventura, traqué, véritable rocher fissuré au cœur. Pour ma part j’ai eu pour ce film (vu 5 fois en quarante ans !) un véritable coup de cœur et il n’a pas pris une ride (moi si !). Donc mon opinion le surestime assurément quelque peu mais quoi qu’il en soit, il est à voir pour Lino Ventura et pour la courte apparition de la sublime Lea Massari, sans oublier la BO d’un certain J.-S. Bach !



   

Claude Pinoteau fait la part belle à Lino Ventura (L'armée des Ombres, Les Misérables) pour ce long-métrage exclusivement centré sur le personnage qu'il incarne et qui se permet pendant près de 30 minutes de faire preuve d'un mutisme que très peu d'autres acteurs auraient pu jouer avec autant de fermeté. L'intrigue se veut policière, soignée, peut-être un peu trop froide. Quoi qu'il en soit, c'est un plaisir que de retrouver Lino Ventura dans un rôle sur mesure. Réalisé dans une période pourtant apaisée sur la scène internationale, Le silencieux de Claude Pinnoteau lève le voile sur l'activité toujours très dense des services secrets des différents partis en condamnant au final l'absurdité de leur action sur une tonalité générale très sinistre avec l’histoire quasi-tragique de cet homme dont la vie ne tient plus qu’à un fil, traversant au cours de sa fuite la vie de différents personnages et dont la mort lui devient un élément indissociable.


                               

Captivant de A à Z ce film d'espionnage très rondement mené est l'une des meilleures réalisations Françaises du genre tant le spectateur est tenu en haleine, depuis un prologue glauque, étouffant et inquiétant jusqu'à une fin angoissante, les rebondissements sont nombreux et le tout est extrêmement bien ficelé. Pinnoteau donne à Ventura l'occasion de briller à nouveau dans un registre un peu différent de ce que l'on est habitué à connaître, Lino incarne parfaitement à l'échelle humaine ce scientifique tourmenté et traqué sans relâche, livrant au final une prestation quasi parfaite entourée de très bons seconds rôles à l'image de Suzanne Flon. Tout simplement un excellent film d’espionnage ! Source : http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=12455.html

1 commentaire: