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mercredi 7 janvier 2015

Herman Leonard

Herman Leonard a su créer par ses clichés en noir et blanc pris dans les années 1940 à 1960 une mémoire visuelle du jazz. Né en 1923 à Allenton en Pennsylvanie de parents roumains, nourri de musique classique, il se découvre tôt une passion pour le jazz. Il obtient son diplôme de photographe à l'université de l'Ohio en 1947. À Ottawa, il perfectionne son art du portrait dans le studio de Yousuf Karsh, photographe canadien d'origine arménienne. L'année suivante, en 1948, il ouvre un studio à New York, au cœur du quartier de Greenwich Village et à proximité des clubs de jazz, avec lesquels il passe des contrats afin de pouvoir assister aux répétitions et aux concerts muni de son appareil photo. De Charlie Parker à Dizzy Gillespie en passant par Billie Holiday, Ella Fitzgerald, Duke Ellington, Miles Davis ou Cannonball Adderley, il réalise ainsi de nombreux portraits des « géants » du jazz, qu'ils posent pour lui ou qu'ils se produisent sur scène. 


               


Il soigne le cadrage, les jeux de lumière (privilégiant les contre-jours et les volutes de fumées de cigarette, comme dans le portrait de Dexter Gordon) et le grain de ses clichés. Ses épreuves sont publiées dans des magazines spécialisés, sous forme de cartes postales, de posters ou utilisées pour illustrer des pochettes de disques. En 1956, Marlon Brando le convainc d'être son photographe personnel et de l'accompagner en Extrême-Orient. De 1956 à 1980, Herman Leonard s'installe à Paris. D'abord sous contrat avec Eddie Barclay puis à son compte, il photographie notamment Édith Piaf, Brel, Dalida, Aznavour, Nougaro. Il se tourne un temps vers la photographie de mode (pour Cosmopolitan et Playboy) et de voyage, et travaille également dans la publicité. Ses clichés font l'objet d'une exposition à Londres en 1988 et de publications : L'Œil du jazz (1985), Jazz Memories (1995), Jazz, Giants and Journeys (2006). Après un passage par Ibiza, il s'établit au début des années 1990 à La Nouvelle-Orléans, où il renoue avec la scène jazz. En 2005, l'ouragan Katrina détruit sa maison et avec elle près de 8 000 épreuves qui faisaient parti des archives du photographe. À Los Angeles, une bourse de la Fondation Grammy lui permet de numériser et d'organiser la conservation des 60 000 négatifs qui avaient été déposés au musée d'Art d'Ogden (Utah).

                      Super Bonus : http://www.francemusique.fr/player/resource/65213-75199#

                             

                 


Il est animé par deux forces : sa fascination avec l'appareil-photo et son amour de la musique de jazz. En utilisant des négatifs sur verre, il augmente la sensibilité des plaques en les exposant à la vapeur de mercure. Avec l'appareil-photo à disposition, il passe ses soirées au « Royal Roost »et au « Birdland », où il photographie les musiciens de jazz comme: Duck Ellington, Dexter Gordon, Charlie Parker, Billie Holiday,Ella Fitzgerald, Gillespie, Basie, Louis Armstrong, Sonny Stitt, Vaughn, Gordon, Brown et d'autres innombrables. Sa technique a évolué par des heures passées dans le bas éclairage pendant qu'il apprenait à capturer le fumeux, l'atmosphère de trois heure du matin dans les clubs. Les photographies ont rempli son journal intime personnel de la musique qu'il a aimée et des musiciens qu'il a admirés, une partie d'eux étaient des amis personnels. Après avoir travaillé pour le producteur de Jazz Norman Granz qui utilise ses photos comme couvertures d'albums, Leonard est employé en 1956 par Marlon Brando pour illustrer un voyage en Extrême-Orient. À son retour, on le retrouve à Paris comme photographe de mode et publicitaire. Il est également correspondant européen pour le magazine Play boy. Ses dernières photos de jazz datent de cette période.


                             


Herman Leonard reste incontestablement un maître de la photographie de l’univers du Jazz, il était « l’œil du Jazz ». Ses clichés sont composés comme des notes de jazz. Dans ses photographies, avec des noirs et blancs aux contrastes marqués, des scintillements dans les regards, une attention portée sur les visages et toujours à la recherche des détails d'un geste du musicien. Herman Leonard restitue toute l’atmosphère du jazz, celle identifiée au monde de la nuit, dans les volutes de fumées, évocatrice. L’un de ses effets préférés consiste par ailleurs à envelopper le personnage photographié de sa propre fumée de cigarette, ce qui permet d’instaurer une ambiance, celle des boîtes de jazz où cette musique est née.
La vérité c’est qu’Herman Leonard savait faire vivre non seulement la présence des musiciens qu’il saisissait dans une sorte « d’instant décisif » (pour reprendre le mot d’Henri Cartier-Bresson. ) mais aussi la musique elle-même.
Source : http://www.universalis.fr/encyclopedie/herman-leonard/

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