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mardi 27 janvier 2015

Claudette Colbert

Claudette Colbert émigre aux Etats-Unis avec sa famille alors qu'elle n'a que sept ans. Après avoir étudié les beaux-arts à New York, elle donne des cours de français. Elle commence par hasard une carrière au théâtre et connaît, en 1926, son premier succès à Broadway avec The Barker.
Claudette Colbert est remarquée par Frank Capra qui lui donne son premier rôle dans For the Love of Mike (1927). Déçue par le cinéma, elle retourne au théâtre jusqu'à l'avènement du parlant. Après l'avoir vue dans quelques mélodrames, le public est séduit par sa beauté malicieuse et sa voix raffinée. Sa séduction triomphe grâce à son interprétation de deux personnages d'une grande démesure, offerts par Cecil Blount DeMille : Poppée dans Le Signe de la croix (1932) et le rôle titre de Cléopâtre (1934). C'est cependant à la comédie sophistiquée qu'elle donne toute la mesure de son talent, faisant découvrir au public américain un nouveau modèle féminin pétri d'humour et d'élégance. Elle remporte un grand succès avec New York-Miami (1934) de Frank Capra puis apparaît dans plusieurs comédies d'Ernst Lubitsch (La Huitième Femme de Barbe-Bleue, 1938) ou de Mitchell Leisen (La Baronne de minuit, 1939). Sous la direction des meilleurs réalisateurs du moment, largement rémunérée par la Paramount à laquelle elle est liée par contrat, Claudette Colbert semble se contrôler parfaitement. Ni les hommes, qu'elle n'hésite pas à narguer, ni les éléments les plus loufoques ne semblent la perturber. 


                             


Par la suite, elle excelle dans des rôles plus dramatiques d'épouse (Sur la piste des Mohawks, 1939, de John Ford ; Depuis ton départ, 1944, de John Cromwell). Son .il narquois brille encore dans la comédie à succès L'.uf et moi (1947) de Chester Erskine, et une de ses dernières grandes apparitions est celle réservée à un de ses rares films français, Si Versailles m'était conté (1953) de Sacha Guitry, où elle joue Madame de Maintenon. Claudette Colbert se retire des écrans en 1961 pour se consacrer à la télévision et au théâtre.
Claudette Colbert mène une carrière active au théâtre après son retrait des écrans. Elle figure notamment dans The Kingfisher (1979), avec Rex Harrison, et dans A Talent for Murder (1983), avec Jean-Pierre Aumont.
Elle apparaît fréquemment à la télévision. Son dernier téléfilm est The Two Mrs. Grenvilles (1987).

Prix pour l'ensemble de la carrière, 1990 au Festival International de Cinéma (San Sebastian)
Meilleure interprétation féminine, 1935 au AMPAS - Academy of Motion Picture Arts and Sciences pour le film : It happened one night.



                              


La pièce originale d’Alfred Savoir, traduite pour les planches de Broadway par Charlton Andrews, avait été transposée une première fois sur grand écran en 1923 par Sada Cowan et Sam Wood dans un film muet avec Gloria Swanson. Pour le dernier film du contrat les unissant, la Paramount décide de confier à Ernst Lubitsch le projet d’une nouvelle adaptation. Mais suite à l’échec public d’Angel, le studio, par l’intermédiaire de Manny Wold, propose à Lubitsch de prendre deux coscénaristes alors méconnus, Charles Brackett et Billy Wilder. Très vite, et alors que Lubitsch a pour habitude de scrupuleusement éviter de travailler avec des auteurs germanophones pour ne pas être accusé de copinage ou de favoritisme, les trois hommes s’entendent et se complètent admirablement - Wilder et Brackett, qui avaient déjà travaillé ensemble pour Par la porte d’or de Mitchell Leisen, accompagneront Ernst Lubitsch à la MGM pour son film suivant, Ninotchka, et collaboreront au total sur plus d’une quinzaine de scénarii.
On sait rétrospectivement l’admiration sans borne que Billy Wilder portait à Ernst Lubitsch - au point d’avoir dans son bureau comme aide à l’inspiration un panneau demandant « Qu’aurait fait Ernst Lubitsch ? » - et si ce qu’il est convenu d’appeler la "Lubitsch Touch" aura donc indubitablement marqué le style de Billy Wilder, Helmuth Karasek remarque pertinemment que La Huitième femme de Barbe-Bleue est le premier film de Lubitsch avec la "Wilder Touch", ce qui donne une première idée de la réussite du film. L’une des plus célèbres anecdotes concernant Wilder - dont la véracité importe moins que la postérité - rapporte que le cinéaste dormait avec un bloc-notes et un crayon à côté de son lit pour pouvoir retranscrire immédiatement les idées brillantes ayant traversé son sommeil. Une nuit, Wilder se réveille car il vient de visualiser une première scène fulgurante, la meilleure qu’il ait jamais imaginée. Notant son idée, il se rendort tranquillement. Au réveil, se hâtant de relire ses notes, il découvre les trois seuls mots : « boy meets girl » (garçon rencontre fille). De fait, la scène d’ouverture de La Huitième femme de Barbe-Bleue vient illustrer à merveille l’évidence de ce postulat, en organisant la rencontre de Nicole et de Michael dans un magasin de vêtements. Il cherche une veste de pyjama, sans pantalon. Elle cherche un pantalon de pyjama, sans veste. Ils sont faits l’un pour l’autre.



            


Dès cette première séquence, La Huitième femme de Barbe-Bleue révèle l’alchimie particulière s’opérant entre Brackett, Wilder et Lubitsch. Les deux premiers imaginent à l’entrée d’un grand magasin niçois une classique pancarte : « Hier wird deutsch gesrprochen. Hablamos espanol. Parliamo italiano. English spoken », le troisième vient rajouter « American understood » pour provoquer le rire dès le quatrième plan du film. Et si Billy Wilder avouera des années plus tard s’être inspiré de ses propres pratiques nocturnes pour imaginer le personnage de Michael Brandon dormant sans pantalon de pyjama, l’illustration de cette idée, à travers les coups de téléphone parcourant toute l’organisation verticale du magasin, est éminemment lubitschienne, rappelant notamment son bref et efficace sketch avec Charles Laughton dans Si j’avais un million (If I Had a Million, 1932).
Grâce à cette complicité et cette proximité d’esprit, la collaboration des trois hommes est un succès, chacun rebondissant sur les idées de l’autre pour tirer chaque ressort comique à son maximum. Dans le registre de la pure "screwball comedy", La Huitième femme de Barbe-Bleue est ainsi un bonheur de tous les instants, tant pour la qualité des seconds rôles (David Niven tapant à la machine !) que pour l’efficacité des effets sonores, ou pour cette manière de faire fonctionner chaque gag à plusieurs niveaux. 



                                            

Prenons un exemple : lors de leur rencontre, Michael évoque à Nicole ses problèmes d’insomnie. Elle lui conseille alors la méthode du professeur Urganzeff, qui consiste à épeler un long mot à l’envers, comme par exemple "Czechoslovakia", en baillant entre chaque lettre. Premier effet comique, la répartie directe : il lui réplique qu’il ne saurait déjà pas l’épeler à l’endroit. Scène suivante, Michael est au lit, tentant d’appliquer la méthode. Deuxième effet comique : l’absurdité de la situation, où les bâillements forcés du personnage semblent déjà l’empêcher de céder au sommeil. Mais ce deuxième effet comporte une autre couche puisqu’au bout de quelques lettres, Michael semble hésiter, allume la lumière, et vérifie l’orthographe du mot sur une gigantesque pancarte installée au bout de son lit. Il la lit, se concentre, vérifie mentalement, et éteint de nouveau la lumière pour repartir à zéro. Fondu enchaîné marquant une ellipse temporelle : des ronflements nous laissent croire que la méthode a fonctionné, jusqu’à ce que le personnage, agacé, n’ouvre les yeux en constatant que cela ne marche toujours pas. 


                            

On pourrait en rester là, et le potentiel loufoque de la situation aurait déjà été bien exploité. Mais quelques dizaines de minutes plus tard, et alors que d’autres situations ayant surgi entre-temps nous ont presque fait oublier celle-ci, le deuxième acte s’ouvre sur une vue de Prague, les lettres du mot Czechoslovakia apparaissant progressivement… à l’envers. Cette piqûre de rappel s’accompagne d’un autre panneau affirmant en substance : « Si vous allez en Tchécoslovaquie en lune de miel et que vous avez toujours besoin d’épeler Tchécoslovaquie à l’envers, c’est qu’il y a quelque chose qui ne va pas… et pas avec la Tchécoslovaquie », manière d’introduire les enjeux de ce deuxième acte, centré sur les problèmes relationnels au sein du couple Nicole/Michael, et la non-consommation de leur mariage… Enfin, dans la dernière partie du film, on retrouve Michael dans une clinique dirigée par le professeur Urganzeff, où se confirme le peu d’académisme de ses méthodes. Par cet échafaudage comique (et encore, nous n’avons pas évoqué les ponts entre ces échafaudages) se révèle l’exigence de Lubitsch, qui cherchait avant tout à stimuler l’intelligence de son spectateur et se refusait à la facilité... Suite : http://www.dvdclassik.com/critique/la-huitieme-femme-de-barbe-bleue-lubitsch


                                       


Dans le petit monde de la screwball comedy, il y a ceux qui suivent un chemin plus ou moins balisé, les Ernst Lubitsch ou les Howard Hawks pour ne citer que les meilleurs, et puis il en a d'autres comme Preston Sturges qui vont repousser les limites du genre jusqu'à les malmener brutalement à la manière d'un mécanicien qui pousserait sa locomotive au maximum, jusqu'à en faire péter les turbines. Avec "The Palm Beach Story", notre homme prolonge sa vision du couple déjà entraperçu dans ses films précédents, "The Lady Eve" notamment, mais en allant au bout de son délire et en faisant dans le loufoque, l'improbable voire le cartoonesque !
Ce film paraît véritablement insensé ! L'histoire, les situations, les personnages, paraissent tirés des élucubrations d'un dément...d'ailleurs, il est inutile d'essayer de résumer l'histoire, c'est totalement inénarrable ! À moins que pour Sturges, ce ne soit pas sa comédie qui soit insensée mais plutôt cet idéal de vie imposé par la société et qui voudrait que tout le monde marche du même pas, soit aimablement patriote, et vive "d'amour et d'eau fraîche" dans le cadre du mariage. Pour être heureux, il faut ressembler au personnage de Rudy Vallee, l'Américain modèle en quelque sorte, et amasser le plus d'argent possible en pensant que tout s'achète, se vanter ouvertement de son patriotisme à travers des prétextes futiles, et surtout respecter les sacro-saintes valeurs du mariage. On peut vivre alors heureux jusqu'à la fin de nos jours... Du moins, c'est ce qu'on nous dit ! Mais peut-on vraiment croire à cela ? C'est la question posée par le générique du début et qui vient clore une sorte de sketch mettant en scène le mariage. Tout est dit dans ces premières minutes, cette vie idéale n'est qu'une fable ou une blague ! Et la vie ne ressemble pas à une romance à l'eau de rose ou à l'existence dorée des rupins de Palm Beach ! "Palm Beach Story", c'est le titre original et il annonce très bien la couleur contrairement au titre Français, car c'est bien cette vie rêvée que Sturges décide de brocarder !


                            

       
Tom et Gerry vivent en couple depuis quelques années mais la morosité et les dettes ont miné la passion du début, le couple est au bord de l'implosion. Madame décide alors de prendre les choses en main, et se met en quête de l'oiseau rare, un pigeon richissime évidemment, qui pourra la hisser vers les sommets et pourquoi pas éponger les dettes du mari en passant !
Commence alors une véritable course-poursuite, totalement surréaliste, où le placide Tom tente de rattraper la tonitruante Gerry qui court après son pigeon ! C'est cartoonesque, je vous l'avais dit ! Les péripéties ne sont pas nombreuses, et c'est bien dommage, mais elles sont diablement rythmées. La plus cocasse reste celle du voyage en train, totalement loufoque, où l'on ressent l'influence des Marx Brothers. Ce morceau de bravoure, presque inutile à l'intrigue, est pourtant à l'image du film : improbable, absurde et irrésistiblement drôle ! 


                           


Ce n'est pas pour rien si ce passage influencera Wilder pour "Some Like It Hot" !
Le film peut être déroutant si on ne le prend pas tel qu'il est, c'est-à-dire une simple et belle fantaisie. Ce n'est pas la comédie du siècle, le film manque un peu de cohésion, la fin semble bâclée (même si la dernière scène fait écho, avec malice, au générique du début) et Joel McCrea a un peu de mal à exister au milieu de tout ça ! Bon, on savait déjà qu'il n'avait rien d'un Cary Grant et là, ça se confirme !
Mais ici, on est dans l'humour pur et dur, ce n'est pas toujours très finaud mais c'est très appréciable. Et puis, comment résister à la tempête Claudette Colbert et à cette improbable galerie de personnages caricaturant l'élite friquée : un lubrique roi de la saucisse (sans métaphore !), une princesse agace-pissette (sans oxymore, peut-être !) ou une bande de "millionnaires-alcooliques-chasseurs" (sans pléonasme !)... Tout un programme !
Source : http://www.senscritique.com/film/Madame_et_ses_flirts/critique/34558360

2 commentaires:

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