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lundi 22 décembre 2014

Madeleine Sologne

Madeleine Sologne, pseudonyme de Madeleine Simone Vouillon, est une actrice de théâtre et de cinéma française, née le 27 octobre 1912 à La Ferté-Imbault (Loir-et-Cher), décédée le 31 mars 1995 à Vierzon (Cher). Issue d'une famille modeste vivant dans un village près de Romorantin, en Sologne, elle fera du nom de cette région son nom de scène. Elle quitte La Ferté-Imbault à la mort de son père, puis se place à 16 ans comme apprentie chez Caroline Reboux, célèbre enseigne de création de chapeaux à la mode, à Paris. Elle ouvre ensuite son propre magasin de modiste. En 1936, elle épouse Alain Douarinou, technicien de cinéma. Elle devient parallèlement modèle pour le peintre Mojzesz Kisling, qui l'incite à prendre des cours de théâtre. C'est ce qu'elle fera, auprès de Julien Bertheau et de Jacques Baumer. Sa première expérience théâtrale est dans Boccace, conte 19, de Julien Luchaire. Elle fait ses débuts au cinéma, décrochant un petit rôle dans La vie est à nous de Jean Renoir, en 1936. Elle se consacre ensuite aux rôles de gitanes, notamment dans Les Gens du voyage, de Jacques Feyder. Elle progresse dans la carrière, en partenaire de Fernandel dans Raphaël le tatoué de Christian-Jaque. En 1941, elle accède au statut de vedette aux côtés d'Erich von Stroheim et de Robert Le Vigan dans Le Monde tremblera. En 1942, dans Fièvres de Jean Delannoy, elle est une épouse mourant de chagrin devant l'infidélité de son mari.


                               



La vie est à nous est un film français réalisé par Jean Renoir en 1936. Le film a été tourné à l'initiative du Parti communiste français pour la campagne électorale du Front populaire avec des fonds recueillis à la suite de collectes effectuées au cours de meetings, et avec la participation bénévole des techniciens et artistes.
La France, à la veille des élections législatives, entre la menace du fascisme national et international, la politique de crise et de répression organisée au bénéfice des « 200 familles», et l'espoir incarné tant par l'action quotidienne des militants du parti communiste que par les propositions de ses dirigeants.
La crise économique est soulignée dès l'ouverture du film par une séquence opposant le discours d'un instituteur sur les richesses de la France, et la réalité sociale vécue par ses élèves.
Le film expose la menace fasciste avec des images du 6 février 1934, l'entraînement militaire des Croix de Feu, les menaces de guerre et de mort incarnées par Hitler et Mussolini, un défilé des partisans du Colonel de la Rocques. Il prend fin avec les manifestations du Front populaire (images du 14 juillet 1935) et expose la politique du Parti Communiste présenté comme un parti solidaire et chaleureux.  Trois saynètes fictionnelles, complétées par une partie documentaire illustrent l'action concrète des militants communistes :
# Une cellule d'entreprise déclenche une grève contre les cadences infernales et le licenciement d'un vieux travailleur  # Des militants communistes s'opposent à la saisie des biens d'un paysan  # Un groupe de jeunes communistes (avec chorale) accueille et nourrit un jeune chômeur affamé et diplômé. Cette dernière séquence frictionnelle, la plus longue et la plus complexe, est sans doute destinée aux "classes moyennes" et à la petite bourgeoisie.
Une brève scène reconstituée montre un vendeur de L'Humanité, agressé par un petit groupe de fascistes, soutenu et défendu par la population d'un marché. Le film s'achève par les extraits de discours de dirigeants du P.C.F. à l'attention de catégories spécifiques de la population (les femmes, les jeunes, les paysans, les anciens combattants...), et par les plans d'une foule chantant l'Internationale à travers la campagne.




   


La consécration pour Madeleine Sologne vient avec L'Éternel Retour, écrit par Jean Cocteau et réalisé par Jean Delannoy. Aux côtés d'un Jean Marais débutant, Madeleine Sologne y incarne Nathalie, nouvelle Iseult à la longue chevelure blonde (elle s'est teinte pour l'occasion). Le couple, qui symbolise la jeunesse sous le joug de l'Occupation, devient mythique aux yeux de toute une génération. Les jeunes filles se coiffent désormais « à la Madeleine Sologne », avec une longue mèche tombante.
La notoriété s'ensuit, mais paradoxalement ce rôle considérable sera son chant du cygne : après quelques rôles mineurs, la comédienne abandonne les plateaux en 1948.
On la voit encore au théâtre, notamment dans La Forêt pétrifiée de Robert Emmet Sherwood, puis dans Aux quatre coins de Jean Marsan et dans L'Homme traqué de Francis Carco. On l'apercevra une dernière fois au cinéma en 1969, dans Le Temps des loups de Sergio GobbiDivorcée d'Alain Douarinou, elle épouse le directeur de production Léopold Schlosberg. Madeleine Sologne décède dans une maison de santé de Vierzon, le 31 mars 1995.


                             

Un ami viendra ce soir est un film français réalisé par Raymond Bernard, sorti en 1946.
Aout 1944, en Savoie. Lorsque des soldats allemands parviennent jusqu'au village, Claire la postière, alerte la maison de santé tenue par le Dr Lestrade et son infirmière Béatrice, où se dissimulent parmi des malades mentaux, quelques résistants et Hélène, une jeune israelite. Les allemands cherchent très vite à démasquer le chef du réseau, le commandant Gérard, qui dans un message radio "un ami viendra ce soir", doit donner le signal des opérations de libération...
Le commandant Gérard et sa troupe de maquisards ont donc déniché la planque idéale : une maison de santé dans les Alpes où, mêlés à des aliénés mentaux, se cachent également une jeune juive ainsi qu'un médecin suisse qui pourrait bien être un espion à la solde des Allemands…
Les scènes extérieures ont été tournées à St Firmin dans les Hautes-Alpes, là où de réels affrontements ont eu lieu entre résistance et armée allemande. Certains figurants avaient par ailleurs participé à ces affrontements quelques mois avant le tournage.
Je ne sais pas pourquoi je m’étais méfié, lors de la sortie du film dans la défunte (et regrettée) collection Canal+ classique (qui a également édité, du même réalisateur Marthe Richard au service de la France) et ne l’avais pas acheté… Pourtant Michel Simon, Louis Salou, Saturnin Fabre, cela faisait trois excellentes raisons pour une emplette…

 
             
Qu’est-ce qui m’a retenu, alors ? Sans doute Paul Bernard, jeune premier qui fut en vogue, trop calamistré pour être honnête (comme il est agaçant dans Panique !) et, en plus, premier rôle des ridicules Dames du Bois de Boulogne, exercice glacé et mortel d’ennui du rigolo Robert Bresson mais aussi et surtout Madeleine Sologne, à qui j’ai toujours trouvé l’œil vide, la lèvre parcimonieuse et la blondeur stupide depuis l’épouvantable Éternel retour.
Il y a eu toute une kyrielle de films sur la Résistance, après la fin du conflit ; il y a eu La bataille du rail ; et aussi l’honnête Jéricho et l’intéressant Retour à la vie où quatre cinéastes (Cayatte, Clouzot, Dréville et Lampin) évoquent le retour des prisonniers et des déportés…


   


Ne pas oublier que ces trois films ont été tournés aux immédiats lendemains de la Libération, et qu’il ne s’agit pas de tenir un discours congrûment nuancé ; euphorie de la victoire, bonheur des libertés retrouvées, discours de fraternité et d’unité : il n’y a pas, dans ces trois films d’allusion politique, de prise de position partisane, de stigmatisation de la Collaboration : la Nation en armes s’est dressée, a su balayer l’humiliation de la Défaite, et bouter hors de France l’ennemi ; il y a là une sorte de légende dorée, absolument nécessaire, sans doute, dans un pays aussi traumatisé par les cinq années passées, mais sûrement assez peu conforme aux réalités vécues en 45/46 : instabilité politique, épuration, poursuite du rationnement, début de la guerre d’Indochine.
Un ami viendra ce soir est pompeux, mélodramatique et terriblement théâtral : c’est écrit – au pire sens du terme -, surjoué, plein de scènes à faire ; émanant du scénariste Jacques Companeez, l’argument a donné d’abord lieu à une pièce de théâtre, que le réalisateur Raymond Bernard a transposé au cinéma : ça se sent terriblement et c’est assez pesant ; d’autant que les numéros d’acteurs sont continus et revendiqués.
Bonus : 

                                   


J’ai trouvé Michel Simon un peu crispant, dans un rôle d’hurluberlu bienveillant trop prévisible ; Saturnin Fabre , poitrail dénudé en avant, sort son épingle du jeu ; mais, avant tout, je me suis régalé de la hauteur et de la distance prise par Louis Salou, qui fut l’impeccable comte de Mortray, amoureux de Garance, des Enfants du Paradis et le prince Ranuce-Ernest IV de La Chartreuse de Parme, qui est absolument parfait.

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