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mercredi 17 décembre 2014

Drango

Django possède tous les ingrédients d’un bon western : une histoire de vengeance, un solitaire, ex-soldat nordiste, très adroit au tire, deux bandes concurrentes : les Mexicains révolutionnaires dirigés par le cruel General Hugo Rodriguez et les Sudistes habillés d'un foulard rouge cramoisi au cou et au service du raciste Major Jackson. Les deux bandes rivales se partagent la maison close d’un village fantôme. Django (Franco Nero) va manipuler les deux bandes, en faisant miroiter au Général Hugo l’or que son ennemi juré Jackson mettra en sûreté de l’autre côté de la frontière. Le but de Django est de récupérer l’or et de venger sa femme, tuée par Major Jackson.
Il est évident que Corbucci avait emprunté son intrigue et ses personnages à Leone (Pour une poignée de dollars, 1964). Pourtant le film de Corbucci propose d’importantes différences. L’image intrigante d’un héros, qui traîne un cercueil, est inspirée d’une bande dessinée japonaise. Django était le premier prénom caractéristique des westerns spaghetti. Le grand succès de Django conduit les auteurs de westerns à réutiliser ce personnage mystique et à le décliner dans une trentaine de productions jusqu’en 1972 (Django tire le premier de Alberto de Martino, 1966, Le fils de Django Osvaldo Civirani, 1967, Queques dollars pour Django de León Klimovsky, 1968, Viva Django d'Eduardo Mulargia, 1972). 
Le western de Sergio Corbucci se distingue par son surréalisme, sa cruauté et son goût pour le macabre. Le personnage de Django apparaît comme un fantôme surgi du passé. A sa première rencontre avec les humains, un Sudiste l'interpelle : « De quel cimetière tu sors ? ». De même, une prostituée lui demande ce qu’il transporte dans son cercueil, le solitaire répond par son prénom : Django. Le cercueil est le poids de son passé qu’il traine derrière lui. Il n’est mû que par son désir de venger sa femme, ce qui le rend encore sensible aux problèmes des femmes du saloon victimes de multiples brimades. Dans cette société aux valeurs mesurées à l’aune du dollar, dans un melting-pot de brutes et de putains aux couleurs de fleurs fanées, une femme ou plutôt le fantôme d’une femme reste un vague repère. C’est une femme qui sauve Django des sables mouvants quand il y plonge pour récupérer son or. C’est sur la croix de la tombe de sa femme, Mercedes Saro, qu’il s'appuye, les mains cassées par le bandit mexicain, pour se venger du Major Jackson. Cette qualité chevaleresque de Django, un bandit qui aligne les morts sans se sourciller, le rend plutôt sympathique.

    

   

L’ambiance très particulière du film est beaucoup plus grise et sinistre que celle de Sergio Leone. La brume s’infiltre dans la taverne, le sifflement du vent annonce la mort, appuyé par la musique pompeuse et tragique de Luis Enríquez Bacalov. L'intégralité du film se déroule dans la boue,  où se meuvent des personnages aux chaussures embourbées dans une sorte de décadence morale. On s’enlise avec une sorte de jouissance de la violence, du sang, de la vengeance et de la mort – le cimetière de Tombstone n’est pas assez grand.


                             

On pourrait classer Django, dans la catégorie des westerns Zapata, du nom du célèbre rebelle mexicain de la révolution mexicaine de 1913, Emiliano Zapata. L’action prend place à la frontière mexicaine, l’or qu’on vole est destiné de servir la Révolution. C'est alors le point de vue Marxiste  qui est mis en exergue : les pauvres – les Mexicains se battent contre les riches Sudistes, la plupart membres du Ku-Klux-Klan – une allusion au régime fasciste de Mussolini, période sous laquelle avaient vécu les réalisateurs italiens des années soixante. Corbucci développera les thèmes politiques dans ses films suivants (Le Grand Silence, 1968, Companeros, 1970), cette fois en prise direct avec la société de l’époque.
 Ce qui est étonnant dans Django, c'est que toute la trame narrative a été élaborée à partir d’une simple idée - un homme traînant un cercueil, - et n'était développée qu'au fur et à mesure du tournage par le frère du réalisateur, Bruno Corbucci. Beaucoup d'improvisation et d'inventivité permettra au film de gagner une renommée mondiale et lancera la carrière de Franco Nero, alors comédien débutant. En 2007, le réalisateur japonais Takashi Miike rendra hommage au personnage de Corbucci, avec son film Sukiyaki Western Django, une préquelle de Django. Source : http://www.iletaitunefoislecinema.com/chronique/3625/django-1966
Bonus : 


   

Dans l’Ouest de Tarantino, rien de nouveau. Et en même temps, tout est neuf. Nouveau genre (le western), nouveau sujet (l’esclavage), nouveaux acteurs (Jamie Foxx, tout en intériorité habitée ; Leonardo DiCaprio, d’une intensité effrayante), nouveaux lieux (les immensités du Wild West). Mais aussi même science du dialogue à mèche longue, de la réplique qui fuse, même goût du recyclage cinéphage et de la représentation limite de la violence, mêmes figures de la Tarantino’s connection (Samuel L. Jackson, Christoph Waltz). Même au niveau de la prod, on trouve du neuf (Reginald Hudlin, Pilar Savone…) et du classique (les frères Weinstein). Tiens, au fait, un film sur l’esclavage produit par des Noirs et des Juifs, il y a de quoi donner à penser à Dieudonné, si ce qui lui reste de cerveau en est encore capable. On est au milieu du XIXe siècle, juste avant la guerre de Sécession. Le docteur King Schultz (Waltz), médecin charlatan et chasseur de primes, libère l’esclave Django (Foxx) et fait alliance avec lui, d’abord pour traquer et capturer une bande de hors-la-loi, puis pour aller délivrer la fiancée de Django, prostituée-esclave dans une plantation. Ladite fiancée répond au nom insolite de Broomhilda, dérivé du germanique Brunhilde.
Dans la première partie, Papa Schultz/Waltz se fend d’un véritable cours sur la mythologie allemande qui nous enseigne que l’arc narratif de Django Unchained sera lointainement inspiré des Nibelungen. Influence germanique assez inhabituelle pour un western (on connaissait le sous-genre spaghetti, voici sa déclinaison Sauerkraut), mais finalement assez logique dans la continuité tarantinienne : Django Unchained est aux Noirs ce qu’Inglourious Basterds était aux Juifs, une revanche ciné-fictive sur l’histoire.

 
          

Le terrible dieu Wotan du mythe germanique prend ici les traits d’un odieux propriétaire terrien, Calvin Candie (DiCaprio), qui ne se distrait qu’au spectacle de ses esclaves dévorés par des chiens ou se battant entre eux à mains nues tels des gladiateurs. Dans cette partie “plantation” mixant ciné A et ciné Z, Tarantino insère des influences européennes qui sont à la fois cinéphiles et justifiées par le récit – les maîtres sudistes se prenaient pour des rois et se piquaient de raffinement européen alors que Tarantino prend manifestement plaisir à filmer des séquences de dîners aux candélabres avec vaisselle chic et codes sociaux sophistiqués. Il pense peut-être à Visconti, cite Dumas, ce qui fait également sens puisque Monte Cristo est l’une des plus célèbres fictions de vengeance, genre prisé du cinéaste.


              

Comme avec Inglourious Basterds, Tarantino parvient à faire cohabiter tragédie historique et comédie. La méthode reste la même : le personnage principal porte en lui la part sérieuse du film, Django étant aussi habité de douleur et de colère que l’était Shosanna/Mélanie Laurent. La comédie est répartie sur les autres personnages, Waltz reprenant son grand numéro de phraséologue dialecticien à l’élocution irrésistible, mais en étant ce coup-ci du côté du bien.
On notera une impayable séquence sur les cagoules du KKK ou encore la jouissance incorrecte de Samuel L. Jackson à jouer sans frein un ultra-Oncle Tom au service des Blancs racistes, version noire-américaine de la figure du kapo.



                           

Malgré les mille plaisirs qu’il dispense, Django Unchained laisse aussi avec un léger bémol en arrière-goût. Deviendrions-nous tarantinoblasés ? Après réflexion, il m’a semblé que la pointe de déception tenait au western, un genre pas facile à renouveler, comme si les codes inévitables que sont les chevaux, les grands paysages, les villes en bois, les duels au colt étaient irrémédiablement figés dans le formol de l’imagerie, du passé de l’histoire et du cinéma, du déjà trop vu.
Autres grands recycleurs de genres, les frères Coen avaient connu le même souci avec True Grit, bon film mais pas leur meilleur parce qu’ils parvenaient moins à surprendre… Tarantino réussit à secouer le western par le sujet, les situations et dialogues, moins par la facture visuelle et la mise en scène. À cette réserve près, c’est globalement du très bon. Du Quentin. Source : http://www.lesinrocks.com/cinema/films-a-l-affiche/django-unchained/
ReBonus :

   

RANGO, réalisé par Gore Verbinski, derrière la caméra pour la trilogie PIRATES DES CARAÏBES, est un projet qui remonte à avant le tournage des trois films de pirates, comme l'explique le cinéaste : "Après le troisième volet de la série, je voulais vraiment faire une coupure, et c'est alors que j'ai ressorti mes notes, que j'ai rappelé mes deux copains et que je leur ai dit que c'était le bon moment de s'y mettre." et, une nouvelle fois, il a fait appel à Johnny Depp pour tenir un rôle de choix : Rango lui-même !
RANGO est le premier film d'animation tourné par Verbinski. C'est également la première fois que la compagnie d'effets spéciaux Industrial Light & Magic travaille sur un long métrage animé.
Pour que les expressions des personnages soient les plus réalistes possibles, Verbinski a demandé aux acteurs de jouer les scènes sur un plateau avant que les images de synthèse soient réalisées, de telle sorte qu'on puisse adapter le visage et les expressions des comédiens aux personnages. Habituellement, les scènes sont d'abord tournées, et ensuite doublées. Depp, pour sa part, s'était déjà prêté au jeu du doublage pour NOCES FUNEBRES de Tim Burton.
Une nouvelle fois, Verbinski a fait appel au talent du compositeur de films Hans Zimmer pour la bande originale de RANGO, ainsi qu'au monteur Craig Wood, et au scénariste James Ward Byrkit, avec lesquels il est habitué à travailler.
RANGO est le nom d’un lézard dont la vie va accidentellement basculer de statut d’animal de compagnie en héros de l’ouest sauvage. Perdu dans le désert il va s’échouer par hasard dans la petite ville de poussière ou de sournoises créatures font régner la terreur. On y découvre un personnage tourmenté, en pleine crise identitaire, qui va endosser le costume de shérif courage pour donner un sens a sa vie a travers des actes de bravoure. 



 
   

L’intrigue sonne comme une critique cinglante du système capitaliste en général (les banques jouent avec l’eau a la place du cash) et de la société américaine en particulier (eau= pétrole, middle class contre les riches). Mais c’est dans son ode au western hollywoodien et spaghetti que VERBINSKI fait montre de tout son savoir faire, et de sa passion dédiée au genre. Le farwest est dépeint comme un monde hostile (cercueil, buissons, poussiere, squelettes…) les tronches sont patibulaires, l’intrigue manichéenne et volontairement minimaliste, la musique enveloppante (score encore une fois impeccable de HANS ZIMMER) .on y retrouve un clin d’œil appuyé avec CLINT EASTWOOD en guest star, preuve irréfutable de l’admiration du réalisateur a SERGIO LEONE ! Et comme le …lézard fait forcément bien les choses RANGO préfigure de ce que sera son « ALONE RANGER », qui s’aventurera encore plus loin sur le terrain de l’hommage. Source : http://www.allocine.fr/film/fichefilm-139127/critiques/spectateurs/


                               

1 commentaire:

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