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vendredi 26 décembre 2014

Coup de sang

Dans ce monde dont on ne sait trop s’il est l’émanation d’une histoire parallèle ou simplement le récit de notre futur, le dérèglement climatique s’est brutalement généralisé. La catastrophe porte un nom : le Coup de Sang. Sur la planète dévastée, martyrisée, l’eau potable est soudain devenue un trésor, et la survie individuelle l’obsession de chacun. Désormais, les transports sont rares et dangereux, les communications aléatoires. Seuls quelques Eldorados très isolés, refuges protégés par leur situation géographique particulière, ont réussi à préserver un semblant d’ordre social. On ne peut les rejoindre que par la mer, immense; l’unique milieu naturel, peut-être, qui conserve quelque chance de perdurer en ces temps d’incertitude absolue… Tel est le décor, fascinant, qui sert d’écrin à Animal’z, le nouveau récit futuriste d’Enki Bilal. Fidèle à ses thèmes de prédilection (la fiction conjecturale, en étroite résonance avec les convulsions et les névroses collectives de notre présent), l’auteur de LA TRILOGIE NIKOPOL explore les conséquences possibles des dommages infligés au climat, dans un registre graphique nerveux qui comblera les attentes de ses très nombreux fidèles. Déroutant, surprenant, passionnant : un one-shot d’une centaine de pages à savourer sans retenue. Du très grand Bilal.


                


Et si l'amour véritable pouvait sauver l'humanité ? le seul avenir possible au coup de sang qui a ravagé une Terre n'en finissant plus de régurgiter ses maux et ses plaies laissées par une génération irrespectueuse. Un amour sincère et pur, issu du cœur, des racines de la planète, usant du langage d'autrefois pour purger les rancœurs souterraines.
Aux confins d'un désert vivant, véritable serpent aux relents d'hydrocarbure, Roem et Julia vont connaître cet amour millénaire que connurent en leur temps les amants de Vérone. Et si l'histoire se répétait?
" – Roem… si tu devais regretter une chose, une seule chose que t'aies pas connue dans ta vie avant de crever…
– Une seule ?
– Une seule
– Sans hésiter, une histoire d'amour, la vraie, la grande, celle qui tue " (page 8).
Dans tes tons ocres, Bilal poursuit ses interrogations sur le devenir de l'être humain, laissant la part belle à l'amour et à Shakespeare.
"Il y a des lieux, comme ça, où le ciel et la terre se parlent ; je sais même, j'ose le dire, en quelle langue ils se parlent. Les nuages et le sol échangent leurs matières, mêlent leurs particules, ouvrent et recyclent leurs fragments de mémoire. Les mots pleuvent, invisibles, forment des phrases, jouent avec les destins… Ce lieu est un micro climat qui s'exprime en Shakespeare… Ici, ciel et terre parlent le Shakespeare, je le sais parce que je suis fou."
Des tirades venues d'une autre époque, d'un autre lieu mais profondément ancrées dans les entrailles terrestres d'un monde à la dérive, en pleine gestation. Plus intimiste qu'Animal'z, Julia & Roem continue à suivre ses survivants du coup de sang, laissant au lecteur le choix de poursuivre la balade.
Bonus : http://fr.slideshare.net/Lepointfr/julia-roem-enki-bilal
Un opus en deçà du précédent mais qui se lit sans problème.  



                

Dans un ciel sens dessus dessous ponctué d’immenses masses nuageuses aux allures menaçantes progresse le Zeppelin sinistré Garbage et son équipage incongru : un couple de passagers de hasard embarqués à Tanger, Anders Mikkeli et Esther Roblès, deux jumelles orphelines sujettes à de mystérieuses crises de citations littéraires, leur garde du corps et le cadavre démembré du pilote de l’appareil, suspendu à ce qui reste de sa nacelle détruite. Dans les soutes, un mélange de déchets nucléaires instables et d’armes atomiques en état de marche, indice probable des visées terroristes du Garbage. Balloté au gré de la violence des vents, ses équipements verrouillés sur navigateur automatique, l’aérostat semble totalement livré à lui-même, et pourtant… Pourtant quelque chose suggère qu’il y a peut-être là un dessein, une volonté, une direction. Car au même moment, nombre des personnages croisés au fil des deux précédents volumes de la trilogie – Ana et Lester, Bacon et son dauphin hybride, Julia, Roem et Lawrence, l’ex-aumonier militaire – se sont eux aussi mis en mouvement, comme mûs par un appel secret. Leur périple annonce-t-il le stade terminal du « coup de sang » planétaire ? S’agit-il des prémisses de la troisième guerre mondiale annoncée, qui mettra ainsi un point final à la crise environnementale généralisée ? Ou d’autre chose encore, divergeant de tout ce qu’on pouvait imaginer ?
Toujours magistral, tant dans la puissance et l’originalité de son récit que dans son traitement graphique et chromatique exceptionnel, Enki Bilal apporte un point final à la trilogie amorcée dans Animal’z et poursuivie dans Julia et Roem. L’un des titres les plus attendus de la fin d’année.

Bonus : http://www.francemusique.fr/player/resource/53226-60210#

1 commentaire:

  1. http://ulozto.sk/xXfnT9U8/animal-z-enki-bilal-ebook-rar
    http://ulozto.sk/xsVsHWJ/bilal-4-albums-2001-2013-soul-joytearz-zip
    http://uploaded.net/file/qpdhlouc

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