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samedi 27 décembre 2014

Alfred 17

‘Number Seventeen’ est le dernier des films réalisés par Hitchcock pour la British International Picture. De cette période très riche, le cinéaste ressort amer : l'un de ses films les plus ambitieux, ‘A l'est de Shanghai’, vient d'essuyer un échec critique mais aussi, ce qui est bien plus grave aux yeux du maître, public. Dépité, il signe avec ce film une œuvre de commande, sans vraiment s'investir dans la réécriture de ce qui est à l'origine un roman de gare de Jefferson Fargeon qui vient d'être adapté pour la scène. La première partie souffre du modèle théâtral qui a motivé le studio pour la production du film : toute l'action se déroule dans une cage d'escalier où des individus plus ou moins louches se confrontent verbalement ou physiquement autour d'un cadavre et d'un vol de bijoux. Le rythme enlevé des dialogues et les multiples retournements de situation empêchent que l'on s'ennuie vraiment, mais la répétition pointe dans ce qui devient presque une parodie de théâtre de boulevard. Surtout, on peine à retrouver l'ingéniosité d'Hitchcock, alors même qu'il se trouve coincé dans un espace réduit, situation qui aurait ailleurs motivé de nouvelles expérimentations cinématographiques. On sent Hitchcock endormi, se contentant d'enregistrer passivement des acteurs (souvent délicieusement) cabotins, impulsant simplement un peu de rythme à ce scénario alambiqué par le dynamisme du montage. On note quelques beaux mouvements de caméra et des jeux d'ombres et de lumières hérités du cinéma expressionniste, mais guère de quoi provoquer un réel enthousiasme. Heureusement, dans la deuxième partie, tout ce petit monde sort de l'immeuble pour se lancer dans une belle poursuite entre un bus et un train de marchandise. Hitchcock sort alors ses modèles réduits et s'amuse à construire une rocambolesque course contre la montre où même un ferry-boat est invité ! ‘Number Seventeen’ est une œuvre très mineure dans la carrière d'Hitchcock. Un film qui, bien que se suivant avec un vrai plaisir, est l'un de ces moments où le maître semble douter, où il se retranche derrière son seul savoir-faire. Amusant mais anecdotique. Olivier Bitoun


             
   

Le génie de Hitchcock a toujours transcendé les sujets de ses films. Mais avec Numéro 17, le réalisateur n’est sans doute jamais allé aussi loin dans le pur exercice de style : l’unique intérêt de cette adaptation d’une pièce de théâtre à succès (à l’époque, la majorité des films de Hitch étaient des adaptations de pièces), c’est la réalisation de Hitchcock, qui s’amuse visiblement beaucoup avec des décors qui ressemblent à des jouets.
Le film est clairement divisé en deux parties. La première se déroule intégralement dans le décor sombre et inquiétant d’une maison déserte, où des inconnus se retrouvent (par hasard ?), et découvrent un corps qui gît là, arrivé comme par magie. Dans ce décor sorti tout droit d’un film d’épouvante, Hitchcock s’amuse à faire entrer constamment de nouveaux personnages, sans que l’on sache vraiment qui est qui. Qui est policier ? Qui est truand ? Qui est victime ? Qui est là par hasard ? Ils sont bientôt sept ou huit à se regarder avec méfiance, et à évoquer à mots cachés le trafic de bijoux qui, visiblement, les a réunis.


                 


Puis les masques commencent à tomber, et le film sort du cadre étouffant de cette maison. Sortant de la maison comme dans le plus improbable des serials (un escalier donne à la cave, puis directement sur la voie ferrée qui passe à proximité), gentils et méchants se retrouvent à bord d’un train lancé à vive allure. Hitchcock en profite pour sortir un autre de ses jouets : ses indispensables maquettes, qui font le charme (dont je ne me lasserai jamais) de ses films anglais. Cette deuxième partie est spectaculaire : le train finira même sa course en heurtant à toute vitesse un bateau accosté !
Et c’est encore une fois une pure démonstration du génie d’Hitchcock. Alors que, dans la première partie, il joue avec les ombres, les jeux de lumière et les gueules marquées de ses personnages (en particulier le visage de Leon M. Lion dans le rôle, central, de Ben, benêt pas si froussard que ça, qu’il avait créé sur scène en 1925, et qu’il jouera de nouveau en 1939), sa manière d’utiliser les maquettes, qu’il filme magistralement en alternance avec de gros plans sur les acteurs, donne un rythme extraordinaire au film. Après l’échec public de A l’Est de Shanghaï, Hitchcock revenait à un genre qui, a priori lui convenait mieux. Mais il le fait d’une façon totalement inattendue, en se basant sur un scénario (volontairement ?) incompréhensible, mais avec un style de chaque instant.
Source : http://playitagain.unblog.fr/2011/05/30/numero-17-number-seventeen-dalfred-hitchcock-1932/


                            


Correspondant 17 (Foreign Correspondent) est un film américain d'Alfred Hitchcock . C'est le deuxième film réalisé à Hollywood par Hitchcock après Rebecca.
Réalisé en 1940, alors que la seconde guerre mondiale n'en est qu'à ses prémisses, le film débute aux Etats-Unis puis  prend pour cadre les Pays Bas et la Grande-Bretagne, en 1939. On se dit que ne bénéficiant d'aucun recul sur les évènements qui vont alors ravager le monde Hitchcock risque de réaliser un film hors-sujet, daté. Et pourtant... ce film est une nouvelle fois d'une étonnante clairvoyance et modernité, une réussite visuelle qui alterne judicieusement entre drame et comédie et porte un vrai message. Bref, encore une fois, les caractéristiques d'un grand film...
De nouveau, Hitchcock nous raconte l'histoire d'un homme qui, par la force des évènements, devient quelqu'un d'autre (le thème du double et de la duplicité des apparences étant ici, comme souvent chez Hitchcock, fortement présent), d'un homme ordinaire que les évènements extraordinaires auxquels il est confronté va rendre extraordinaire. Cet homme c'est d'abord en quelque sorte la métaphore de l'Amérique. Une Amérique peut concernée et inconsciente de ce qui se passe en Europe : Jones veut ainsi « interviewer Hitler » ! Et c'est là le premier grand intérêt de ce film, celui d'être porteur d'un véritable message politique, de vouloir pousser les Etats-Unis à l'interventionnisme, message d'autant plus retentissant lorsque l'on sait qu'on avait reproché à Hitchcock de quitter la Grande-Bretagne pour les Etats-Unis. Il dédie ainsi son film à « ceux qui voient avec raison s'élever les nuages de la guerre alors que d'autres chez eux ne voient que des arcs-en-ciel » et la dernière scène est un vibrant plaidoyer. Le film s'achève par un fondu en noir, symbolisant cette obscurité dans laquelle l'Europe est plongée (mais aussi l'aveuglement américain) et à laquelle les Etats-Unis pourraient peut-être apporter une lueur, du moins d'espoir.


   


Au-delà de ce message, ce film est une nouvelle fois scénaristiquement et visuellement époustouflant avec des scènes de suspense  brillantes : le pardessus coincé dans les ailes du moulin, l'idée du kidnapping initié par le kidnappé (vous comprendrez cette formule énigmatique en voyant le film...). Et une scène des moulins dont le caractère épuré du décor n'est pas sans rappeler la célèbre scène de la poursuite en avion de la « Mort aux trousses ».
 Quant à la scène de la fin (le crash d'un avion) elle est littéralement sidérante quand on réalise que ce film date de 1940 et que, même à grands renforts d'effets spéciaux, rares sont aujourd'hui les films qui atteignent une telle perfection. L'impression de réalisme, de claustrophobie, d'urgence, est alors saisissante.


                             


Ajoutez à cela, des dialogues riches et foisonnants,  Rudolph Maten l'ancien chef opérateur de Dreyer à la photographie, de vraies scènes de comédie et vous obtiendrez encore une fois un très grand film...
Peut-être peut-on juste regretter que Barbara Stanwick ou Joan Fontaine et Gary Cooper n'aient pas incarné les rôles principaux comme Hitchcock l'avait intialement souhaité, plus charismatiques que les acteurs qui ont finalement interprété les rôles principaux, mais l'inventivité scénaristique et visuelle sont suffisamment remarquables pour nous les faire oublier.
Un film qui porte déjà en lui les ingrédients de tous ses chefs d'œuvre futurs, Mc Guffin y compris...
Source : http://www.inthemoodforcinema.com/archive/2009/11/03/correspondant-17-d-alfred-hitchcock-1940-cycle-hitchcock-su.html

3 commentaires:

  1. http://www.priceminister.com/offer/buy/1700151/Alfred-Hitchcock-Numero-17-DVD-Zone-2.html
    https://izi5zcpift.1fichier.com/

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  2. http://free-classic-movies.com/movies-03b/03b-1932-Number-Seventeen/Number-Seventeen-1932.wmv
    http://www.opensubtitles.club/fr/subtitles/4585057/number-seventeen-fr

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