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mardi 1 juillet 2014

Ventura - Sautet

Bel hommage aux films noirs américains des années 40, Classe tous risques étonne par son approche résolumment naturaliste et humaniste du genre.
Alors qu’il sert de script doctor - personne que l’on appelle à la rescousse lorsqu’un scénario est au point mort - depuis de nombreuses années déjà, Claude Sautet a enfin l’opportunité d’entrer dans la lumière avec un film qui surfe allègrement sur la vague du polar à la française, initiée par les succès de Razzia sur la schnouf ou encore Touchez pas au grisbi. Pourtant, ce Classe tous risques (1960) se distingue aisément du lot commun par une approche beaucoup plus naturaliste d’un genre pourtant très codifié. Si l’histoire - le renoncement d’un gangster en cavale - n’a absolument rien de révolutionnaire, son traitement, quant à lui, l’est bien davantage. Abordé comme une activité professionnelle à part entière, le gangstérisme n’est jamais idéalisé ou iconisé. Milieu comme tant d’autres, il met en présence des individualités fortes qui n’ont qu’un seul but dans l’existence : s’en sortir indemne. Jamais séduisante, le criminalité implique une responsabilité morale qu’il est parfois bien trop lourd à porterDans le rôle du vieux briscard épuisé, Lino Ventura est tout bonnement ébouriffant. Chaque geste, chaque regard porte en lui la culpabilité d’un passé qu’on imagine peu glorieux. Face à lui, Claude Sautet a eu le flair de tabler sur la jeunesse et l’insouciance d’un Jean-Paul Belmondo alors en pleine ascension vers la gloire. Marqué par une réalisation assez conventionnelle et un manque d’action parfaitement volontaire, Classe tous risques s’impose grâce à une ambiance lourde et pesante, comme si le personnage principal était voué, dès les premières minutes, à un sort funeste.

         
   

Telle une danse macabre, ce polar crépusculaire s’inscrit dans la droite lignée des futurs Melville, avec ses personnages marqués par la fatalité. Abrupte et sans appel, la fin nous révèle ce que l’on pressentait déjà depuis deux heures : l’homme marche vers une mort certaine, programmée et inéluctable.
Petit bijou du polar des années 60, ce premier coup de maître révèlait déjà l’immense talent d’un grand monsieur du cinéma français. Virgile Dumez.


                 
             
On n’est pas dans le Sautet des années 70, peintre psychologue des quadragénaires fatigués. Son premier vrai film (oublions Bonjour sourire) reflète l’admiration qu’il conservera toujours pour le polar américain. Son héros (Lino Ventura), gangster traqué par la police, est las, déjà, des choses de la vie. Il cherche de l’aide – un geste d’amitié lui suffirait – mais ne recueille que reproches ou indifférence. Sautet mène son film avec une rapidité sèche, dénuée de sensiblerie, dans une atmosphère pluvieuse et sombre. La solitude de Ventura évoque bien des personnages du cinéaste. Notamment le Michel Serrault de Nelly et M. Arnaud. Ou Daniel Auteuil, ce Cœur en hiver. Pierre Murat 


                             


L'arme à gauche(1965) :Le capitaine Jacques Cournot (Lino Ventura) arrive par avion sur une île des Caraïbes. Il s’installe à l’hôtel La Perla puis rencontre Hendrix (Jimmy ?... Non, Hugo) un homme d’affaires qui l’a engagé pour trouver un bateau. A Puerto Macao, Cournot trouve un ketch de 25 mètres, le Dragoon qui appartient à l’américaine Osborne (Sylvia Koscina), qui est vendeuse. Cournot négocie habilement le prix pour le compte de Hendrix. Entretemps, Hendrix est confronté à des individus qui font dans l’intimidation et la violence aveugle pour le contraindre à rentrer dans leur jeu. Ils « empruntent » le Dragoon pour une livraison spéciale. La disparition du Dragoon est signalée le lendemain matin à Cournot par la police qui enquête. En tant qu’acquéreur il est le témoin numéro 1. L’emploi du temps de Cournot est passé au crible. Celui-ci ne peut que témoigner de sa bonne foi. Mme Osborne demande à le voir. Elle reconnaît lui avoir menti sur plusieurs points, mais elle lui demande de retrouver le ketch qui est le seul bien légué par son mari mort. N’ayant pas d’autre engagement, Cournot accepte. C’est avec un hydravion en sillonnant la mer de façon systématique que le couple de circonstance retrouve le Dragoon échoué à proximité d’une île minuscule. Mais, une surprise attend le couple à bord du Dragoon… Parmi les malfrats, Morrison (Jim ?) est partisan de la manière forte. Ils n’ont pas utilisés le Dragoon pour faire du tourisme. Ce ketch est le seul moyen de transport à disposition, pour les hommes comme pour la mystérieuse cargaison. Alors, un étrange ballet se met en place… Le spectateur n’est pas au bout de ses surprises, car le scénario très bien fait montre la progression des idées dans les cerveaux des deux camps. 


   
       
Le film ne s’égare jamais en bavardage inutile. Chaque scène fait progresser l’intrigue et apporte sa touche à la crédibilité de l’ensemble. Ainsi, quand Cournot appelle son ami pour louer ses services, on voit l’ami entrer dans son bureau alors qu’on a vu son hydravion. On le voit depuis l’entrée, derrière l’écriteau affichant son activité. Et il répond au téléphone sans répéter les questions de Cournot qu’on devine parfaitement puisqu’on connaît la situation.
Le film montre très bien le travail à faire dans sa dimension physique. Les rebondissements s’enchainent naturellement et on sent le réalisateur à son aise pour montrer les taches qu’un cerveau sensé est amené à improviser sur un bateau échoué. Le tout bien évidemment sous la menace de ceux qui ont amené le bateau à cet endroit pour leurs besoins. 



                                         

Une séquence sous-marine met beaucoup de piquant à un duel où Cournot montre son intelligence de la situation.
Un film qui peut surprendre dans la carrière du réalisateur de « Vincent, François, Paul et les autres ». Il montre le talent de réalisateur de Claude Sautet qui savait créer une ambiance et mener une intrigue de façon à impliquer le spectateur du début à la fin. Un film qui mêle habilement le côté thriller avec l’aventure et l’action, sans oublier la séduction, car Sylvia Koscina sait utiliser son charme aux bons moments, sans trop en faire malgré une scène d’ivresse. Source : 
http://www.senscritique.com/film/L_Arme_a_gauche/critique/15553026

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