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dimanche 20 juillet 2014

Stanley Kramer

Stanley Kramer, de son vrai nom Stanley Earl Kramer, est un réalisateur et producteur américain né le 29 septembre 1913 dans Brooklyn à New York et décédé le 19 février 2001 à Woodland Hills en Californie."Le réalisateur et producteur américain Stanley Kramer est mort lundi, a annoncé son épouse Karen Sharpe-Kramer.  Celui qui avait produit ou réalisé quelques uns des plus grands classiques du cinéma américain tels que "Le Train sifflera trois fois" ou "Jugement à Nuremberg", "Devine qui vient dîner ce soir" ou encore "La Théorie des Dominos" avait 87 ans. Il avait récemment eu une pneumonie, a précisé son épouse.  Bien que Kramer n'ait jamais reçu un seul Oscar à titre personnel, ses films ont récolté 80 nominations aux Oscars et 16 Oscars parmi lesquels on trouve ceux de Gary Cooper ("Le Train sifflera trois fois"), Maximilian Schell ("Jugement à Nuremberg").  Kramer a été nommé trois fois dans la catégorie du meilleur réalisateur et en 1962, il a reçu un trophée spécial Irving-Thalberg pour la qualité de son travail. "
Orgueil et Passion est un film américain réalisé par Stanley Kramer et sorti en 1957.
Stanley Kramer a toujours le goût des bonnes histoires, et ici il ne déroge pas a son habitude. Malheureusement, il n'arrive pas a rendre son récit super prenant, il y a plusieurs scènes vraiment molles mais il y en a deux ou trois plus impressionnantes. Le trio d'acteurs est surprenant S. Loren, C. Grant et F. Sinatra.


   

Pendant la Guerre d'indépendance espagnole, au début du XIXe siècle (1808-1813), dans leur pays envahi par l’ennemi français, l’épopée d’un groupe de résistants espagnols entreprenant d'amener un énorme canon à leurs alliés britanniques pour faire tomber les remparts de la cité d’Ávila tenue par les Français.
Né à New York, il est entré dans le monde du cinéma dans le milieu des années 30 en tant que scénariste et monteur. Après son service militaire pendant la Seconde guerre mondiale, il fonda sa propre maison de production. 



                               

Mettant ses idéaux politiques au service de son art, Kramer n'a pas hésité à engager des auteurs et scénaristes fichés comme communistes pendant l'ère McCarthyste .  Eclectique à souhait, Kramer a abordé tous les thèmes et tous les genres. En 1963, il réalisera "Un monde fou, fou, fou". Un morceau de bravoure du burlesque dans lequel il entraînera une kyrielle de stars du comique de Milton Berle à Jimmy Durante en passant Buster Keaton, Terry Thomas et Mickey Rooney. Mais aussi des vedettes plus sérieuses comme Spencer Tracy. 
Tracy fera quatre films avec Kramer et mourra peu après la fin du tournage de "Devine qui vient dîner ce soir".
Source : http://tempsreel.nouvelobs.com/culture/20010220.OBS1646/deces-du-cineaste-stanley-kramer.html


On the beach nous plonge dans un monde sans espoir où tout es déjà joué. Une guerre atomique (dont on ne connaître jamais les cause, les tenants et les aboutissants pour mieux en souligner l'absurdité) a ravagé l'ensemble de la planète y a fait disparaitre toute vie. Seul l'Australie a survécu à la catastrophe mais c'est une terre en sursis où les premières retombées radioactives arriveront d'ici quelques mois, laissant ses habitants dans une angoisse latente. Dans ce contexte, le récit s'attache à quelques personnages et à leur réaction face à cette fin inéluctable. On y trouve les jeunes mariés et parents Peter (Anthony Perkins) et Mary (Donna Anderson), le vieux scientifique alcoolique et désabusé Julian (Fred Astaire) et surtout le couple entre Dwight Towers (Gregory Peck) et Moira Davidson (Ava Gardner). Lui est un capitaine de sous-marin américain qui a perdu sa famille dans la catastrophe et dont la solitude répond à celle de Moira, femme dépressive et alcoolique qui fait face à sa propre solitude alors que la fin approche. Stanley Kramer imprègne de manière progressive cette ambiance désenchantée. La vie continue dans un premier temps pour les personnages dans ce Melbourne bondés où se révéleront d'abord visuellement les manques matériels (la circulation délaissant les voitures pour les chevaux face à la pénurie d'essence) puis à travers le dialogues les échanges soulignent discrètement (Peck qui confond inconsciemment le prénom de sa femme et celui d'Ava Gardner) ou de façons appuyées (toutes les monologues désabusé de Fred Astaire) le malaise intérieur de chacun. Pour le jeune couple, c'est l'acceptation que tout va s'arrêter alors qu'ils ont la vie devant eux qui se joue, l'aura juvénile et innocente d'Anthony Perkins et Donna Anderson (tous deux formidables) renforçant le sentiment d'injustice. Fred Astaire est lui au croisement de la culpabilité et de l'incompréhension quant à sa contribution au façonnement de l'arme nucléaire et à l'utilisation dramatique qui en a été faite, souligné par cette réplique : Qui a jamais cru que nous pourrions maintenir la paix en organisant notre défense avec des armes que toute utilisation rend suicidaire !. Le plus beau reste cependant la romance entre Gregory Peck et Ava Gardner où lui trouvera une forme de réconfort et elle connaîtra enfin l'amour, trop tard... Leurs hésitations et errances sont magnifiquement montrées par Kramer qui met vraiment en danger ses acteurs.




   


Gregory Peck n'a sans doute jamais paru aussi vulnérable (la scène à la gare où il est au bord des larmes) et Ava Gardner se déleste de tout son glamour (sa beauté n'étant que plus authentique par cette fragilité affichée) dans ce rôle de femme abîmée par la vie, les traits tirée et la mine anxieuse (les critiques accusant Kramer d'avoir réussi à rendre Ava Garner moche...). Stanley Kramer dans les changements qu'il opère par rapport au livre rend l'ensemble encore plus sombre et pessimiste. Dans le livre il existe d'autres survivants à travers le monde avec lesquels les protagonistes communiquent quant ici ils sont définitivement seuls. Les rares motifs d'espérances sont balayés dans des moments de profondes désolation notamment lors de l'expédition où l'on apercevra un San Francisco réduit à l'état de ville fantôme. L'enjeu n'est donc pas une survie possible mais l'acceptation que tout va s'arrêter et de savourer aux mieux les derniers instants. Pour les uns ce sera sous la forme d'une ultime poussée d'adrénaline (Fred Astaire et sa course automobile), d'autres n'y parviendront pas et notre couple vivra enfin pleinement sa passion. Là encore Kramer réserve quelques moment de pure flamboyance visuelle entre eux comme ce long baiser où la caméra tourbillonne autour de Peck et Gardner enlacés, où ce sublime final où ils se disent adieux à distance sur la plage.


                               

On pense d'ailleurs que Kramer conclura sur une note moins désespérée que le livre (où le personnage de Gardner se suicide seul avec des pilules lors de ce même moment d'adieu) mais c'est sans compter une chute implacable où l'on retraverse ce Melbourne également désertique à son tour (le thème romantique d'Ernest Gold disparaissant pour une rythmique martiale implacable) . La mort a triomphé. On pourra trouver le message un peu trop lourdement appuyé (le film sorti simultanément dans dix-huit capitales mondiales pour signifier l'importance de l'évènement), le film sans doute trop long mais l'émotion est authentique et tient dans un équilibre miraculeux avec la beauté des images et la conviction des acteurs. Si parfois ses bonnes intentions ne donnent pars forcément les grands films espérés, cette fois en tout cas Stanley Kramer signe sans doute là son le chef d'œuvre.

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