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mardi 8 juillet 2014

Mitchum et les films noirs


Robert Charles Durman Mitchum est un acteur et chanteur américain né le 6 août 1917 à Bridgeport (Connecticut) et mort le 1er juillet 1997 à Santa Barbara (Californie) des suites d'un cancer du poumon. Il a commencé sa carrière en étant sous contrat avec la RKO.
Robert Mitchum est né à Bridgeport, Connecticut, de l'ouvrier de chantiers navals et de chemin de fer James Thomas Mitchum et d'Ann Harriet Gunderson, immigrante norvégienne et fille d'un capitaine de marine. Sa sœur, Annette (actrice sous le pseudonyme de Julie Mitchum), était née en 1913. James Mitchum mourut sur un chantier de chemin de fer à Charleston (Caroline du Sud) en février 1919, alors que Robert n'avait pas encore deux ans. Après la mort de son mari, Ann Mitchum reçut une pension du gouvernement, et se rendit compte bientôt qu'elle était enceinte. Elle rentra auprès de sa famille dans le Connecticut, et épousa un ancien officier de l'Armée britannique qui l'aida à élever les trois enfants puisqu'en septembre 1919 naquit John. Lorsque ses enfants furent en âge d'aller à l'école, Ann trouva un travail comme linotypiste pour le Bridgeport Post.


Si la mémoire cinéphile devait retenir une figure du film noir, ce serait certainement la silhouette nonchalante de Robert Mitchum. Le comédien au physique de footballeur américain signait avec Out of the Past un de ces premiers rôles d’anti-héros. Nommé aux Oscars deux années plus tôt pour Story of GI Joe (William Wellman, 1945), Mitchum avait jusqu’alors incarné des personnages ancrés dans les valeurs américaines. Mais à l’instar d’un James Stewart sous l’égide d’Anthony Mann, Mitchum amorce un virage décisif lorsqu’il rencontre Tourneur. En interprétant Jeff Bailey, un flic à la fois cynique et romantique, il donne une nouvelle impulsion à sa carrière durant laquelle il retrouvera souvent des héros de ce type. De Harry Powell dans La Nuit du Chasseur (1955) à Franck Jessup (Un si Doux Visage, 1953), Mitchum jouera de son air désabusé pendant de nombreuses années avec une facilité qui laissera malheureusement croire qu’il était lui même détaché des évènements extérieurs. Toutefois, il est bon de rappeler que si Mitchum était souvent en marge d’Hollywood et s’amusait à considérer son métier comme un vulgaire gagne-pain, il n’en demeurait pas moins profondément investi dans ses personnages et faisait preuve d’un professionnalisme sans faille. Lorsque Jacques Tourneur se remémore le tournage de La Griffe du passé, il rend hommage au grand Bob : « Mitchum peut rester silencieux et écouter une tirade de cinq minutes. Vous ne le quitterez jamais des yeux et vous comprendrez qu’il fait attention à tout ce qu’on lui dit même s’il n’a rien à faire. C’est à ce genre de choses qu’on reconnaît les bons acteurs. » 


               
 

Sous la direction de Tourneur, Mitchum campe un personnage usé. Mélange de puissance physique et de faiblesse sentimentale, il tombe sous le charme vénéneux de Kathie, interprétée par la troublante Jane Greer. La comédienne protégée par Howard Hughes, dont elle fut l'une des nombreuses conquêtes, signe ici une interprétation remarquable où elle dresse un profil de "Femme Fatale" dans la digne lignée d’Ida Lupino (Une Femme dangereuse, 1940) ou Barbara Stanwyck (Assurance sur la mort, 1944). Avec son regard "Bacallien" et sa démarche de panthère, Greer impose sa griffe dans l’histoire du film noir ! Dès que les deux comédiens se retrouvent devant la caméra, l’air se charge d’une électricité dont la tension ne cesse de croître jusqu’au final. Cette relation entre les deux amants respecte parfaitement les codes du genre. Jamais ils n’ont l’occasion d’exprimer leur passion aux yeux des autres et à l’instar des héros de Nicholas Ray (Les Amants de la nuit, 1947), ils s’aiment la nuit, cachés dans des motels forestiers ! Mais contrairement aux jeunes tourtereaux du film de Ray, l’amour de Jeff pour Kathie n’a rien d’idyllique... Nourri de conflits, il n’est que passion et prendra fin tragiquement. On pense alors à Peggy Cummings et John Dall dans le chef d’œuvre de Joseph H. Lewis (Le Démon des armes, 1950) ou à Jean Simmons et... Robert Mitchum chez Preminger (Un si doux visage, 1952). Il est donc l'un des acteurs emblématiques du film noir depuis sa première apparition dans la série B L'Étrange mariage, mettant en scène un serial killer psychotique. Pour Lame de fond , il incarne le frère de Robert Taylor aux côtés de Katharine Hepburn dans ce qui sera la seule incursion dans le genre de Vincente Minnelli.



                 

En 1946, dans Le Médaillon il est l'ex-mari de la femme fatale Laraine Day, alors que l'année suivante dans La Vallée de la peur (entre western et film noir), son personnage se remémore son passé tout en pourchassant ceux qui ont tué sa famille. Pour Feux croisés également sorti en 1947, Mitchum appartient à un groupe de soldats, dont l'un a tué un juif. Cette critique de l'antisémitisme et des méthodes d'entraînement militaire, réalisée par Edward Dmytryk, fut un film marquant de cette année-là et sera sélectionné pour cinq OscarsTroisième film du créateur des Dirty Harry, The Big Steal est une course poursuite trépidante, une série B iconoclaste entièrement tournée au Mexique pour des raisons économiques, dans la plus totale décontraction (et ça se ressent fortement en voyant le film). Son intrigue abracadabrante ne repose sur rien d’original, le‘whodunit’ cher à Hitchcock n’ayant pas plus d’importance que dans les suspenses de ce dernier. Le scénario de Daniel Mainwaring (déjà auteur de celui de La Griffe du passé - Out of the Past de Jacques Tourneur avec déjà le couple Jane Greer/Robert Mitchum et qui signera deux autres futures réussites de Siegel, L’invasion des profanateurs de sépultureset Baby Face Nelson) repose avant tout sur un savoureux mélange des genres, ce qui donne au final un film noir léger et goguenard parsemé de notations ironiques et de clin d’œil, phagocyté par les relations entre le couple vedette que l’on croirait sorti tout droit d’une ‘Screwball Comedy’, leurs délectables ‘Punchlines’ fusant aussi vite et étant aussi nombreuses que les coups de poings que reçoivent à tour de rôle les différents protagonistes au fur et à mesure de leurs pérégrinations rocambolesques. Bref, un ton tout à fait particulier, plus près de la comédie que du film policier, dû aux conditions de tournage et à la réjouissante interprétation d’ensemble, tous les comédiens ayant l’air de s’y être amusés comme des petits fous. 


   
 
       

La nonchalance de Robert Mitchum est bien connue et pourtant rarement il ne nous aura semblé aussi décontracté que dans ce film qui ne compte pourtant pas parmi ses plus grandes réussites ; mais rien que pour cette raison, Ca Commence à Vera Cruz est déjà un véritable régal. Ces incessantes courses poursuites auraient pu vite lasser par leurs répétitions mais le jeune réalisateur possède déjà un solide métier et filme le tout sans temps morts et sur un rythme soutenu, utilisant l’ellipse avec maestria. Un montage sec et efficace et des scènes d’actions rondement menées avec les moyens du bord : les transparences sont très bien intégrées, témoin cette excellente séquence de poursuite sur des routes sinueuses et montagneuses entre William Bendix et Jane Greer, cette dernière sidérant son compagnon de fortune macho n’ayant jamais pensé qu’une femme pouvait se débrouiller aussi bien au volant que derrière des fourneaux !! Une ‘comédie romantique policière’ menée tambour battant, aux seconds rôles cocasses, aux dialogues pétillants et possédant une légèreté qui fait oublier ce que l’intrigue peut avoir de complètement banale. Loin d’être inoubliable mais fichtrement agréable ! Erick Maurel.


                             

Après Feux croisés Mitchum joue le premier rôle d'un des meilleurs films de sa carrière, Pendez-moi haut et court (sorti initialement en France sous le titre La Griffe du passé) réalisé par Jacques Tourneur et photographié par Nicolas Musuraca. Il est Jeff Markham, un propriétaire d'une station-service isolée qui se retrouve rattrapé par son passé trouble avec le joueur Whit Sterling (Kirk Douglas) et la femme fatale Kathie Moffett (Jane Greer). Même s'il est passé relativement inaperçu au moment de sa sortie, le film a ensuite fait l'objet d'une reconnaissance tardive auprès des cinéastes et des journalistes qui le portèrent aux nues. L'acteur sera à nouveau photographié par Musuraca dans le « western psychologique » de Robert Wise Ciel rouge l'année suivante. Fini de rire (1951) :
« Qu'est-ce que je fiche ici ? » balance Robert Mitchum, et ce dialogue résume parfaitement son personnage, un joueur professionnel manipulé par un caïd interdit de séjour qui veut lui piquer son identité (et même les traits de son visage !) pour revenir aux Etats-Unis. En attendant de comprendre à quoi il sert, le grand Bob boit du lait (si, si) et, de sa drôle de démarche bancale, arpente un palace de Baja California (Basse-Californie mexicaine) qui recèle d'étranges clients : Jane Russell chante pour faire plaisir au producteur Howard Hughes, Vincent Price joue un acteur fan de chasse, avec chapeau à plume, une jeune femme blonde a l'air d'avoir peur, etc. Atmosphère, atmosphère, cette déambulation sociale est le meilleur de ce petit film noir.

       

  

Film en V.O. ici : His_Kind_Of_Woman.flv - 344.5 MB 
ou là : https://ok.ru/video/266661399203

Howard Hugues, patron de la RKO, fit une fixette sur le film : il demanda à un autre réalisateur de son écurie, Richard Fleischer, de refaire la scène finale de bagarre, qu'il jugeait trop molle. Fit reconstruire le décor de la scène, le yacht du caïd, en plus grand. Et exigea même que le méchant soit changé : Raymond Burr (le futur Homme de fer) retourna toutes les scènes de Robert Wilke, pourtant un acteur confirmé. Un caprice éclairé : Burr, en effet, est parfait. Mitchum finit par ne plus rire de tous ces caprices : dans un accès de rage, il mit carrément le plateau en miettes ! A l'écran, au contraire, il n'est que nonchalance. Cela lui va si bien de ne pas savoir ce qu'il fiche là. — Guillemette Odicino

1 commentaire:

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    https://www.vostfr.club/films/1947-out-of-the-past.html#subs
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    https://les-soustitres.fr/subtitle/8067987126485204192807653129/his_kind_of_woman_french_2109137.srt

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