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lundi 7 juillet 2014

John Sturges

Né le 3 janvier 1910 à Oak Park, Illinois (U.S.A.). En 1932, il entre à la RKO où il est tour à tour assistant-décorateur, assistant-monteur et assistant-producteur de David 0. Selznick. Mobilisé en 1942, il appartient au Signal Corps, puis à l'Air Corps. où il entame sa carrière cinématographique en réalisant une quarantaine de films documentaires en Afrique et en Italie. Il collabore aussi à Thunderholt de William Wyler. Démobilisé avec le grade de capitaine, Sturges est engagé aussitôt par la Columbia.Il réalise son premier film en 1946 est est co-fondateur de The Mirisch Co (avec Wise, Wilder et d'autres).
Après avoir commencé par des films policiers, il réalise en 1953 Fort Bravo qui lui apporte enfin le succès.



                                


Pour les amateurs de western, l’année 1953 allait s'achever en beauté ! Non seulement le studio du lion leur délivrait à ces derniers un "exemplaire" remarquable, mais de plus il donnait l’occasion à John Sturges de faire son apparition sur les devants de la scène westernienne où il allait continuer à exceller, tout du moins au cours de cette décennie. L’ennuyeux Les Aventuriers du désert (The Walking Hills) avec Randolph Scott, qui date de 1949, est parfois répertorié comme faisant partie du genre mais l’intrigue se déroulant l’année de son tournage, il doit être considéré avant tout - selon moi - comme un film d’aventures. Fort Bravo est un donc un premier essai superbement transformé, le meilleur western militaire depuis la fameuse trilogie de John Ford avec laquelle il possède d’ailleurs un certain nombre de points communs que nous détaillerons un peu plus loin, sans évidemment que les styles de l'un et l'autre réalisateurs se ressemblent. Même si Only the Valiant (Fort Invincible) de Gordon Douglas, Two Flags West (Les Rebelles de Fort Thorn) de Robert Wise, Ambush (Embuscade) de Sam Wood ou Rocky Mountain (La Révolte des dieux rouges) de William Keighley avaient eux aussi déjà défriché le terrain, s’ils contenaient des éléments intéressants repris ici par le scénariste Frank Fenton, le film de John Sturges dans son écriture et par sa mise en scène se révèle bien plus enthousiasmant que tous ses prédécesseurs (pourtant signés par de prestigieux réalisateurs), bien plus rigoureux et passionnant.


   


Si comparativement aux autres majors, la MGM était peu prolifique en matière de western, on pouvait être sûr que trois fois sur quatre elle faisait de très bons choix. Et, contrairement à sa réputation de studio "guimauve", des choix très adultes : après La Porte du Diable (Deevil's Doorway) d'Anthony Mann, déjà produit par Nicholas Nayfack, Fort Bravo est encore là pour nous le prouver, révélant par la même occasion au grand public le nom de John Sturges. Le cinéaste est entré à la RKO en 1932 où il fut assistant décorateur puis assistant monteur. Il sera ensuite de nouveau assistant décorateur, mais cette fois pour David O' Selznick. De ses deux premiers métiers, il gardera des traces lorsqu'il passera derrière la caméra : il aura toujours l'œil pour choisir au mieux ses extérieurs et l'on remarquera que les décors de ses intérieurs en studio seront toujours très recherchés. Dans Fort Bravo, même ses séquences d'extérieurs en studio (celles se déroulant de nuit) sont étonnamment belles grâce à de savants éclairages de Robert Surtees ainsi qu'à des toiles peintes relativement réussies. 


                               



Quant à sa formation de monteur, on la ressent au travers de sa parfaite maîtrise du découpage. Durant la Seconde Guerre mondiale, il tournera 45 films d'instruction puis deviendra réalisateur de cinéma en 1946. A son actif, pas mal de thrillers de série B à priori assez efficaces. Mais il ne percera que huit ans plus tard avec le film qui nous intéresse ici, la première production MGM à utiliser le format 1.75.
C'est durant cette première moitié du film que les points communs avec les films de cavalerie de John Ford sont les plus flagrants, celle qui se déroule presque exclusivement dans l'enceinte du fort (avec néanmoins une sortie en ville ainsi qu'une assez longue et splendide séquence, celle de la mission pour aller retrouver les quatre chariots d'armes, qui se poursuit par une embuscade à la sortie du canyon qui dès lors nous démontre la maestria du cinéaste quant à sa gestion de l'espace et de la topographie, avec entre autres ses vues étonnantes filmées probablement d'hélicoptère). 


                                


Et tout d'abord la partition de Jeff Alexander, qui n'a pas à rougir comparativement à celle que Richard Hageman écrivait pour "le maître du western militaire". Comme Hageman, Alexander mélange composition originale et airs folkloriques et militaires avec un très grand talent et sans jamais que sa musique ne soit envahissante, sachant même se faire discrète voire même absente en laissant parfois de longues plages de silence (notamment lors de la fameuse dernière demi-heure). Le générique se déroule sur la chanson Yellow Stripes, une de celles que les Sons of the Pionners entonnaient dans Rio Grande. L'autre chanson, Soothe My Lonely Heart, est une splendide ballade composée par Jeff Alexander et chantée par Stan Jones, qui servira également de thème d'amour durant tout le film et qui n'a rien à envier aux plus belles chansons des films de Ford. Tour à tour poignante et efficace, c'est une partition digne d’éloges écrite par un compositeur méconnu...



                

« JOE KIDD » est peut-être le film le plus mal-aimé de toute la filmographie de Clint Eastwood, qui comprend pourtant quelques fleurons du nanar. Coincé entre deux aventures de Dirty Harry, sorti en plein creux de la vogue du western, « JOE KIDD » souffrit d’un tournage difficile, lors duquel Eastwood imposa son équipe au vétéran John Sturges, et prit plus ou moins la production en mains.
De fait, personne ne s’est jamais vraiment intéressé à ce film, on l’oublie régulièrement en citant les westerns d’Eastwood, et une indifférence quasi générale continue de l’entourer. Pas question ici de réhabiliter un chef-d’œuvre méconnu, mais force est de reconnaître que « JOE KIDD » ne mérite pas un tel mépris.
Écrit par Elmore Leonard, magnifiquement photographié par Bruce Surtees, c'est un film assez étrange, une chasse à l'homme languissante, au rythme monotone, dont le personnage central est mal dessiné : Kidd est présenté comme un ex-chasseur de primes, ex-pisteur, rancher de son état, il apparaît d’abord en gandin ivrogne portant chapeau melon, pour se transformer en… Clint Eastwood. Celui-ci joue nonchalamment de ses tics habituels, plissant les yeux, et chuchotant ses répliques. Il est drôle, quand il tire sur un Mexicain sans même le regarder et à la fin du film, se remet subitement à tirer comme « l'homme sans nom », après avoir défoncé un saloon à l’aide d’une locomotive. Sans oublier le gros-plan des yeux, bien sûr. Chassez le naturel…





Plusieurs seconds rôles des seventies, comme Paul Koslo, Don Stroud, entourent Robert Duvall, qui campe le méchant rancher prêt à tuer n'importe qui, pour protéger ses biens.
Le problème de « JOE KIDD » est qu'il aurait probablement été mieux considéré, sans Eastwood à son générique. Mais en 1972, on attendait déjà plus d’ambition de celui-ci, et un petit western en demi-teinte, ni trop violent, ni trop polémique, n’allait pas faire l’affaire. À voir avec un œil neuf, donc, si on veut l’apprécier à sa juste valeur.


                

Promu "stratège de la guerre indienne" il devient l'un des grands spécialistes du western, aux côtés de Delmer Daves et d'Anthony Mann. De 1953 à 1960, sa meilleure période, il réalise six ou sept modèles du genre, dont Règlement de comptes à O. K. Corral (1957) avec Burt Lancaster et Kirk Douglas. et Les sept mercenaires (1960) également un grand succès, grâce surtout à la remarquable distribution d'acteurs: Steve McQueen, James Coburn et Charles Bronson. La grande évasion (1963) sera aussi un autre grand succès commercial.  Il poursuit une carrière plus européenne avec des films d'aventures et d'action...
Sources : http://www.cineclubdecaen.com/realisat/sturgesjohn/sturgesjohn.htm et Dvdclassik

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