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dimanche 13 juillet 2014

Brasseur - Noiret

Les Amours célèbres est un film à sketches réalisé par Michel Boisrond, sorti en 1961, inspiré par les bandes dessinées verticales de Paul Gordeaux.
Lauzun : le duc de Lauzun est amoureux de la délicieuse Mme de Monaco. Louis XIV a jeté les yeux sur elle. Un soir il charge son fidèle Champagne de lui amener la dame, d'ailleurs consentante, dans son « privé ». Lauzun revient à temps et empêche le roi de satisfaire son désir pour Mme de Monaco.
Jenny de Lacour : vers 1880, une demi-mondaine de grande classe, Jenny, est éprise d'un jeune homme séduisant, René, beaucoup plus jeune qu'elle. Craignant de le perdre, elle combine un odieux stratagème. René est vitriolé par un homme à sa solde. Aveugle, son amant lui restera. L'intervention d'un commissaire de police déjoue le plan de Jenny.
Agnès Bernauer : en Bavière, au XVe siècle, le duc Albert de Wittelsbach, héritier du trône, s'est épris de la ravissante Agnès. Il l'épouse secrètement bien que son père s'oppose à ce mariage... Albert prend les armes contre lui, mais Agnès est enlevée. Condamnée à mort pour sorcellerie, la jeune femme est jetée dans le Loch, une pierre au cou. Albert se précipite pour la sauver. Il est emporté avec elle par le courant. Dialogues de Jacques Prévert.
Les Comédiennes : comédienne célèbre et adulée, Mademoiselle Raucourt se voit supplantée par Mademoiselle Duchesnois en 1804. Sa colère est d'autant plus violente que son amant, le baron de Jonchère a succombé aux charmes de sa rivale. Mademoiselle Raucourt crée de toutes pièces une nouvelle tragédienne qui deviendra la célèbre Mademoiselle George. Cette dernière obtient un triomphe.





           

Personnellement j'adore ce film qui n'existe qu'en VHS pour le moment , une édition DVD serait souhaitable . Film à sketch typique des sixties avec de grands comédiens , mise en scene esthétique . Simone Signoret est émouvante dans son rôle femme vieillissante qui redoute de perdre son amour , Brigitte Bardot , très belle , joue à la perfection et le dernier sketch avec Annie Girardot , Edwige Feuillère et la jolie Marie Laforêt est à mourir de rire ! Du très bon cinéma ! Brigitte Bardot en tragique Bavaroise, Alain Delon en noble moyenâgeux, Jean-Paul Belmondo en duc perruquè, Philippe Noiret en Roi Soleil, Simone Signoret en demi-mondaine vieillissante, Pierre Brasseur en duc Ernest de Wittelsbach, Edwige Feuillère en comèdienne cèlèbre...A partir d'une B.D de "France Soir", le cinèaste Michel Boisrond retrace quatre histoire d'amour ("Lauzun", "Jenny de Lacour", "Agnès Bernauer", "Les comèdiennes"), à quatre èpoques diffèrentes, sur des dialogues de Jacques Prèvert et Marcel Achard! Une fantaisie sympathique des annèes 60 où Boisrond mise beaucoup sur le couple Bardot-Delon et qui vaut surtout pour sa distribution prestigieuse...


 

En 1960, Jean-Paul Rappeneau collabore avec Louis Malle et signe l’adaptation cinématographique de Zazie dans le métro (1960). A cette occasion, les deux hommes se lient d’amitié et préparent de nouveaux projets en commun. Au cours d’un repérage, ils sillonnent la Bretagne et découvrent une magnifique demeure qui donne à Rappeneau l’idée d’un nouveau script dont il rêve d’assurer la mise en scène, La Vie de château. Pour cette comédie, le scénariste imagine un couple que tout oppose : Jérôme, un homme tranquille et casanier et son épouse, Marie, une jeune femme aussi belle que pétillante. Tout deux habitent un château et tandis que le premier se contente d’une vie simple, Marie s’ennuie et rêve de Paris...
Rappeneau couche ses premières idées sur le papier tout en poursuivant son travail de scénariste sur quelques longs métrages parmi lesquels L’Homme de Rio (Philippe de Broca, 1964) ou La Fabuleuse aventure de Marco Polo (Denys de La Patellière, 1965). Lors de l’écriture, l’idée de transposer La Vie de château au printemps 44 dans la région du Débarquement allié s’impose peu à peu. En effet, cette époque évoque de nombreux souvenirs d’enfance au scénariste qui souhaite les faire revivre devant la caméra. L’idée du tournage dans la belle demeure bretonne est donc abandonnée et cède sa place à la région d’Arromanches. L’enthousiasme et la créativité de Jean-Paul Rappeneau éclatent alors sur le papier. Très rapidement, il boucle sa première version du scénario et part en quête d’un producteur. Cependant, l’idée d’une comédie se déroulant pendant la guerre, associée à la volonté de Rappeneau de faire ses premières armes derrière la caméra, paraît trop risquée pour la majorité des maisons de production françaises. Robert Dorfmann, producteur de renom et accessoirement père du réalisateur de Vercingétorix (Jacques Dorfmann, 2001), est tout de même séduit par l’idée et envisage de produire le long métrage. Il finit malgré tout par abandonner le script de Rappeneau mais sa tentative ne demeure pas sans conséquences puisque, une année plus tard, il sera à l’origine de la plus fameuse des comédies sur fond de Seconde Guerre mondiale : La Grande vadrouille (Gérard Oury, 1966) avec Louis de Funès et Bourvil.



 


Jean-Paul Rappeneau se retrouve à nouveau seul. Nullement découragé, il lui faudra toutefois du temps pour rebondir et prendre les rênes de la production. A la tête de son projet, il contacte Claude Sautet afin d’améliorer la dramaturgie et les dialogues du script. Les deux hommes apprennent rapidement à se connaître et collaborent pendant deux semaines dans une ambiance de franche rigolade ! Sautet aime le texte de Rappeneau et s’amuse à en dynamiser les gags. Parallèlement, ils imaginent le casting idéal de cette comédie : Rappeneau rêve d’un duo unissant Louis Jourdan à Catherine Dorléac, mais Sautet lui déconseille le comédien exilé aux USA et l’incite à engager Philippe Noiret. Peu à peu, l’idée fait son chemin et Rappeneau contacte Noiret qu’il avait rencontré sur Zazie dans le métro. Séduit par le texte et l’enthousiasme du cinéaste en herbe, l’acteur, originaire de Lille, accepte le projet avec entrain. Reste à convaincre Dorléac, alors très courtisée pour incarner des rôles de comédie. Rappeneau essaie par tous les moyens de la rencontrer mais il se heurte à son emploi du temps chargé et ne trouve pas moyen de planifier un tournage en sa compagnie... 



                               



N’imaginant pas une autre actrice pour incarner Marie, le cinéaste désespère de pouvoir enfin lancer ses premiers tours de manivelle ! C’est alors que Nicole Stéphane, coproductrice du projet, lui soumet le nom de Catherine Deneuve. La jeune sœur de Françoise Dorléac (que le public a découverte dans Les Parapluies de Cherbourg de Jacques Demy en 1964) possède tous les atouts pour donner vie à ce personnage. Belle, pétillante et dotée d’un débit vocal hallucinant, elle semble correspondre en tous points au style que veut insuffler Jean-Paul Rappeneau à sa mise en scène. Le réalisateur la rencontre et tombe immédiatement sous son charme. Catherine Deneuve évoque ce choix dans un ouvrage consacré à sa sœur : "Je vois bien pourquoi, n'ayant pas engagé Françoise, Jean-Paul a pensé à moi. Dans la famille, tout le monde s'exprime à toute vitesse, c'est un truc que nous avons en commun. Or Rappeneau adore les actrices qui parlent vite, c'est une musique qui lui plaît, un rythme de parole qui convient bien à la comédie." 


 



Pour compléter ce casting, Henri Garcin vient apporter son dynamisme au rôle de Fabien (le jeune Résistant) tandis que Mary Marquet et Pierre Brasseur incarnent le terrible duo de parents (Charlotte la mère de Jérôme et Dimanche le père de Marie). En juillet 1965, Rappeneau peut enfin démarrer le tournage qui, d’après les différents témoignages, se déroule dans une joyeuse ambiance. Certes, Catherine Deneuve rappelle les quelques coups de gueule de Pierre Brasseur mais le "sale" caractère du comédien est compensé par son immense talent. Une fois le tournage bouclé, le film part en en post-production et sort le 25 janvier 1966 dans les salles françaises. Le public et la critique plébiscitent cette première œuvre qui obtient le Prix Louis Delluc ; le coup d’essai de Jean-Paul Rappeneau est un coup de maître ! Mais au fond, à quoi tient la réussite de La Vie de château ? A sa mise en scène audacieuse, à l’originalité de son script ou à l’incroyable fraîcheur de son casting ? Certainement à une subtile alchimie de chacun de ces éléments...

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