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samedi 28 juin 2014

Ventura - Pinoteau

Le massif Lino Ventura et le sage et académique Claude Pinoteau ont tourné quatre films ensemble. Deux très bons (« LE SILENCIEUX » et « LA GIFLE »), un moyen (« LA SEPTIÈME CIBLE ») et un… très moyen : « L'HOMME EN COLÈRE », filmé à Montréal.
On a déjà souvent vu notre bon Lino en homme seul contre tous, lancé dans une quête de vérité au péril de sa vie. Ce fut une thématique récurrente de sa fin de carrière, que ce soit chez Deray ou Rosi. Ici, il recherche son fils au Canada, lui-même traqué par des malfrats et par la police. Le scénario n’a rien d’original, mais en vaut un autre.
Le problème vient des options prises par les auteurs au départ : visuellement, le film n’a rien de la patine habituelle de la « Qualité France ». C'est torché au zoom, charbonneux, monté à la tronçonneuse et la musique fait mal aux ouïes. De plus, le choix de tout doubler en français sans accent, rend le film presque abstrait. Aucun « local » n’a l’accent si caractéristique de nos amis Canadiens, on reconnaît les voix des doubleurs stakhanovistes de films U.S. (et même Marcel Bozzuffi, au passage !), Angie Dickinson jouant une serveuse américaine exilée, parle un français châtié et Ventura lui-même s’est postsynchronisé ! Cette bouillie sonore fait ressortir les invraisemblances du scénario, ses naïvetés et ôte toute crédibilité au film, en le privant d’une facette « poisson hors de l’eau » qui en aurait certainement fait tout le prix.
Reste un suspense pantouflard et languissant, dont on saisit mal les tenants et aboutissants. On prend le temps de se raconter, de s’expliquer, des flash-backs affreusement mal intégrés viennent rompre régulièrement le rythme et le film s’achève abruptement en queue de poisson.


   


Reste la « gueule » burinée et tourmentée d’un Ventura en service minimum, qui a déjà joué ce rôle bien des fois et a ici juste changé la couleur de son imper. Angie Dickinson, belle bien sûr, sert essentiellement de chauffeur à son partenaire. Quant à Donald Pleasence, il passe en voisin, pour jouer les entremetteurs ambigus et gloussants.
Notons enfin – c'est trop ancien pour être un ‘spoiler’ ! – que l’ami Lino écope à la fin, de la célèbre « Balle-Dans-L’épaule-Sans-Gravité-Qui-Cicatrise-Rapidement », qui lui permettra de retrouver Angie après le mot « FIN » !



                                 

Chez Claude Pinoteau, l'intrigue s'est souvent renouvelée avec Lino Ventura. Pour son premier film, Le Silencieux (1972), une histoire d'espionnage inspirée du roman de Francis Rick et adaptée d'un Jean-Loup Dabadie dans ses meilleures années, Pinoteau offre à l'ancien catcheur l'un de ses rôles taciturnes qu'il adore. On les retrouve ensemble dans deux autres films d'action : "L'Homme en colère" et "La Septième cible". 
Les auteurs ont construit une intrigue un peu téléphonée pour donner à Lino Ventura un rôle exemplaire : bafoué, vaguement maso, il subit et prend des coups, attendant le moment où sa patience sera à bout pour prendre les choses en main ; l'acteur est parfait dans ce type de personnage buté. Les seconds rôles, censés étoffer l'intrigue, sont assez inégaux. C'est le type même du polar d'espionnage vu cent fois, qui a disparu du cinéma français en même temps que la génération d'acteurs qui l'interprétait. On ne le pleurera pas..
Gaumont souhaitait rassembler à nouveau les protagonistes du succès de La Boum : Pinoteau, Dabadie et Sophie Marceau. Après avoir donné son accord dans un premier temps, puis finalement soucieuse de sortir de cette image, cette dernière préféra se lancer dans l'aventure de L'Amour braque d'Andrzej Zulawski (qu'elle devait épouser par la suite), libre adaptation de L'Idiot de Dostoïevski. Le rôle échut à Elizabeth Bourgine et fut mis légèrement en retrait dans la version finale du scénario.
Le concerto pour violon, composé par Vladimir Cosma pour la fin du film (Concerto de Berlin), est interprété par Ivry Gitlis et l'orchestre philharmonique de Berlin sous la direction du compositeur.Dernier grand rôle de Lino Ventura.


   

Un des plus beaux thèmes écrits pour le cinéma par Vladimir Cosma est sans doute celui de « la septième cible », policier réalisé par Claude Pinoteau en 1984 avec Lino Ventura, Jean Poiret et Elisabeth BourgineCe n’est pas un des plus grands films du réalisateur pour des raisons diverses : Lino Ventura n'était pas très en forme pendant le tournage, désistement au dernier moment de Sophie Marceau qui devait jouer le role de la violoniste fille de Lino et qui a obligé le réalisateur a engager au pied levé Elisabeth Bourgine C’est pourtant un film que je ne me lasse pas de revoirVladimir Cosma a composé carrément un concerto pour violon pour le film intitulé « Concerto de Berlin » qui est interprété par le grand violoniste Ivry Gitlis.



               

Après quelques mesures d’intro qui annoncent déjà le thème principal, le deuxième thème que l’on entend pour la première fois dans le film à la clarinette dans une scène de tendresse entre Lino et son fils (qu’il borde en rentrant chez lui)2)Après une intro en forme de fandango (hommage à « la mort aux trousses »?) qui introduit le suspense, le thème principal apparait très lyrique, une superbe mélodie que l’on peut entendre dans cette très longue scène finale du film ou l’on voit l’orchestre de Berlin interpréter le concerto (la fille de Lino dans le film interprétée par Elisabeth Bourgine est violoniste) et en même temps une poursuite mémorable dans le Berlin avant la chute du mur entre Bastien (Lino Ventura) et Hagner Petite anecdote : Vincent Delerm qui a rendu hommage dans son dernier album à François de Roubaix (« François de Roubaix dans le dos ») a aussi rendu hommage à Cosma et à la septième cible dans l’une de ses chansons improvisées en live en bis à la fin de son spectacle (sur le thème principal)...

1 commentaire:

  1. http://bhi5kqfi2d.1fichier.com/
    http://5zvb3dq47f.1fichier.com/
    Zik : http://ulozto.net/xeNfnGd/vladimir-cosma-la-7eme-cible-zip

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