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mercredi 11 juin 2014

Minnelli

Vincente Minnelli est né le 28 février 1913 à Chicago, Illinois. Dès l'âge de 3 ans, il fait partie de la troupe familiale ambulante "The Minnelli Brothers Dramatic and Tent Show". Études secondaires à Chicago, où il fait preuve d'une sens du dessin remarquable. Aide-photographe, il est engagé en 1929 par la chaîne de théâtres Balaban and Katz où il dessine les décors et les costumes. Il entre au Paramount Theatre de New York et devient, en 1933, directeur artistique du Radio City Music Hall. Il est ensuite metteur en scène et décorateur de shows pour Broadway, de 1935 à 1939.
En 1939, il est invité par la MGM, en la personne d'Arthur Freed. Durant deux ans il s'initie à la comédie musicale, et filme quelques numéros musicaux avec Judy Garland. En 1947, Minnelli tournera la séquence finale de Lovely To Look at. En 1942, Arthur Freed lui confie la réalisation de Un petit coin aux cieux, son premier film. C'est le début d'une longue carrière qui s'est faite uniquement au sein de la MGM (à l'exception de 3 films).
De 1942 à 1955, Minnelli tourne en majorité des comédies musicales qui ont été produites par Arthur Freed. Minnelli a travaillé avec les plus grands noms du musical : Fred Astaire, Gene Kelly, Judy Garland, Cyd Charysse, etc. Il a su renouveler la comédie musicale de l'après-guerre. Son sens du décor et des couleurs illustre à merveille ce monde du chant et de la danse, du rêve et de l'imaginaire. Kelly et Astaire ont certainement dansé leurs plus beaux ballets avec lui. Un américain à Paris reçut 8 Oscars, les Ensorcelés 6 Oscars.



   

Avant d’être un film, Brigadoon fut unsuccès à Broadway en 1947. Les auteurs en étaient Alan Jay Lerner et Frederick Loewe. Dès 1951, Lerner travailla à une adaptation cinématographique pour Gene Kelly. Sa mise en chantier fut retardée car, grisé par le succès et les producteurs lui donnant quasiment carte blanche, Gene Kelly tenait absolument à son idée de réaliser un projet ambitieux, un film entièrement dansé. Ce sera Invitation à la danse qui, finalement se révèlera être un fiasco commercial et un échec critique. En 1953, après quelques années de phases d’expérimentation bouillonnantes aux résultats artistiques plus que probants (les "avant-gardistes" Yolanda and the Thief et Le Pirate, le tournage hors-studio de On the Town, le ballet impressionniste d'Un Américain à Paris, le ballet Broadway Melody dans Chantons sous la pluie), l’acteur et le réalisateur manquent d’enthousiasme quand il s’agit de s’attaquer à l’adaptation d’une comédie musicale dont ils pensent qu’elle marquerait un net recul artistique et plastique après toutes ces brillantes réalisations. 


                                


De plus, tout n’est pas à l’optimisme pour les grands studios qui commencent à marquer la pas financièrement. Le départ de Louis B. Mayer n’est pas là pour rassurer les producteurs, les bénéfices stagnent et la télévision entame sa conquête du public des salles obscures. Il faut contre-attaquer la petite lucarne en lançant de nouvelles techniques avec, entres autres, l’écran large (pour la MGM le Cinémascope). Cette dernière trouvaille technique ne vas pas arranger les affaires de Minnelli qui devra tourner deux versions de son film, l’une donc en format Scope, l’autre dans le standard de l’époque, le 1.37 pour les salles non équipées d’écrans larges. Le cinéaste dira d’ailleurs qu’il a détesté sur ce film l’utilisation du scope (« Brigadoon était mon premier film en Cinémascope. Je détestais cet écran géant »). Il s’en fera pourtant par la suite une spécialité et il est difficile d’imaginer aujourd’hui des films comme Lust For Life, Gigi, Home From the Hill ou Some Came Running dans un format plus restreint tellement Minnelli se sert et remplit à merveille cet immense rectangle.


               


En juillet 1955, Minnelli part en France et en Belgique pour tourner La vie passionnée de Van Gogh. On conserve pour lui artificiellement un champ de blé dans le Midi. Kirk Douglas (Van Gogh), et Anthony Quinn (Paul Gauguin) recevront un Oscar pour leur interprétation.
Depuis 1956, la comédie musicale est un genre qui se meurt lentement (en raison, surtout, de son prix de revient trop élevé pour les studios). Aussi Minnelli tourne-t-il surtout des comédies musicales sans chorégraphie, ou des comédies avec chansons ; et, de plus en plus, des drames et des mélodrames. En 1958, c'est Gigi, film aux neuf Oscars, qui consacre Minnelli
En 1957-1958, deux comédies : La femme modèle avec Lauren Bacall et Gregory Peck et Qu'est-ce que maman comprend à l'amour ?, avec Rex Harrison et Kay Kandall, entièrement tourné en studio à Paris. Puis deux mélodrames : Comme un torrent avec Frank Sinatra, Shirley MacLaine (un Oscar pour son interprétation) et Dean Martin, et Celui par qui le scandale arrive, avec Robert Mitchum et George Peppard. 


    

Une comédie presque musicale, avec quelques pas de danse esquissés : Un numéro du tonnerre, avec Judy Holliday et Dean Martin.
En 1961, Minnelli vient de nouveau en France où il tourne Les quatre cavaliers de l'Apocalypse, remake du film avec Rudolph Valentino, avec Glenn Ford et Ingrid Thulin. Puis il tourne en Italie Quinze jours ailleurs avec Kirk Douglas et Cyd Charisse; un film sur le cinéma ou Les ensorcelés dix ans après!


                                 


En 1964, Minnelli est "prêté" par la M.G.M. à la Fox pour Au revoir Charlie, avec Tony Curtis et Debbie Reynolds, une comédie sur le changement de sexe. En 1965, c'est Le chevalier des sables, avec Elizabeth Taylor et Richard Burton (les intérieurs ont été tournés dans les studios de Boulogne, à Paris). Puis de 1965 à 1967, Minnelli travaille avec Arthur Freed (mort en 1973) sur un projet monumental Say it with music, basé sur l'œuvre musicale d'Irving Berlin. Un ballet final était prévu. Mais la M.G.M. abandonne le projet.
Minnelli, après une association de vint-cinq ans avec la M.G.M., devient un "indépendant" en 1968. Il tourne en 1970 pour la Paramount Melinda, avec Barbra Streisand et Yves Montand. En 1975-1976, il tourne en Italie A matter of time (inédit en France) avec Liza Minnelli et Ingrid Bergman, d'après le roman de Maurice Druon "La volupté d'être". En 1974, il écrit un livre de souvenirs "I Remember It Well". Il meurt le 25 juillet 1986 à Hollywwood...

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