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samedi 14 juin 2014

Le Collier de La Mort

Un titre qui en dit long… et parvient malgré tout à ne révéler que la partie émergée de cet iceberg cinématographique fatal qu’est Le Collier de La Mort!
Pour fournir un aperçu plus exhaustif de cette charmante catastrophe pelliculaire, il faut préciser que ce film fut réalisé en 1962 et en noir et blanc par Terence Fisher, l’homme qui nous livra les adaptations les plus ahurissantes de Dracula (Les femelles du Vampire), et un Chien des Baskerville très très carabiné, car Terence Fisher est un récidiviste.
Ajoutons pour la couleur locale qu’il s’agit d’une production soutenue en grande partie par l’Allemagne de l’Ouest, production que vous aurez donc, en conséquence, l’obligation (à mon sens délicieuse) de découvrir doublée – soit en Allemand, soit en Français (rassurez vous, les deux sont très mauvaises), la version Anglaise étant très difficile a trouver, car passée à la moulinette de la pellicule détériorée au-delà du raisonnable, je suppose.
Dans Le Chien des Baskerville, en 1959, c’était Peter Cushing qui incarnait Sherlock Holmes, avec infiniment de flegme (à ce point, ça tient même un peu de la paralysie), face à Christopher Lee dans le rôle de Baskerville (tout en tweed, à ce propos n’essayez pas de régler l’alignement horizontal de votre téléviseur, l’image fait certes très mal aux yeux, mais l’appareil n’est pas en cause).
Christoher Lee (comme Cushing d’ailleurs) est un habitué de chez Terence Fisher: c’est lui qui le premier joua pour lui Dracula (Cushing tenait alors le rôle de Van Helsing et souffrait toujours de rhumatisme paralysant), mais aussi La Momie, toujours en 1959, car chez Terence Fisher, produire 5 films en un an, c’est possible!


   

Tout ça pour vous dire que dans Le Collier de La Mort (quel bon titre non mais quel bon titre), Sherlock est joué par Christopher Lee, qui a une nette tendance à être né pour le rôle. Watson quant à lui est joué par le “mémorable” Thorley Walters, abonné des films d’épouvante de la Hammer. Pas de Peter Cushing cette fois-ci, le budget ne le permettait pas (c’est dire s’il était restreint, le budget!).
Tout cela pourrait sembler à la limite du classique bon enfant, tendance “plan-plan”. C’était sans compter sur Terence Fisher! Heureusement, notre réalisateur fou peut en effet s’appuyer sur un scénario très très lourd de Curt Siodmak (The Wolfman, tout de même, l’original avec Lon Chaney Jr – un éclair de génie qui, rassurez-vous, ne fut jamais renouvelé).


                 


Car outre le titre pompier à souhait, Siodmak est responsable du scénario le plus hallucinant de l’histoire de Sherlock Holmes (Monsieur D., reprenez votre respiration): le vilain Moriarty affronte Sherlock dans les égouts, à la poursuite d’un collier qui tue (si, si), même qu’il était à Cléôpatre, le collier, alors il va bien y avoir une momie, hein, dites, et des serpents? Super! Et un sarcophage mystère, on peut? Accordé! Tout ce qu’il manque, c’est un ptérodactyle, sans quoi la lecture des Aventures d’Adele Blanc-Sec par Tardi vous donneront une excellente idée de la tonalité et de la crédibilité générale de ce film.
Et puis il y a tous les “raccourcis-économie-budget qui ne suit pas” dont Terence Fisher est un spécialiste: notamment, cette scène où les vilains se noient dans les égouts… c’est à dire qu’ils pataugent péniblement dans 12 cm d’eau (je ne mens pas) en prenant l’air de ne pas savoir nager. Un grand moment.


                              

Et puis tous les “non sequitur” et les bourdes attendues dans ce genre de films sont là, bien sur, et fort nombreuses – je vous laisse le plaisir de les découvrir vous-même, et d’éclater de rire aux apparitions physiquement impossibles de personnages dans des endroits où ils ne peuvent tout simplement pas se trouver, etc etc etc.
Allez, Monsieur D. (et toi aussi, lecteur nomade ou abonné), si vous voulez voir un Sherlock Holmes vraiment tout pourri du début à la fin, mais infiniment bon enfant, vous me ferez la grâce et la faveur de jeter un oeil (et pourquoi pas deux) à Sherlock Holmes et Le Collier de La Mort, un grand film de genre (même si on se demande lequel). Hilarité garantie en fin de séance – la direction déclinant toute responsabilité quant aux hoquets inextinguibles qui peuvent intervenir à la suite du visionnage de cette… oeuvre.

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