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mardi 24 juin 2014

Balzac

Balzac est né à Tours, où les hasards d'une carrière administrative avaient conduit son père, dans une famille de bourgeois à la fois nantis et incertains, quelque peu bohèmes, ayant eu richesse et puissance, mais, pour les avoir en partie perdues, restés toujours à l'affût, toujours en calculs et en spéculations. Balzac n'était d'une terre et d'un milieu naturel que par hasard et tourangeau que d'occasion, alors que Chateaubriand était breton, alors que Péguy sera vraiment orléanais et Barrès lorrain : son enracinement, à lui, n'était pas provincial et terrien, mais social et politique ; c'était cette « France nouvelle », décloisonnée, brassée par la Révolution, lancée aussi bien, un moment, dans une grande aventure collective, que, de manière plus durable, dans la ravageuse épopée de l'ambition. Du côté paternel : la réussite d'un berger de l'Albigeois, parti à pied, devenu secrétaire du Conseil du roi puis ayant fait carrière comme directeur des vivres (à Tours puis à Paris, pour la première région militaire de France) ; la tradition philosophique, le progressisme raisonné, un peu naïf ; la fierté d'avoir été, avec la Révolution et l'Empire, de cette classe d'hommes nouveaux et d'organisateurs qui avaient contribué à la libération d'une humanité fruste mais entreprenante et vigoureuse. Du côté maternel : une lignée de commerçants, la bourgeoisie peu politisée de la rue Saint-Denis et sensible aux écus ; une jeune mal mariée, jetée pour des raisons de fortune à un quinquagénaire ; des liaisons, un fils adultérin, l'indifférence, voire la haine, pour les deux plus jeunes, Laurence et Honoré, « enfants du devoir » ; des soucis de respectabilité ; des souffrances réelles aussi.  


                 

De huit à quatorze ans, Honoré est pensionnaire du collège des oratoriens de Vendôme, où il se livre à une débauche de lectures, se passionne pour les idées et la philosophie, et sans doute commence quelque chose qui ressemblait à ce Traité de la volonté dont il devait parler dans la Peau de chagrin et dans Louis Lambert.
À la fin de l'année 1813, il découvre la vie parisienne. C'est la grande époque de l'Université restaurée : Balzac suit les cours de Villemain, Guizot, Cousin ; il va écouter Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire. Il veut alors être philosophe ; il accumule notes et ébauches ; il est matérialiste convaincu ; il reproche à Descartes d'avoir « trahi » et se proclame disciple de Locke. Mais il veut aller plus loin que ses premiers maîtres sensualistes et idéologues ; il a médité les leçons de Cousin, qui lui a fait découvrir Thomas Reid et sa philosophie du sens intime et de la « seconde vue ». Lavater et Gall, que lui a fait connaître le docteur Jean-Baptiste Nacquart, un des plus proches amis de la famille Balzac, sont ses maîtres : il retiendra d’eux que tout est explicable à partir du visible et du physique ; mais il tente déjà, comme il le fera toute sa vie, d'intégrer le matérialisme descriptif et explicatif à une philosophie de l'aventure humaine et de son mouvement.  Premier obstacle : sa famille veut le faire notaire. Il refuse. Il veut faire sa fortune par une œuvre littéraire. 


   



En 1819, il s'enferme dans une mansarde de la rue Lesdiguières à Paris, et il entreprend, pour réussir dans ce qu'on appelle alors « littérature » (poésie lyrique, histoire, philosophie, théâtre), d'écrire une tragédie, Cromwell (1819), péniblement imitée des maîtres classiques. Pour vivre, il va se faire romancier mercenaire : il travaille pour des officines qui ravitaillent en romans les cabinets de lecture. C'est le début d'un pénible apprentissage. Le jeune homme apprend à connaître le monde des éditeurs et des petits journaux ; il découvre ce par quoi doit passer le talent lorsqu'on n'a pas l'indépendance et la fortune. Il fait, en profondeur, l'expérience de l'envers de la société libérale.
L'histoire de cette première production, parue sous les pseudonymes de lord R'Hoone et Horace de Saint-Aubin, est aujourd'hui bien connue. Balzac y exploite la tradition ironique du roman gai et de la satire parodique (l'Héritière de Biraque et Jean Louis, 1822). Le Vicaire des Ardennes et le Centenaire (fin 1822) se réclament, eux, du roman philosophique et du roman sentimental ; Balzac commence à s'y exprimer par l'intermédiaire de héros jeunes et beaux, et amorce la peinture des milieux et des types. Il aborde aussi les thèmes de la vie privée et met en place ses premières figures de jeunes filles : Annette et le Criminel (1823, réédité en 1836 sous le titre plus connu d'Argow le pirate), roman de l'amour d'une jeune bourgeoise pour un hors-la-loi, et surtout Wann Chlore, roman réaliste et intimiste dans la lignée de Jane Austen (Orgueil et Préjugés), commencé en 1822 et publié seulement en 1825, qui s'inspire directement du drame familial qui s'est joué entre Mme Balzac et sa fille Laurence.  



         

Fin 1823, Balzac fait la connaissance d'Horace Raisson (1798-1852), un autre polygraphe, qui le fait pénétrer dans de nouveaux cercles de la vie parisienne. Tous deux collaborent au Feuilleton littéraire, qui soutient d'abord Saint-Aubin, puis le brise comme les petits journaux briseront son futur personnage Lucien de Rubempré. Est-ce parce que Balzac a opéré, ou semblé opérer, comme le héros d'Illusions perdues, un quart de conversion à droite ? Au début de 1824, il a publié deux brochures anonymes, certainement bien payées, peut-être provocatrices : Histoire impartiale des Jésuites et Du droit d'aînesse. Travaux de libraire, mais dans lesquels l'auteur expose des idées directement antilibérales sur l'unité, sur l'autorité, et auxquelles il ne renoncera jamais.
À l'automne 1824, Balzac se lance dans une opération de librairie avec son nouvel éditeur Canel : publier une édition à bon marché de Molière, puis de La Fontaine. La spéculation tournera court, ne laissant que du passif.
Après l’échec de Wann Chlore, en 1825, Balzac, malade, abandonne la littérature. Il trouve une aide financière auprès de Laure de Berny (1777-1836), femme mûrissante qui lui tient lieu à la fois de mère et d'initiatrice amoureuse et mondaine, et il se fait imprimeur, puis fondeur. L'expérience durera deux ans, tournant elle aussi au désastre. Seul un prêt de sa mère empêchera le déshonneur, mais ce prêt ne sera jamais remboursé et pèsera sur sa vie entière.  






 En 1828, ayant totalement échoué comme « industriel », Balzac n'a plus qu'une ressource pour gagner sa vie : reprendre la plume. Honoré de Balzac, les ChouansHonoré de Balzac, les Chouans Il écrit un roman sur les guerres civiles de Vendée : le Gars, titre remplacé par le Dernier Chouan et que Balzac publie en 1829 (→ les Chouans). Le modèle est évidemment l'écrivain écossais Walter Scott, mais Balzac, admirateur récent des saint-simoniens, nourrit son roman historique de deux thématiques nouvelles : celle de la vie privée (la femme abandonnée, la femme dans la Révolution) et celle de la critique antilibérale. Le livre, cette fois, ne passa pas totalement inaperçu. On le compara même à Cinq-Mars, et pour le déclarer supérieur à l'ouvrage du comte de Vigny. Ce n'était encore qu'un in-12 pour cabinet de lecture, mais c'était assez sans doute pour faire admettre à Balzac que sa voie était tracée : désormais, il ne quittera plus jamais la littérature. Il entre de manière plus sérieuse dans les milieux de la presse et de la librairie. Il devient l'ami de Latouche, fait sans doute la connaissance personnelle de Stendhal. Ses activités se développent dans deux directions : il devient l'un des animateurs du Feuilleton des journaux politiques, feuille saint-simonienne, et collabore à la première Presse de Girardin, ayant ses entrées à la Silhouette et à la Caricature, vivant alors l'expérience qu'il prêtera plus tard à Lucien de Rubempré dans Illusions perdues. Par ailleurs, il écrit une Physiologie du mariage (commencée en 1826, mais qui n'est achevée que fin 1829) et entreprend une série de Scènes de la vie privée, dont les premières paraissent en mars 1830. C'est en février 1830 qu'il utilise pour la première fois la particule devant son nom dans une publication en revue.
Source et suite : http://www.larousse.fr/encyclopedie/personnage/Honor%C3%A9_de_Balzac/107350

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