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jeudi 19 juin 2014

Alfred Adam

C’est à Asnières-sur-Seine que Alfred Adam voit le jour le 4 avril 1908. Après des études en génie civil, il est reçu au conservatoire de Paris et entre dans la classe de Louis Jouvet. En 1933, il débute sur scène avec un petit rôle dans le «Napoléon» de Saint-Georges de Bouhélier au Théâtre de l’Odéon. Puis, il suit son professeur au Théâtre de l’Athénée où il joue quatre pieces de Jean Giraudoux et une de Steve Passeur entre 1935 et 1937, toutes mises en scène et interprétées par Louis Jouvet.
En fidèle disciple de Jouvet, Alfred Adam entame sa carrière cinématographique à ses cotés dans «La kermesse héroïque» de Jacques Feyder en 1935. Artiste accompli, il joue tous les rôles possibles. Gangster dans «Un carnet de bal» (1937) de Julien Duvivier, il devient médecin dans «Les gens du voyage» (1937) de Jacques Feyder ou dans «La famille Duraton» (1939) de Christian Stengel. Anarchiste dans «Boule de suif» (1945) de Christian-Jacques, il est le Prince Joachim Murat un de ses rares rôles en tête d’affiche dans «Les beaux jours du Roi Murat» (1946) de Théophile Pathé, manager du boxeur Marcel Cerdan «dans «L’homme aux mains d’argile» (1949) de Léon Mathot, le shérif dans «L’ennemi public N° 1» (1953) de Henri Verneuil, le chef de la DST dans «Le fauve est lâché» (1957) de Maurice Labro, l’avocat-général dans «L’étranger» (1967) de Luchino Visconti ou le Maréchal de Villeroy dans «Que la fête commence…» (1973) de Bertrand Tavernier.


 


Comme Robert Wise, un an plus tôt dans Mademoiselle Fifi, Christian-Jacque adapte deux textes courts de Maupassant, Mademoiselle Fifi et Boule de suif.
Les deux nouvelles traitent du même sujet, la résistance à l'occupant, et sont assemblés afin de produire une intrigue qui dure le temps d'un long-métrage. Pour Mathilde Labbé , Université Paris III :
"si leurs sujets sont proches, « Boule de suif » et « Mademoiselle Fifi » tiennent deux discours fort différents sur la guerre franco-prussienne. La première fait le récit d’une résistance impossible – un échec –, là où la seconde raconte avec enthousiasme un fait de gloire dont le narrateur tire une morale. Entre un récit déceptif et un apologue engagé, la couture est difficile. Entre le rire et la pitié, les deux films mettent en scène deux Boule de suif incompatibles. Christian-Jaque réalise une farce triste, quand Robert Wise tourne une tragédie grinçante.


                           

Pour coudre ensemble les deux récits, les scénaristes ont chaque fois choisi de faire un seul et même personnage de Boule de suif et de Rachel, l’héroïne de « Mademoiselle Fifi». Cependant, ils ont réparti différemment les rôles entre personnages restants et personnages sortants au moment de la « couture ». Dans le film de Wise, les personnages qui réapparaissent sont Boule de suif, Cornudet (qui devient résistant et affronte les Prussiens à Cleresville), l’abbé Chantavoine (qui recueillera Boule de suif après sa fuite à la fin de l’histoire), le lieutenant de l’auberge (qui sera aussi le lieutenant Von Eyrick) et Mademoiselle Fifi. Dans le film de Robert Wise, distribué au Royaume-Uni sous le titre The Silent Bell (La Cloche silencieuse), c’est une intrigue secondaire qui crée l’intertextualité entre les deux récits : le curé de Cleresville, qui refuse de sonner la cloche, est un ami de Boule de suif. 


                                

Ancien truand, ancien agent du 2e Bureau, Paul Lamiani est devenu un honnête père de famille, patron de restaurant. Un jour, la D.S.T. le fait appeler et lui demande de renouer avec un dénommé Raymond qui, truand mêlé à un trafic de documents touchant la Défense Nationale.
 Paul refusant de coopérer, la DST le compromet alors dans une affaire de faux dollars, montée par elle de toutes pièces. Paul est obligé de céder : on simulera son évasion, et il ira demander refuge à son copain. Le scénario se déroule comme prévu par la DST. Raymond accueille Paul à bras ouverts. Raymond, peu de temps après, est tué par des hommes de sa bande qui veulent le « doubler ». Avant de mourir, il demande à Paul de veiller sur sa petite amie Nadine.
Paul s'acquitte de cette tâche et se rend au Havre où le lieutenant de Raymond devait lui remettre les fameux papiers volés. Mais ces papiers ont disparu. Paul s'est à peine aperçu de cette disparition qu'il tombe entre les mains de la bande rivale. Il réussit à s'échapper après une dramatique poursuite dans les falaises d'Etretat.
 Revenu à Paris, Paul s'aperçoit, en rendant visite à Nadine, que l'ancienne maîtresse de Raymond détient le secret tant cherché. C'est elle qui a gardé les documents qu'elle espérait monnayer pour son propre compte. Au moment où il s'apprête à porter ceux-ci à la D.S.T., il est averti que la bande rivale vient de kidnapper son fils. On lui rendra l'enfant contre les documents.

   


C'est alors que le « fauve » se déchaîne. Après bien des difficultés, bien des bagarres, il finit par contacter la bande. A l'heure et à l'endroit fixés, les gangsters l'attendent. Paul leur abandonne les papiers en échange de son gosse. Mais la victoire des bandits est de courte durée. Pris en chasse par la D.S.T., ils sont tous arrêtés ou abattus. Paul pourra de nouveau vivre en paix dans sa famille.
Ce parcours au cinéma bien rempli, n’empêche par Alfred Adam de se construire parallèlement une belle carrière théâtrale. Après son apprentissage avec Louis Jouvet, il donne à son tour des cours d’art dramatique au Théâtre de Pigalle. Il travaille avec Charles Dullin pour «La femme silencieuse» de Marcel Achard en 1940 au Théâtre de Paris. 


                  

Jusqu’à la fin des années soixante, le comédien se produit sur toutes les grandes scènes parisiennes et de province avec des pièces de, entre autres: Jean Anouilh pour «Eurydice» (1941), Félicien Marceau pour «La bonne soupe» (1958), Marcel Aymé pour «Consommation» (1963) et George Bernard Shaw pour «Pygmalion» (1967). En 1944, il entre à la Comédie Française. Après avoir interprété des œuvres de Molière, Alfred de Musset et Shakespeare, il quitte le Français l’année suivante. Alfred Adam est également un auteur à succès avec des pièces telles que: «La fugue de Caroline», «La fête du gouverneur», «Many», «Bateaux en Espagne», «La terre est basse», mais surtout «Sylvie et le fantôme» créée au Théâtre de l’Atelier en 1942 et qui sera adaptée à l’écran par Claude Autant-Lara, en 1945, avec Odette Joyeux en vedette.

Robert Dhéry (excellent) est Marcel Perrignon un ouvrier qui travaille au dé-tubage dans une usine de la banlieue parisienne qui achète une voiture américaine cédée pour la somme dérisoire de 500 F dans cette excellente comédie burlesque (très british) réalisé par Robert Dhéry écrit par Robert Dhéry et Pierre Tchernia ou on trouve des acteurs comme Alfred Adam (très bien) qui joue Alfred, l'ami de Marcel qui voulait lui vendre sa moto, Colette Brosset (très bien) qui joue Paulette Perrignon, la femme de Marcel, Pierre Dac qui joue le colonel, Bernard Dhéran qui joue M. Jean, Annie Ducaux qui joue Mme Lucanzas, la bourgeoise qui vend la Belle Américaine a Marcel (qui se venge de son mari décédé, pour que la maitresse de ce dernier, n’hérite pas de la voiture), Jacques Fabbri (excellent) qui joue Le gros, Louis de Funès (excellent) qui joue Les frères Viralot, le commissaire de police et le chef du personnel, Bernard Lavalette (très bien) qui joue Le ministre du commerce qui va prendre sous son aile Marcel (a cause de la voiture), Christian Marin qui joue Pierrot, Jean Lefebvre qui joue Chougnasse, le (futur ex) chef comptable, Jacques Legras (excellent) qui joue Riri, le cafetier, Jean Richard qui joue le serrurier qui doit ouvrir la voiture car Marcel est enfermé (avec les clés) dans le coffre, Robert Rollis qui joue Maurice, le coiffeur dit "Le lapin", Michel Serrault (excellent) qui joue Chauveau, le clochard (un ancien pote de Marcel), Jean Carmet (excellent) qui joue Le malandrin qui veut piqué la Belle Américaine, alors que Marcel est dans le coffre, Jacques Charrier qui joue le beau automobiliste, Christian Duvaleix qui joue Le curé, Roger Pierre qui joue Le snob à la Cadillac (alors relax), Jean-Marc Thibault qui joue L'efféminé dans une soirée, Jacques Balutin qui joue l'inspecteur Balutin, Gérard Hernandez qui joue un policier et Pierre Tchernia qui joue Le speaker... 


   

La Belle Américaine marque en 1961 le grand retour de Robert Dhéry au cinéma. Disparu des écrans depuis 1954 Ah ! les belles bacchantes, adaptation cinématographique de sa propre pièce créée en 1951. Victime de l'immense succès rencontré au théâtre par La Plume de ma tante un show musical promené en Grande-Bretagne et aux États-Unis pendant quatre années, Dhéry attendit ainsi sept années avant de repasser derrière la caméra.
A sa sortie en 1961, La Belle Américaine remporta un important succès auprès du public, avec plus de 4 millions de spectateurs en salles. Un triomphe pour Robert Dhéry qui dépassera néanmoins ce score avec la complicité de Louis De Funès pour Le Petit Baigneur et ses 5, 5 millions d'entrées. Révélé au grand public dans une fameuse scène de La Traversée de Paris de Claude Autant-Lara aux côtés de Jean Gabin et Bourvil, Louis De Funès qui a fait ses premiers pas devant la caméra en 1945 est encore, à 47 ans, un "troisième rôle" que les cinéastes hésitent à solliciter. 


                  


Sa prestation dans La Belle Américaine va néanmoins le faire davantage découvrir des spectateurs qui le consacreront définitivement trois ans plus tard dans Le gendarme de Saint-Tropez et qui l'applaudiront à nouveau chez Robert Dhéry, mais cette fois-ci en tête d'affiche pour Le Petit Baigneur.
Alfred Adam est aussi à l’origine de l’adaptation de plusieurs de ses pièces pour le grand et le petit écran. En 1961, il participe au scénario et aux dialogues de «La belle américaine» de Robert Dhéry et travaille beaucoup pour la télévision à la fin de sa vie.
Personnalité du quartier de Montmartre où il vécut de longues années, Alfred Adam meurt des suites d’une crise cardiaque le 7 mai 1982 au Perreux-sur-Marne, juste après le tournage du téléfilm «La petite fille dans un paysage bleu». Il nous reste le souvenir acteur à la forte personnalité et bourré de talent, avec ses interprétations riches de composition. Une belle carrière Monsieur Adam! Pascal DONALD 

1 commentaire:

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