.

.

lundi 5 mai 2014

Richard Wilson

Richard Wilson est un producteur et réalisateur américain né le à McKeesport, en Pennsylvanie, et décédé le à Santa Monica, en Californie. Il participe comme acteur à l'émission de radio La Guerre des mondes avec Orson Welles.
Réalisateur très discret voir méconnu, Richard Wilson ne s'est fait guère connaître chez nous tant il tournera pas beaucoup, mais le peu qu'il fera, sera considéré comme étant un bon cinéma car il signera la plupart des ses dialogues en compagnie de son épouse. Richard Wilson réalisera 2 westerns lesquels sont : L'homme au fusil (Man with the gun) 1955 Le mercenaire de minuit (Invitation to a gunfighter) 1964Ces deux western ont un terme commun: l'arrivée dans une ville de l'Ouest de personnages ambiguës ayant pour rôle d'éliminer quelqu'un. 

Dans le domaine du western, Robert Mitchum venait de tourner coup sur coup dans des films de réalisateurs très réputés : pour William Wellman dans Track of the Cat puis pour Otto Preminger dans Rivière sans retour. Et juste quelques mois avant le film qui nous concerne ici, nous pouvions l’admirer dans son rôle le plus marquant, celui de l’étrange pasteur de La Nuit du chasseur (The Night of the Hunter) de Charles Laughton. La notoriété de Man With a Gun est évidemment bien inférieure. Cependant, Mitchum a accepté de faire ce film en refusant deux autres propositions et non des moindres : tout d’abord le rôle de Jett Rink (écrit spécialement pour lui) dans Géant de George Stevens ainsi que le tournage de ce qui devait être le deuxième film de Charles Laughton, une adaptation des Nus et des Morts de Norman Mailer (plus tard réalisé par Raoul Walsh). Autant dire que le comédien dut s’en mordre les doigts même si L'Homme au fusil est une jolie réussite. Il s’agissait du premier film produit par Samuel Godwin Jr. (le fils de son célèbre homonyme) dont la dernière production aura été le splendide Master and Commander de Peter Weir, ainsi que le premier film réalisé par un des protégés d’Orson Welles, Richard Wilson. Avant cette première expérience derrière la caméra, Wilson fut aux côtés de Welles régisseur du fameux Mercury Theatre, acteur radiophonique notamment dans l’adaptation de la Guerre des Mondes qui fit couler tant d’encre, et enfin producteur délégué sur deux de ses films, La Dame de Shanghaï et Macbeth. Son western, avec un faible budget, relate la traditionnelle histoire d’un tireur d’élite dont les services sont loués par les citoyens d’une petite ville afin de la "pacifier".


 
   

Après un générique sobre sur fond de trame grise, accompagné d’un thème assez grave mais immédiatement entêtant signé Alex North (qui fait d’ailleurs penser à l'un de ceux qu’il écrira plus tard pour Spartacus de Stanley Kubrick), la musique se tait et fait place à l’arrivée d’un cavalier dans la rue principale en pente d’une petite ville de l’Ouest qui ressemble à tant d’autres. Il s’agit du comédien Leo Gordon, habitué des rôles de "bad guys" dans d’innombrables westerns ou films noirs, et dont les petits yeux inquiétants (d’un bleu électrique dans les films en Technicolor) glacent le sang. Le chien d’un tout jeune garçon vient lui aboyer dessus alors qu’il avance doucement sur sa monture ; ni une ni deux, il sort son revolver et lui tire dessus, le tuant sur le coup. Le garçon vient s'effondrer et pleurer sur le cadavre de la bête tandis que l’homme continue son chemin sans se retourner. Aucun habitant ne semble pressé de venir voir ce qui s’est passé ; sont-ils apeurés ou habitués ? 


                


Un autre homme seul arrive à son tour sur un thème musical tout aussi magnifique que celui du début mais bien plus mélancolique, plus doux, presque nostalgique. Il s’agit du personnage joué par Robert Mitchum dont on peut penser au départ, à cause du thème musical qui lui est attribué d’emblée, qu'il est un homme d’une grande douceur et d’une honnêteté à toute épreuve ; l’impassible héros pur et dur de nos rêves d’enfance. Au fur et à mesure du récit, on se rendra compte que ce n’est pas vraiment le cas, que des parts d’ombre se dévoileront au sein de sa personnalité, et l'on apprendra qu’il eut un passé trouble et troublé l'ayant quelque peu déstabilisé. S’ensuivent les rencontres de Mitchum avec les habitants de la ville, et en à peine cinq minutes les bases de l’histoire, ses tenants et ses aboutissants sont posés. Tout le début du film est superbe, d’une formidable concision, d’une violence inattendue (un homme qui tue le chien d’un enfant, nous n’avions encore jamais vu ça) et d’une précision remarquable, l’austère mais splendide noir et blanc de Lee Garmes achevant de nous combler et la description des rues de la ville faisant montre également d’une belle appréhension de l’espace.

La suite ne déméritera pas même si dans l’ensemble la mise en scène manque par trop de personnalité, les scènes d’action de punch et le scénario d’intensité pour faire de Man With the Gun un grand western. De plus, on peut regretter l’apparition à mi-film du personnage du marchand de whisky dont on ne comprend pas d’emblée l’intérêt, un témoin des évènements qui se révèle d'un coup un rouage très important de l’intrigue, à l’origine d’un coup de théâtre et d’un retournement de situation qui n’étaient pas nécessaires et qui cassent un peu l’austérité de ton et le réalisme de l’ensemble. Après la fabuleuse séquence paroxystique de l’incendie du saloon par un Robert Mitchum, complètement perturbé suite à l’annonce d’une mauvaise nouvelle et qui pète littéralement les plombs, le dernier quart d’heure qui s’ensuit s’avère du coup assez décevant, également en raison de cette astuce du scénario consistant à nous révéler un guet-apens qui n’avait pas lieu d’être - à mon avis - et qui ne colle donc pas très bien avec une intrigue qui ne semblait pas devoir se transformer en histoire à suspense. 


                               


Néanmoins, l’apparition du despote dont on a entendu parler pendant tout le film sans jamais le voir est aussi forte qu’on pouvait s’y attendre ; l’imposant comédien, sans une seule parole, s'avère aussi terrifiant que nous l’imaginions, une pure incarnation du mal ! Même si le film de Richard Wilson ne peut prétendre rivaliser avec d’autres westerns plus célèbres qui décrivent les petitesses, les mesquineries et le manque de courage d’une population laissant ainsi la peur et la dictature de la violence s’installer dans leur ville, il n’en demeure pas pour autant moins passionnant la plupart du temps grâce surtout à de superbes dialogues très incisifs, à une interprétation de premier ordre de la plupart des comédiens composant un imposant casting, et à une mise en scène qui ne cherche jamais à être virtuose mais qui se montre très précise et ne rechigne cependant pas devant quelques superbes plans. Comme celui voyant Mitchum en haut de la grange tenant en joue des hommes cherchant à le liquider, cet autre de la réunion du conseil municipal se terminant par l'apparition sur le devant de la scène du même Mitchum que l’on éclaire en pleine face alors qu’il était resté jusqu'à présent dans l’ombre, ou encore celui de l'imposant lustre posé au milieu du saloon...
Dans le 2ème western cité, à noter le nom de Yul Brynner : Jules Gapard D'Estaing, portant costume sombre, jouant du clavecin et fumant le cigarillos.
Richard Wilson dans le domaine qui nous intéresse donnera que deux western, mais qui ont un certain charme et bien fournis dans l'histoire.
james.

Voilà un petit western bien atypique. Lorsqu'un tueur est engagé, rien ne se passe comme prévu.
Tout d'abord Yul Brynner est excellent. Il impose sa présence à la caméra avec un jeu des plus épuré. Je comprends maintenant pourquoi il lui a suffit de dire à McQueen qu'un seul de ses gestes auraient suffit à éclipser le jeunot sur le tournage des sept mercenaires. Il est regrettable d'ailleurs que l'histoire retienne aujourd'hui McQueen plus que Brynner qui était vraiment bon.
Ensuite Richard Wilson. Pas un génie de la mise en scène, mais des compositions de plans bien sympathiques, une gestion de l'espace maîtrisée et puis surtout de très bonnes notions de rythme. Car si ce western est très bavard et psychologique, on ne s'ennuie jamais, et les 'petites' tensions sonnent comme des duels sanglants.



                
Suite : Daily ...


Enfin, l'écriture. C'est la que le film se démarque de la production habituelle. Car tout d'un coup, on s'intéresse au méchant, alors qu'à priori ce n'était pas un film autour de lui. Un méchant qui casse les règles du manichéisme comme jamais. Un personnage qui parle, qui s'exprime, qui s'approprie le récit pour raconter son histoire au travers de non-dits. Et puis tout ce discours qui dépasse très vite la simple idée (typiquement américaine) de propriété.
Le Mercenaire de la nuit est un western atypique dans l'écriture, le film repose essentiellement sur des personnages bien construits et une interprétation de Yul Brynner bluffante. Super!


                                

Le réalisateur Richard WILSON fut un collaborateur d'Orson WELLES; cela explique peut-être la profonde originalité de ce très grand western et la grande intelligence du scénario qui envisage la logique des rapports de force avec une remarquable lucidité. C'est sans doute dans ce film que Yul Brynner trouva son plus grand rôle, tout simplement inoubliable!
Comment un tel film a t'il pu rester aussi méconnu, voilà qui pose question.

1 commentaire: