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jeudi 1 mai 2014

Raymond Massey

Raymond Massey est un acteur américain, né le à Toronto au Canada, et décédé le à Los Angeles en Californie.
Quel merveilleux acteur il fut, rappelons nous de lui dans l'excellent film de King Vidor Le rebelle (1947) aux côtés de Gary Cooper et Patricia Neal ou bien encore Les naufrageurs des mers (1942) aux côtés cette fois ci de Duke Wayne et Susan Hayward. Il avait la figure allongée, les traits marqués et fut choisit pour incarner le président Abraham Lincoln dans Abraham Lincoln de John Cromwell, puis fut un génial John Brown dans le western de Michael Curtiz La piste de Santa Fé (1940), Errol Flynn et Rony Reagan lui donnèrent la réplique. 
Deuxième collaboration Raoul Walsh / Errol Flynn, Sabotage à Berlin emprunte un ton et une tenue générale très éloignés des habituels films de guerre tournés en ce début des années 1940. En effet, se dégage de l’ensemble une certaine légèreté, à peine nuancée par quelques séquences plus dramatiques, et avant toute chose une envie d’emmener le spectateur sur des monts encore rarement atteints concernant le cinéma d’action. De fait, Raoul Walsh ne réalise rien de moins que l’un des plus percutants films d’action des années 1940, principalement grâce à une mise en images terriblement efficace, et qui influencera sans aucun doute un grand nombre de classiques tournés ultérieurement : les premiers James Bond avec Sean Connery (pour l’enchainement des péripéties et certains morceaux de musique), Indiana Jones (pour les Nazis lancés aux trousses des héros), Quand les Aigles attaquent (pour les déguisements allemands, ainsi que pour la fuite en avant explosive et décomplexée), mais aussi Mad Max (pour la scène où deux voitures manquent de se rentrer dedans au croisement d’une route et d’un panneau indicateur)… 



   

Walsh réinvente complètement le film de guerre et le transforme en film de commando avant l’heure, tout en retirant à son scénario une grande part de sa gravité. En effet, les héros semblent se sortir de la moindre embûche avec audace et bons mots, tout en commettant des actes de sabotage hautement improbables. Sabotage à Berlin va jusqu’à prendre des airs de bande dessinée où les méchants Nazis sont régulièrement mis en échec par les intelligents Alliés. Il ne s’agit cependant pas de mauvais goût ici, mais tout simplement de la volonté de réaliser un pur film de divertissement hors pair. Le discours en sera bien entendu inévitablement diminué, voire émoussé. C’est un choix, certes discutable en ces temps troublés, mais caractéristique d’une mentalité va-t-en-guerre alors très en vogue au sein des grands studios hollywoodiens...


Raymond Massey qui était canadien de naissance opta pour la nationalité américaine en 1945 et cela fut plus simple pour lui et tournera beaucoup de rôles soit à contre-emploi ou des rôles d'hommes célèbres.
Il étudia le théâtre et y gagna sa vie au début dans les théâtre londoniens avant de s'exiler outre-atlantique, sa silhouette l'aidera dans ses démarches de comédien car il devint très apprécié d'un large public.




                                

On suit les tourments du Roi David, esseulé, craint et respecté pour son statut et son pouvoir qu'il porte comme une croix car l'éloignant des rapports humains ordinaire, en amour comme en amitié. Gregory Peck livre une prestation de haut vol, sombre et torturé, manquant de confiance en soi (il est plusieurs fois suggéré qu'il est illégitime au pouvoir pour certains du fait de ces origines modeste) et parvient parfaitement à traduire les tourments et les interrogations de son personnage. L'ouverture qui nous évoque son passé de guerrier pour ensuite le plonger dans la torpeur et l'ennui des palais est particulièrement parlante à ce sujet. La scène où avec Bethsabée ils se sondent l'un l'autre avant de se déclarer leurs flamme est poignante car exprimant le doute du souverain quant à ses rapports aux autres et la crainte d'une femme à lui déclarer ses sentiments son statut le séparant du commun des mortels.
Pour un film biblique, le rapport à la religion s'avère très ambigu tout au long du film. Celle ci s'avère essentiellement un symbole d'oppression (la menace de lapidation comme femme adultère pesant sur Bethsabé d'après les lois) et de mort (l'arche de l'Alliance qui tue quiconque ose la toucher) tandis que les personnages censé la représenter évoquent des fous de dieu fanatiques (le prophète Nathan très inquiétant incarné par Raymond Massey) ou des suiveurs aveugle et dénué de volonté propre (le mari Urie désintéréssé de sa femme mais prêt à la tuer si elle transgresse la loi). Globalement la religion apparait comme un dogme faisant fi des sentiments pour appliquer ses règles. D'un autre côté le final où David fait la paix avec lui même peut aussi suggérer que toute cette imagerie menaçante venait de son point de vu opprésssé et rongé par la culpabilité.


         
           

Le film datant d'avant l'explosion des grands péplums hollywoodien en scope, l'esthétique apparait plutot sobre : Jérusalem n'est pas bien imposante, le palais de David bien exigu, bien loin de la démesure et du luxe des années productions à venir. Volontaire ou pas ce parti pris renforce l'intimité du récit aussi bien et rend l'histoire d'amour entre Peck et Susan Hayward plus émouvante et réussie.
Les instants les plus outranciers n'en paraissent d'ailleurs que plus forts tel la conclusion où intervient enfin Goliath, David se remémorant son plus grand fait d'arme au moment de livrer un combat plus intérieur. La mise en scène ample de Henry King capte à merveille les errements des personnages avec quelques idées brillantes comme la colère de Dieu face au péchés du roi symbolisée par la destinée d'un père et son fils berger subissant la loi des éléments ou encore les dix dernières minutes d'une puissance et d'une intensité soufflante où Peck trouve enfin la paix avec lui même. Au final un vrai mélodrame réussi se frottant avec brio au récit biblique pour un superbe péplum loin des canons et clichés du genre.


Sur la fin des années 60, il fut applaudi pour sa prestation dans la série du Dr. Kildare.
Beaucoup de rôles de composition et toujours la perfection de jouer ses rôles, il fut aussi le père de James Dean dans A l'est d'eden. Il terminera sa carrière assez honorablement et dans le western nous donnera pas moins de huit compositions qui ne sont pas restées insensibles aux regards des aficionados que nous sommes. james



                                  


La vieille Amérique chrétienne et puritaine étouffe les jeunes « rebelles sans cause » qui hurlent leur fureur de vivre et leur haine des carcans. Le beau roman de John Steinbeck, publié en 1952, s'inscrit dans cet air du temps, ce goût de liberté qui donne envie de s'affranchir des codes établis. Kazan, adaptateur fidèle, en profite pour rompre avec les règles du cinéma classique : décadrages révélant la haine à peine maîtrisée d'un père pour son fils, scènes d'hystérie dans l'obscurité d'une maison close, ou ce splendide arrêt sur image, saisissant au vol la folie d'une foule de lyncheurs : un homme tient dans sa main la barrière qu'il vient d'arracher, une vieille femme brandit le poing...
Mais, surtout, le cinéaste donne toute latitude à James Dean, dont c'est le premier rôle, pour improviser un personnage à la limite de l'autisme, dont la démarche inégale et enfantine, les yeux étranges et fous, la façon de marmonner ses phrases ou de relâcher sans prévenir sa brutalité restent inégalés. Kazan avait d'abord envisagé pour le rôle un autre débutant, du nom de Paul Newman. A quoi tient un mythe...


         
 

Elia Kazan, réalisateur d’Un tramway nommé désir (1951), Un homme dans la foule (1957), La Fièvre dans le sang (1961), signe avec À l’est d’Eden son film le plus libéré des contraintes formelles passées, et livre ici toute sa sensibilité, sa vision de l’intime et de la liberté. La lumière de la Californie, dotée d’une « finesse impressionniste » (Roger Tailleur), s’associe à des instants d’émotion pure. Lorsqu’il se remémore le long entretien qu’il eut avec Elia Kazan, Bertrand Tavernier écrit, à propos des personnages du cinéaste : « Il y a en eux le même cri de fauve où la richesse de l’image, le poids de la réalité, la longue accoutumance des individus à une société, à un pays, à la nature affolent soudain l’écran. Comme une lame de fond affole la mer. » (Amis américains, Institut Lumière / Actes Sud, 2008). Kazan n’appréciait pas le recours systématique à la psychologie. Selon lui, le bagage hérité par chacun influençait, certes, nos comportements, mais n’était pas si déterminant. À chacun de construire son destin. Avec À l’est d’Eden, il reconnaît avoir fait un film totalement biblique, transposition de l’histoire des frères Abel et Caïn.


                               


 Comme le souligne André Bazin : « L’intention de Kazan n’a rien de psychologique ; elle est, au contraire, ouvertement morale et religieuse, son processus est purement allégorique » et ajoute sur l’aspect formel du film : « Elia Kazan est peut-être le premier à avoir su utiliser le Cinémascope dans un film cependant constamment centré sur l’homme. Justement parce que son propos n’était pas psychologique, le décor n’est jamais distinct du sens moral de la scène. » (L’Avant-Scène, novembre 1975). À l’est d’Eden est l’un des trois films qui érigea James Dean en mythe absolu. Lorsque Kazan le voit dans une pièce à Broadway, il dit de lui : « Il n’avait aucune adaptabilité. C’était juste un gamin qui souffrait, et qui faisait autant craquer les hommes que les femmes. Tous voulaient le prendre dans leurs bras et le consoler. James Dean avait un visage très poétique, un visage beau et très douloureux. » Le tournage fut chaotique, de par la mauvaise volonté et l’agressivité de James Dean. Mais dès que la caméra se met en route, le miracle opère : Dean crève l’écran. Source : festival-lumiere.org

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