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lundi 5 mai 2014

Mandrill

La police découvre lors d'une ronde à Belleville une vagabonde en possession d'un joyau inestimable : une épée allemande datant du XVIème siècle ! Mais le sang qui souille la lame semble beaucoup plus récent... Comme seuls papiers, la clocharde présente la carte de Maître Mandrill, avocat au barreau de Paris. La grande gueule de Mandrill lui vaut déjà bien des inimitiés, aussi c'est avec déplaisir qu'il voit son nom dans les journaux. Pour regagner un peu d'anonymat, il faut que cette affaire se résolve rapidement. Et pour accélérer les recherches, Mandrill va y mettre son nez.
Dans le Paris d'après-guerre, Mandrill est aussi à l'aise dans les salons de l'avenue Hoche que dans les ruelles des faubourgs. Une enquête qui ravive la haine vivace entre anciens collabos et anciens résistants, sur fond de trafic d'objets pillés pendant la guerre. Proche de Boileau-Narcejac et de Léo Malet, Frank Giroud signe ici un polar agréable et efficace.
Des enfants découvrent le cadavre d'une jeune femme vêtue de sa robe de mariée. En apprenant la nouvelle par les journaux, Mandrill reconnaît la victime : Marielle Floquet, une amie qui lui avait sauvé la vie à l'époque du Maquis. Mandrill est ému par ce triste fait divers qui se transforme en une affaire mystérieuse le jour où un second cadavre est découvert dans les mêmes circonstances...


                 


Robert Fauque, dit Judex, ancien ouvrier typographe, syndicaliste, résistant de la première heure, détenteur de la Croix de la Libération, est accusé du meurtre d'Alexandre Guitton, procureur aux assises de la Seine. Son désir obsessionnel de revanches expéditives contre les notables coupables de collaboration ne lui vaut pas les circonstances atténuantes. Défendu par Mandrill qu'il avait connu au maquis de Normandie, il est condamné à vingt ans de réclusion. Entre la bouillante Edmonde, sa maîtresse, et Odile, son ex-épouse, l'avocat enquête sur le passé trouble de la victime afin de tenter de sauver son ancien compagnon de Résistance.
« Grande gueule, oui ! Cabochard, tête brûlée, coureur de jupons... d'accord, mais assassin, sûrement pas ! » Voilà ce pense Angèle de son patron l'avocat Adrien Mandrill. Mais pourtant celui-ci est dans le pétrin. Il est soupçonné d'avoir tué sa maîtresse et vient d'être placé en garde à vue au Quai des Orfèvres. S'il clame son innocence, le commissaire Vaneker, chargé de l'enquête, possède suffisamment d'éléments pour demander son inculpation. Et lorsque Mandrill commence à recevoir des lettres d'un corbeau et qu'il apprend que l'homme pouvant l'innocenter vient d'être assassiné, il commence à se faire du mouron... Et il a bien raison...

Le dessin est plutôt simple mais avec une finesse suffisante pour être agréable. Les extérieurs sont soignés et les amoureux des voitures anciennes admireront avec plaisir La Dyna Panhard, qui ressort bien dans les cases dans sa robe rouge rutilante. Les personnages sont identifiables, bien que les visages ne soient pas très travaillés. Peu d'expression ou sentiments sur les visages. Les couleurs ne sont pas percutantes et restent dans un registre assez terne.
Une partie de l'histoire se passe sur le port du Havre, ce qui m'a plu puisque j'y réside.
Le scénario est bien mené et l'intrigue policière nous tient en haleine jusqu'à la conclusion. L'auteur évoque par ailleurs les animosités qui existaient après guerre entre les anciens collabos et les résistants qui forcément se vouaient une haine féroce. En même temps une sombre histoire de trafic d'armes qui rapportaient beaucoup d'argent mais attisaient des tensions entre les acolytes. Une toute petite scène d'amour au milieu de l'histoire entre Mandrill et la jeune femme médecin qui s'occupe de la jeune amnésique. Cette relation extraconjugale va mettre de "l'eau dans le gaz" dans son ménage et c'est ainsi que l'auteur ouvre une piste pour un prochain récit.
Un album qui a donc un peu vieilli sur le plan du dessin et de la colorisation mais qui reste agréable à lire comme un bon thriller policier.

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