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mercredi 28 mai 2014

Macdonald Carey

Fils d’un banquier, Edward Macdonald Carey naît le 15 mars 1913 à Sioux City, dans l’état de l’Iowa dont les premiers habitants européens furent des trappeurs français. Il fait cinq ans d’études supérieurs à l’université de l’Iowa où il est l’un des comédiens amateurs le plus actifs de la troupe théâtrale. Il joue tout le répertoire shakespearien mais aussi les opérettes de Gilbert et Sullivan. En 1937, Edward devient chanteur et acteur pour la radio NBC de Chicago. Très vite, il participe à la célèbre série hertzienne «Mr. First Nighter». Puis, il décroche le rôle de Dick Grosvenor dans «Stella Dallas», autre série radiophonique d’anthologie du début des années quarante.
En 1941, Macdonald Carey donne la réplique à Gertrude Lawrence à Broadway, dans la comédie musicale: «Lady in the dark». Ce rôle lui permet de signer un contrat à Hollywood où il débute en 1942, en tête d’affiche dans «Dr. Broadway» de Anthony Mann. Il est ainsi le partenaire de Rosalind Russell dans «Mon secrétaire travaille la nuit» (1942) de Mitchell Leisen, puis de Teresa Wright dans «L’ombre d’un doute» (1943) de Alfred Hitchcock. Mais les États-Unis mène la guerre sur tous les fronts. L’acteur qui vient d’épouser Elizabeth Kecksher, une jeune femme originaire de Philadelphie (elle lui donnera six enfants mais le couple divorcera en 1969), s’engage néanmoins dans les «Marines» pour quatre ans.
En 1947, Macdonald Carey retrouve les chemins des studios et poursuite une intéressante carrière en donnant la réplique à Paulette Goddard dans «Ma femme le capitaine» (1947), «La proie du hasard» (1948) et «La vengeance des Borgia» (1949) et Betty Hutton de «La femme au carrefour» (1948). Il est César Borgia dans «La vengeance des Borgia» (1949) réalisé par Mitchell Leisen, tandis que Pauline Goddard est Lucrèce. Deux ans plus tard, il interprète le héros de l’Ouest Jesse James, dans «Les rebelles du Missouri» de Gordon Douglas. Au cours des années cinquante, il devient une star très populaire de westerns de série B. 



   

Nous trouvons bien ici et là, sans nous y attendre, quelques plans fulgurants notamment lors des fusillades, un chatoyant Technicolor aux couleurs très chaudes qui rehausse les intérieurs, qui fait briller les costumes d'Hedy Lamarr et les chemises de MacDonald Carey, de beaux paysages (malheureusement pas forcément bien mis en valeur), le joli minois de Mona Freeman, un Harry Carey Jr. qui semble tout droit échappé d'un des derniers films de John Ford et une interprétation assez réjouissante de MacDonald Carey en "bad guy" de service (après ses excellentes prestations dans Streets of Laredo et Comanche Territory, le comédien continue à nous prouver que son jeu était tout à fait honorable et qu'il est dommage qu'il soit aujourd'hui à ce point oublié). Mais c'est bien à peu près tout ce que l'on peut retenir de ce western pataud et peu subtil dans lequel même Hedy Lamarr semble s'ennuyer ; il faut dire que sa romance est bien improbable. La comédienne est par ailleurs bien mal desservie par la maquilleuse qui, non contente d'avoir transformée Hope Emerson en travesti (sic !), nous gâche parfois la beauté d'une des actrices les plus charmantes qui fut durant les décennies précédentes.


                 

Pour le plus grand plaisir des amateurs de ce genre de film, Macdonald Carey joue les héros de l’Ouest toujours entouré par de très jolies femmes, parmi lesquelles Maureen O’Hara pour «Sur le territoire des Comanches» (1950), Alexis Smith pour «La caverne des hors-la-loi» (1951), Joanne Dru pour «Hannah Lee» (1953), Patricia Medina pour «L’inconnu du ranch» (1955) et Audrey Totter pour «Calibre 44» (1958). Mais les goûts du public ayant changé, l’acteur diversifie ses activités. Il est le récitant dans sa version anglo-saxonne d’un film espagnol «El misterio del Rosario» réalisé en 1959, par Fernando Palacios, qui met en scène la passion du Christ joué par Luis Álvarez.
En 1950, donc,dans Sur le territoire des ComanchesGeorge Sherman prend pour protagoniste principal l’un des héros de Fort Alamo, le fameux Jim Bowie et son célèbre couteau. Un personnage qui aura par la suite les traits d’Alan Ladd dans La Maîtresse de fer (The Iron Mistress) de Gordon Douglas et de Richard Widmark dans Alamo, le chef-d’œuvre de John Wayne relatant la fameuse bataille. Dans Comanche Territory, Jim Bowie est envoyé par le Président des Etats-Unis en territoire Comanche afin de s’assurer que le récent traité de paix passé avec les indiens est toujours bien respecté. Seulement, on a découvert des gisements d’argent sur cette terre et les colons installés à proximité aimeraient bien mettre la main dessus. Les plus envieux décident même d’attaquer les indiens afin de s’emparer du minerai. La fougueuse patronne de la banque et du saloon semble être à l’origine de cette rébellion contre les peaux rouges, ayant auparavant été surprise à dérober le tout nouveau traité apporté aux Comanches par un ex-membre du Congrès américain, Dan Seeger. Ce dernier avec l’aide de Jim Bowie décide de se ranger du côté des Comanches tout en essayent d’éviter la reprise des guerres indiennes. La même année que La Flèche brisée (Broken Arrow) de Delmer Daves et La Porte du diable (Devil’s Doorway) d’Anthony Mann, George Sherman met lui aussi en scène un des premiers westerns pro-Indiens. N’arrivant pas à la cheville de ces deux autres prestigieux westerns, Comanche Territory n’en est pas moins un film plaisant à défaut d’être inoubliable, grâce à de splendides décors naturels bien filmés, à des dialogues assez pétillants, parfois assez proche de la comédie, et à un casting relativement plus convaincant que ce à quoi nous aurions pu nous attendre à sa lecture.


 


En effet, hormis Charles Drake qui nous offre un bien terne "bad guy", le méconnu MacCarey Donald dans la peau de Jim Bowie, même s’il ne possède pas vraiment le physique de l’emploi du héros charismatique, s’en sort relativement bien ; ses joutes verbales avec une Maureen O’Hara très énergique dans le rôle d’une femme de tête au fort tempérament ne manquent pas de piquant. A leurs côtés, Will Geer est également excellent dans le rôle picaresque du vieux politicien. Pittoresque sans jamais sombrer dans l’exagération, grâce à la gestion sobre de l’acteur pour son personnage humoristique, le film ne tombe quasiment jamais dans la grosse farce, excepté lors de cette bagarre de saloon non seulement dispensable mais également ratée comme quasiment toutes les scènes d’action à mains nues dans les films de George Sherman. Trop peu nerveux, s’entourant de mauvais monteurs et de cascadeurs peu doués, ne possédant aucun sens du rythme, il n’est pas l’homme de la situation et ses séquences mouvementées se révèlent trop souvent involontairement drôles et arrive à gâcher l’ambiance sérieuse que les scénaristes avaient parfois réussi à instaurer. Les attaques sont ainsi souvent bâclées alors que le cinéaste s’en sort au contraire plutôt honnêtement lorsqu’il s’agit de filmer des chevauchées, le montage calamiteux laissant ici souvent la place à des travellings cinégéniques.


                              


Au final, peu de suspense ni de réelles surprises dans cette intrigue assez banale et bavarde et qui se traîne un peu trop vers son milieu, mais pas vraiment d’ennui non plus malgré l’absence de nervosité de la mise en scène. On admire la beauté des paysages et des costumes indiens rehaussés par le chatoiement du Technicolor, on déguste de bons dialogues dits par d’honnêtes comédiens, on assiste à une efficace bataille finale après que, autre point positif non négligeable, Maureen O’Hara nous ait poussé la chansonnette d’une manière fort agréable.
Travaillant pour des séries télévisées, l’acteur redevient de nouveau très populaire en interprétant notamment de 1965 à 1994 le docteur Tom Horton dans la célèbre série «Days of our lives». En 1977, il apparaît dans une production télévisée retraçant la vie de l’esclave Kounta Kinté dans l’Amérique du 19ème siècle: «Racines» avec LeVar Burton. En 1980, on l’aperçoit, pour le grand écran, dans «American gigolo» aux côtés de Richard Gere. Entre deux tournages, Macdonald Carey écrit plusieurs ouvrages de poésie et, en 1991, il publie son autobiographie: «The days of my life» où il décrit sans tabou son combat perpétuel contre l’alcool. L’acteur meurt le 21 mars 1994, à Beverly Hills (Californie) vaincu par un cancer du poumon. Philippe PELLETIER

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