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vendredi 23 mai 2014

Les vallées ..


En début de carrière, Kirk Douglas avait signé un contrat à long terme avec la Warner qui stipulait qu’il devrait obligatoirement tourner pour le studio au moins un film par an. Après sa très désagréable expérience avec Raoul Walsh sur le tournage de Along the Great Divide (Une corde pour te pendre, son premier western), il en eut vite assez. Quand Louis F. Edelman et les pontes de la Warner lui assignèrent d’être acteur dans The Big Trees l’année suivante, Kirk Douglas leur fit une offre qu’ils ne purent refuser : il ne toucherait aucun salaire pour ce film à condition que ce dernier mette fin à leur "alliance". Jack Warner obtempéra, La Vallée des Géants marqua donc la rupture de contrat entre le studio et le comédien. Il s’agit de la quatrième adaptation d’un même roman de Kenneth Earl après celles sorties en 1919, 1927 et 1938, cette dernière réalisée par William Keighley avec Wayne Morris dans le rôle de Jim Fallon. On trouve d’ailleurs dans le film de Felix Feist des plans en extérieurs directement repris de la version précédente.
Remplacez la bataille entre ranchers et fermiers par une main de fer entre bûcherons et Quakers, les plaines arides du Texas par des forêts de séquoias, et finalement, l’histoire reste la même : une âpre lutte pour des terres et l’utilisation que l’on veut en faire. Le western de Felix Feist, s’il possède un côté exotique par le fait de se dérouler au début du XXème siècle au sein de paysages rarement montrés dans un western (le nord de la Californie), ne nous délivre cependant pas un scénario vraiment original. L'Ange et le mauvais garçon (The Angel and the Badman) nous avait déjà offert l’histoire d’une jeune Quaker tentant de faire revenir un bandit dans le droit chemin. 



 

Kirk Douglas s’avère cependant bien plus coriace et moins malléable que ne l’était le John Wayne d’alors. Nous est même brossé par l’intermédiaire d’un Kirk Douglas en pleine forme le portrait d’un véritable salopard, au moins aussi charismatique et haïssable que son Chuck Tatum dans Ace in the Hole (Le Gouffre aux chimères) de Billy Wilder ou que son Jonathan Shields dans The Bad and the Beautiful (Les Ensorcelés) de Vincente Minnelli (Attention, qualitativement, le film de Felix Feist ne supporte évidemment pas la comparaison avec ces deux chefs-d’œuvre). Jim Fallon est un affairiste baratineur qui retourne ses hommes comme des crêpes ; un embobineur de première qui ne s’embarrasse guère de scrupules (« Nous avons la loi pour nous ») quand il s’agit de mettre en branle ses sales combines et de voler des terres, quitte à en chasser leurs habitants sans même les dédommager financièrement ; un mufle qui ne se sert des femmes que pour son bénéfice personnel. En même temps, ce roi des roublards possède un charme fou et un humour sarcastique qui lui permettent de nous mener en bateau et de mettre dans sa poche pas mal de monde y compris le spectateur. Malgré le dédain de Kirk Douglas pour ce rôle (qu'il décrivait comme le plus mauvais qu’il ait eu à jouer), force est de constater qu’il s’y révélait formidable, portant d’ailleurs le film sur ses larges épaules.


                                


Il lui faudra la mort d’un homme et une virulente leçon de morale assénée avec force par une femme qu’il admire pour le ramener à la raison, le faire changer de camp et abdiquer ses préceptes malsains. S’entendre dire qu’il a du naître sans une once de bonté lui fait même venir les larmes aux yeux, d’autant qu’il se trouve être dans le même temps sur la tombe d’un ancien ami. Et c’est la jolie Eve Miller qui parvient à le faire se racheter ; Kirk Douglas délaisse alors la saloon gal jouée par Patrice Wymore pour suivre la jeune Quaker. En revanche, il oblige la communauté à se prendre en charge dans la lutte pour sauvegarder les séquoias qu’elle considère un peu comme le toit de leur église. Il faudra que les Quackers participent à cette lutte même s’ils doivent pour ce faire employer la violence. Tout se terminera par des séquences d’action assez efficaces même si quelque peu gâchées par de vilaines transparences : le sauvetage par Kirk Douglas d’Eve Miller enfermée dans train fou lancé à toute vapeur, sans conducteurs et transportant d’énormes troncs ; un pont qui s’effondre sous le poids des wagons qui dégringolent au fond d’une rivière ; un combat à poings nus au-dessus d'un barrage prêt à exploser puis, enfin, ladite explosion, gigantesque ! L’action, il aura fallu attendre les dix dernières minutes du film pour en bénéficier mais nous ne sommes pas déçus. Ce qui aura précédé n’aura pourtant pas été ennuyeux grâce à une écriture scénaristique efficace et à un bon casting d’ensemble.

                               


Pour entourer Kirk Douglas, on a donc des acteurs plutôt convaincants. Tout d’abord Edgar Buchanan  dont le personnage n’est pas dépourvu d’humour. Alors qu’on est sur le point de le nommer shérif, le juge lui dit : « Mr. Burns, I've heard you were an honest man and good with a gun. But I also heard you confessed to weakness for liquor, cards and women. » Sur quoi Burns lui rétorque : « Not women, your Honor. They ain't for the weak. » Les deux personnages féminins sont la charmante Eve Miller ainsi que Patrice Wymore (surtout connue pour avoir été la dernière épouse d’Errol Flynn). John Archer se révèle également très bon et c’est avec lui qu’aura lieu le combat final au-dessus du barrage. Tous ces comédiens semblent bénéficier d’une bonne direction d’acteur de la part de Felix Feist ; dommage que ce dernier ne soit pas aussi doué sur le plan de la mise en scène. Exceptée le mouvement de caméra qui suit en contre-plongée Kirk Douglas faire le tour d’un séquoia pour en mesurer la circonférence, nous n'avons pas grand-chose à nous mettre sous la dent techniquement et plastiquement parlant ; même les beaux paysages de cette région de la Californie ne sont pas spécialement bien mis en valeur, pas plus que les séquoias qui font pourtant presque office de personnages principaux. Ce qui n’empêche pas La Vallée des Géants d’être constamment plaisant. En résumé, pas de quoi s’en relever la nuit, rien de bien excitant, d’original ni de simplement mémorable mais un honnête divertissement, jamais ennuyeux. Ce qui n'est déjà pas si mal ! Source : http://www.dvdclassik.com/critique/la-vallee-des-geants-feist

Extrait de la vallée de la peur (1947) :

                


Jason Sweet, un éleveur de moutons, va chercher à imposer son cheptel de bêtes "puantes" dans un pays où les terres ont toujours été consacrées aux bêtes à cornes. Les vachers vont tenter par tous les moyens de le chasser... Quoi de plus banal à priori que cette intrigue vue à d’innombrables reprises dans le domaine du western ? Mais si je vous dis qu’il s’agit dans le même temps d’une comédie ! Oui mais comédie et western ont rarement fait bon ménage ! Qu’à cela ne tienne, le mélange des deux est pour l’occasion parfaitement dosé et réussi, et nous pourrions très certainement nous trouver devant le western humoristique le plus "harmonieux" qu’il nous ait été donné de voir. George Marshall avait déjà réalisé en 1939, avec James Stewart et Marlène Dietrich, une sorte de classique avec le délicieux Destry Rides Again (Femme ou Démon), mais il ne s’agissait pas à proprement parler d’une comédie mais d’un western avec une forte dose d’humour flirtant à plusieurs reprises avec la tragédie. Point d’élément dramatique dans The Sheepman qui ne se prend pas une seule seconde au sérieux, ce qui ne l’empêche pas de posséder un scénario remarquablement bien écrit et des scènes d’actions d’une efficacité à toute épreuve telle la fusillade finale. Aucune tromperie sur la marchandise donc cette fois ; le film de George Marshall (qui fut pourtant capable aussi du pire au cours de sa prolifique carrière) nous propose autant d’action qu’il nous fait rire.  

 


Et ce, dès la première séquence anthologique, d’une grande drôlerie, qui voit Glenn Ford aller provoquer l’homme le plus costaud de la région, lui écraser son cigare dans son café, afin de montrer aux habitants qu’il allait désormais falloir compter avec lui et ses bêtes à laine. L’année suivant le sublime 3h10 pour Yuma, l’acteur nous prouvait ici qu’il pouvait être tout aussi à son aise dans la comédie, Leslie "Lt Frank Drebin" Nielsen campe un Bad Guy mémorable et Shirley McLaine, en garçon manqué, est tout simplement craquante une fois encore après ses prestations mémorables chez Alfred Hitchcock et avant celles qui ne le seront pas moins chez Billy Wilder. Les équipes techniques de la MGM ne sont pas en reste et, que ce soit les décors, les costumes ou la photographie, tout vient nous caresser l’oeil pour notre plus grand plaisir. A signaler une magnifique utilisation des superbes décors naturels, alors qu’on aurait pu craindre que le réalisateur n’en ait cure pour une comédie. Bref, un dosage parfait et une réussite assez unique là où majoritairement la lourdeur s’impose.Erick Maurel

Au Mexique. Grâce à la capture d'un véritable Eohippos, ancêtre préhistorique du cheval, un groupe de bohémiens et de scientifiques tentent de s'introduire dans la "Vallée de Gwangi", enclave hors du temps, où vivent encore de nombreux animaux préhistoriques. La capture du "Gwangi", attraction exceptionnelle, pourrait arranger les affaires d'un cirque en difficulté. Mais ce dernier s'échappe lors de la première représentation et sème la mort dans la ville, avant de mourir dans l'incendie de la cathédrale.
La vallée de Gwangi est un projet qui mûrissait déjà depuis les années 40 par le créateur des effets spéciaux de King Kong. Le script ainsi que les concepts arts sont détérrés 20 ans plus tard par Ray Harryhausen qui propose cette idée à la Warner qui finance le projet.
Le film reprend des éléments du monde perdu et de King Kong, ce qui diffère ici c'est ce mélange de genre ( western+film de dinosaures) qui fonctionne étonnamment bien.
Parfois un peu long et bavard, le concept tient cependant bien la route.
Si le tournage en lui même à été relativement court c'est bien l'animation des bestioles qui a pris le plus de temps. En effet, Ray Harryhausen aurait travaillé sur les animations pendant plus d'1 an.

   

On s'amusera tout de même à assister au combat à mains nues entre un cowboy et un ptérodactyle, ou une scène déchirante de duel perdu d'avance entre un éléphant et un tyrannosaure. On applaudira volontiers la fin du film également, où le réalisateur prend le parti de nous montrer une église disparaître dans les flammes. Ça fait toujours du bien.
Si les animatronics apportent un charme désuet quelques effets sont un peu "loupés", la faute au procédé de stéréoscopie donnant un aspect plastique au Gwangi (T-rex).

On ne boudera toutefois pas notre plaisir devant ce film qui possède des atouts indéniables et surtout des cow-boys contre des dinos !!

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