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mercredi 7 mai 2014

Jennifer Jones

Jennifer Jones, de son vrai nom Phyllis Flora Isley, est une actrice américaine née le à Tulsa dans l'Oklahoma et morte le à Malibu.
Jennifer Jones est née Phyllis Isley, le 2 mars 1919 à Tulsa. Elle est fille unique d’acteurs ambulants, propriétaires d’une compagnie théâtrale puis de salles de cinéma. Elle monte sur les planches, enfant, dans le théâtre de ses parents. La passion pour la comédie grandissant, elle décide de faire ses études à l'American Academy of Dramatic Arts de New York en 1936 où elle obtient une bourse d’études supérieures. C’est là qu’elle rencontre un étudiant de l’Académie dont elle tombe amoureuse, Robert Walker, qui deviendra son mari en 1939, Jennifer a 19 ans. Ils tentent ensuite leur chance ensemble, tout d’abord pour des émissions à la radio de Tulsa, puis ils partent à Hollywood. Robert Walker travaille comme acteur radiophonique pour TBS et Jennifer Jones après des essais infructueux à la Paramount Pictures, obtient des petits rôles notamment dans un western, New Frontier, aux côtés de John Wayne à la Republic Pictures, petite compagnie spécialisée dans les westerns B.



   
   

Duel au soleil, dont le tournage débuta en février 1945, ne fit son apparition sur les écrans américains que le 31 décembre de l’année suivante lors d'une avant-première à Los Angeles. Gageons que les premiers spectateurs à le découvrir en ce réveillon de la Saint Sylvestre ont dû terminer l’année 1946 plutôt estomaqués ! Les westerners, s’ils en étaient restés à l’admirable sensibilité de Jacques Tourneur (Canyon Passage) ou sur le modèle de classicisme que venait de leur offrir John Ford (My Darling Clementine), ont dû se trouver un peu déboussolés, se demander d’où provenait ce souffle passionnel qui s’abattait sur leur genre fétiche ! Sept ans après Autant en emporte le vent, les rêves de grandeur de Selznick avaient encore accouché, sinon d’un chef-d’œuvre comme le précédent, d’un film-monstre absolument fascinant à défaut d’être totalement réussi. « Voyant comment ont toujours été rentables les westerns, je pense que si je pouvais en créer un qui ait plus d’actions spectaculaires que d’habitude dans un western et qui soit en même temps une violente histoire d’amour, ces deux éléments m’apporteraient un grand succès » : le producteur mégalomane David O' Selznick ne croyait pas si bien dire et, malgré le coût phénoménal de son film, ce dernier rentra largement dans ses frais, Duel au Soleil demeurant encore aujourd'hui l'un des westerns les plus rentables jamais réalisés. 



                               


Amusant de lire alors ce qu'il avait dit de ses intentions premières à King Vidor quelques temps avant le début du tournage : « Je voudrais que ce soit un petit western artistique. Occupez-vous en et, si vous avez besoin d’aide, faites-le moi savoir. Mais c’est votre enfant. » Il n'en a évidemment rien été : outre King Vidor, pas moins de cinq ou six autres réalisateurs y ont participé, s’y sont succédés et usés, et non des moindres : William Dieterle, Josef Von Sternberg, William Cameron Menzies ou encore Otto Brower. Mais le maître d'œuvre était bel et bien Selznick qui s'occupa de tout, allant jusqu'à faire réécrire le scénario au jour le jour pour au final obtenir le film qu'il souhaitait, une sorte de mélo kitsch, baroque et excessif, constamment sur le fil du ridicule, mais transcendé par les partis pris esthétiques et les fulgurances de la mise en scène et qui culminent dans le fameux duel.


                               



Un duel dont quasiment tout le monde connait le dénouement tellement il est demeuré célèbre, et encore plus depuis que Martin Scorsese lui a accordé une place importante au sein de son documentaire sur le cinéma américain. Séquence paroxystique qui représente d’ailleurs très bien le film en son ensemble, à savoir une suite presque ininterrompue de séquences dramatiques au fort climax, comme l’était déjà Gone With the Wind avec lequel il possède de nombreux points communs outre son tournage épique et son énorme budget. Duel au soleil se rattache au western surtout au travers de son décorum et par son arrière-plan historique qui décrit la sempiternelle lutte entre un grand propriétaire terrien et les responsables du chemin de fer...suite dvdclassik



                                


En 1941, attirée par un casting pour le film Claudia, elle passe des bouts d’essais. Elle rencontre le producteur du projet, David O. Selznick et, après avoir fait une forte impression, elle décroche un contrat de sept ans chez ce Pygmalion et découvreur de stars tel Ingrid Bergman, Joan Fontaine ou Alida Valli. On transforme le nom de Phyllis Isley par celui de Jennifer Jones et Selznick, ne voulant pas la lancer trop tôt au cinéma, attend deux ans avant de trouver un rôle à sa mesure. Chose gagnée avec Le Chant de Bernadette en 1943, puisque non seulement Jennifer recueille tous les éloges de la critique dans le rôle de la sainte Bernadette Soubirous, mais de plus, pour sa première interprétation importante, elle reçoit l’Oscar de la meilleure actrice des mains de Greer Garson. Les ambitions de Selznick se reportent dès lors sur la jeune actrice et faire de sa découverte une grande star, deviendra une obsession.
Jennifer Jones enchaîne avec un second rôle dans Depuis ton départ, pour lequel elle aura une deuxième nomination aux Oscars ; elle y joue avec son mari Robert Walker, qui entre-temps a décroché un contrat chez MGM. Mais rien ne va plus entre les conjoints et malgré deux enfants le couple divorce en 1945, l’affection de Jennifer Jones s’étant reportée sur Selznick. Son personnage romantique dans Le Poids d'un mensonge (1945) de William Dieterle lui vaut une nouvelle nomination aux oscars.
Malgré son contrat d’exclusivité avec Selznick, elle fait ensuite pour la 20th Century Fox une de ses rares incursions dans la comédie, avec le rôle de Cluny Brown dans La Folle ingénue, merveilleuse satire de la mentalité anglaise d’avant-guerre : c’est le dernier film entièrement réalisé par Ernst Lubitsch avant son décès pendant le tournage de La Dame au manteau d'hermine.



   
   

Ulcéré par la tyrannie de son producteur David O'Selznick durant la production de Duel au Soleil, King Vidor avait quitté le tournage de ce film dont il se voyait dépossédé avec fracas. Quelques années plus tard lui était donnée l'occasion de montrer ce qu'aurait dû être sa version de Duel au Soleil avec ce Ruby Gentry à la trame et aux thèmes voisins. S'étant mis à l'abri de toute interférence extérieure en produisant le film lui même, Vidor pousse le mimétisme jusqu'à reprendre Jennifer Jones dans une sorte de relecture du rôle de Pearl Chavez de Duel au Soleil, comme pour reprendre son brouillon où il l'avait laissé.
L'ensemble se déroule donc comme un Duel au Soleil dont on aurait retiré toute la grandiloquence baroque de O'Selznick, mais certainement pas la fièvre. Le cadre est plus modeste avec une petite ville côtière en essor de Caroline du Nord, où on retrouve un couple à la passion fiévreuse et destructrice non plus séparé par la race, mais par la question sociale. 


                                


Ruby (Jennifer Jones) jeune fille de condition modeste n'a d'yeux que pour Boake (Charlton Heston) meilleur parti de la région qui la désire ardemment. Comme souvent chez Vidor (Le Rebelle ou Duel au Soleil encore) cette passion ne s'exprime totalement que dans une certaine brutalité et bestialité symbolisé par les étreintes furieuses des deux amants. Cette violence, Vidor parvient à l'incarner dans les personnalités de ses deux héros en l'associant à ce Sud des Etats-Unis encore régis par le clivage des classe. Ruby malgré ses origines a reçu une éducation de femme du monde et n'accepte plus la rudesse des assauts de Boake sans la promesse d'un engagement mais ce dernier par ambition va en épouser une autre. Jennifer Jones dans un rôle qu'elle connaît bien (La Renarde et Duel au Soleil sont tout aussi emblématique de ses rôles de sauvageonnes indomptables) irradie l'écran d'intensité et de passion même si Vidor semble avoir réussi à apporter une certaine mesure à son jeu tout en excès. 


                 


Charlton Heston pas encore auréolé du port princier de ses grands rôles historique affiche un mélange idéal de masculinité virile et de fragilité notamment lors de la très belle scène où il remonte en voiture avec Jennifer Jones après l'inondation de ses plantations. Le cadre rural tel que filmé par Vidor s'avère autant symbole de camaraderie chaleureuse qu'un monde restreint dont les habitants ne doivent surtout pas échapper. Les premières séquences nous montre une Ruby entourée, objet de toutes les attentions et d'une présence érotique sauvage et enivrante tel cette mémorable première apparition de Jennifer Jones en ombre aux courbes troublantes dans l'embrasure d'une cabane. C'est lorsqu'elle cherchera à sortir du rang et dépasser sa condition que le cadre se resserre, l'isole dans des espaces de plus en plus vide que ce soit une réception ratée ou ses appartements où elle rumine sa vengeance face à ceux qui l'ont méprisés...suite : chroniqueducinephilestakhanoviste


                


Jennifer Jones retrouve ensuite le réalisateur William Dieterle dans Le Portrait de Jennie, film à l’atmosphère onirique où Jennifer offre une composition des plus envoûtantes, mais qui s'avère un échec : Selznick qui a mis sa fortune en jeu doit vendre son studio de production. Mais rien n’arrête l’ascension de la star. Après un film avec John Huston, elle incarne une émouvante Madame Bovary sous la direction de Vincente Minnelli.
Jennifer épouse Selznick en Italie en 1949. Elle perd un bébé en 1951 puis donne naissance à une fille le 12 août 1954. Son premier mari, Robert Walker, est mort en 1951.
Le début des années cinquante est faste, après une nouvelle production de Selznick pour La Renarde de Michael Powell ; le producteur fait refaire des scènes entières par le réalisateur Rouben Mamoulian,. Elle tourne avec de grands réalisateurs, William Wyler, à nouveau avec King Vidor et John Huston, Vittorio De Sica… Mais c’est en 1955 qu’elle renoue avec la popularité dans La Colline de l'adieu, un des plus grands succès de la 20th Century Fox et un des sommets du box-office, qui lui vaut une cinquième nomination aux Oscars.


                   


Suite à ce regain de popularité, elle tourne quelques films à la Fox avant que son mari ne mette à nouveau des moyens considérables pour sa nouvelle production L'Adieu aux armes. Ce sera la dernière production du grand Selznick : le film est un échec et les critiques sont désastreuses. Jennifer Jones attendra cinq ans avant de reprendre le chemin des studios. Entre temps elle prend des cours à l’Actors Studio et recherche des conseils et des professeurs pour la guider. Elle fait son retour dans un film d’Henry King, Tendre est la nuit. Mais le public et les critiques boudent le film. Viennent des années sombres pour Jennifer Jones avec le décès de son époux en 1965, qui la laisse démunie. Les comptes de Selznick étant dans le rouge, elle trouve une issue au théâtre notamment pour Une Fille de la province à Broadway et tourne encore quelques films. L’inactivité et la dépression la poussent à une tentative de suicide en 1967. Elle reprend le dessus et en 1971 elle épouse Norton Simon, industriel et collectionneur d’art. Après son retour remarqué dans le film catastrophe La Tour infernale (1974), elle perd sa fille Mary Jennifer, qui se suicide en 1976. Elle tourne définitivement le dos au cinéma pour se consacrer à la psychologie, en créant la Jennifer Jones Simon Foundation for mental health and education en 1980.(Wiki)

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