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lundi 12 mai 2014

Chambre obscure

Au tout début du XXe siècle, la famille bourgeoise parisienne Damboise reçoit la visite de la tante Alma, une célibataire aventurière, à l’avant-garde du féminisme. Bedonnant et bienveillant, le père Simon est un industriel du textile. La mère, Edmée, hypocondriaque, reste le gros de son temps dans sa chambre. La fille, Séraphine, vit par procuration, à travers ses perpétuelles lectures de romans, son goût pour l’aventure. Le papi (père d’Alma et de Simon), tout sénile, se tient généralement dans un coin de la pièce, dans son fauteuil, sans jamais rien dire. Enfin, Maurice, le majordome, s’occupe de tout ce petit monde. La jeune tante Alma fait office de modèle pour Séraphine : elle ambitionne d’apprendre à piloter un avion et emmène Séraphine à des séances de tir, de tennis ou faire du patin à glace. Mais une nuit, deux malfaiteurs pénètrent par effraction dans la propriété, forcent une fenêtre et dérobent les 3 portraits de famille des aïeuls. Les Damboise sont réveillés par le bruit, et les voleurs sont mis en fuite par Alma, à coup de fusil. Le lendemain, le scrupuleux inspecteur de police Alcide Leblanc inspecte les lieux et auditionne tout le monde. Puis il a tôt fait de retrouver deux des toiles, chez un receleur…


   


Pour la première fois en tant qu’auteur complet, Cyril Bonin propose un polar en diptyque dans la veine des Gaston Leroux ou des Agatha Christie. Dans ce premier volet, son récit plante impeccablement le contexte – la famille bourgeoise Damboise et les particularités de ses membres – et la problématique : les portraits des ancêtres sont dérobés. Mais qui diantre s’intéresse à ces tableaux sans véritable valeur et surtout, pourquoi ? De nombreuses indices et pistes potentielles sont proposés au lecteur : un inconnu espionne la famille de l’extérieur, le majordome a un tatouage de bagnard, le professeur de piano est curieusement remplacé… Et si un des membres de la famille était en cause, malgré son alibi d’apparence (l’hypocondriaque ? le sénile ? la rêveuse ?). Bref, les ingrédients d’une parfaite alchimie policière dans le milieu de la bonne société parisienne sont réunis. L’inspecteur Leblanc (en référence à Maurice Leblanc, papa d’Arsène Lupin ?) prend alors le relai de la narration dans la seconde moitié du tome… et démêlera les fils du mystère dans le prochain volet. Et comble de bonheur, la patte graphique de Bonin, reconnaissable entre mille, est comme toujours élégante, soignée, détaillée et très sobrement colorée. 


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