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samedi 10 mai 2014

César

Shakespeare adapté par Mankiewicz, avec James Mason et Marlon Brando en tête d'affiche, on pouvait difficilement rêver mieux...
Shakespeare, en prenant comme trame pour sa pièce un des assassinats les plus retentissants de l'Histoire, celui de César, en avait profité pour dénoncer allègrement les travers de l'homme dès le moment où l'ambition s'empare de lui et devient son unique raison de vivre, le poussant sans scrupules aux meurtres les plus odieux. Mankiewicz a su parfaitement retranscrire ce message écrit en filigrane dans la pièce du maître, insistant d'ailleurs beaucoup sur la théâtralisation de son récit, difficilement adaptable autrement, tant les longues tirades s'avèrent primordiales pour donner toute sa cohérence à l'histoire.
Le casting, véritablement somptueux, contribue fortement à la richesse de ce film. Les décors titanesques confèrent à Rome toute la splendeur nécessaire pour que s'en dégage une impression de puissance renforcée par ces hommes d'état passés maîtres dans l'art de la harangue. Marlon Brando, James Mason et John Gielgud sont exceptionnels, donnant à leurs répliques une force et une profondeur inouïes. La harangue de Marc-Antoine à la foule, le cadavre de César à ses pieds, est en cela véritablement stupéfiante. Rarement le cinéma tel qu'on le connaît était parvenu à susciter autant d'émotions chez le spectateur.
Les thèmes de la vengeance, de la manipulation, ainsi que la profonde réflexion sur le bien fondé ou non du statut de dieu conféré à un mortel, sont traités de la plus belle des manières par Mankiewicz, également auteur du scénario. 


   

Les motivations de la poignée d'assassins contrastent les unes avec les autres, certains agissant par vengeance, d'autres avec l'espoir de servir la République qu'ils chérissent tant. Le personnage de Brutus, déchiré par son respect pour César et son amour de la République, est un habile moyen de présenter un dictateur dont les pouvoirs augmentent au fur et à mesure que lui décline, la peur et la faiblesse s'emparant peu à peu de lui. Mais c'est le personnage de Marc-Antoine, encore plus que celui de Brutus, qui subjugue totalement l'attention du spectateur...



                


Alors qu'il déclare au sein même de son discours être incapable de maîtriser la parole et de s'en servir comme une arme pour orienter la foule comme pourrait le faire Brutus, Marc-Antoine transcende véritablement son auditoire, le faisant passer d'une haine farouche pour le défunt dictateur César à des larmes sincères pour leur père bienfaiteur disparu, projetant du même coup leur haine sur ses assassins. A cet effet, l'usage qu'il fait du testament de César est admirable du simple point de vue argumentatif, amorçant une réaction dans un premier temps pour glisser un nouvel argument qui au final sert uniquement à donner encore plus d'effet au testament qu'il était parvenu à faire oublier aux citoyens romains en l'espace de quelques phrases. 


                                 

Quelles sont les réelles motivations de Marc-Antoine ? Lui que les conspirateurs pensaient si honnête, à quoi aspire-t-il réellement ? Le sourire naissant sur son visage une fois sa harangue terminée, alors qu'il regagne le Capitol avec en arrière plan une foule déchaînée bien décidée à tuer Brutus, Cassius et leurs complices, est un moment d'une effroyable intensité. Rien de moins qu'un chef d'oeuvre de Mankiewicz.
  Les points forts : L'oeuvre foisonnante de Shakespeare est superbement adaptée à l'écran par Mankiewicz. Brando, Mason et Gielgud sont exceptionnels. Les décors sont de toute beauté. Les personnages sont d'une richesse incroyable. Des scènes d'anthologie comme l'assassinat de César et la harangue de Marc-Antoine qui restent gravées dans les mémoires.
  Les points faibles : Deux heures de plus étaient les bienvenues. 

                             


Très librement inspiré de La Guerre des Gaules de Jules César, le film n'en a que plus d'intérêt puisque étonnement ces faits ont été relativement peu abordé dans le péplum (si ce n’est dans des films fantaisiste et oubliables comme L'Esclave de Rome" et Seul contre Rome fond du panier du péplum italien).
Le film mélange très habilement fait réels historiques, tous solidement abordés et un aspect plus romanesque qui fonctionne bien également. La première heure met ainsi parallèlement en scène les difficultés de César et Vercingétorix à unir leurs camps. D'un côté César en lutte avec un sénat agacé par le pouvoir que lui confère ses victoires et qui cherche à le stopper en lui refusant des légions supplémentaires alors qu'il s’apprête à attaquer la Bretagne. De l'autre Vercingétorix s'évertuant à force d'alliances et de compromis à rassembler le peuple celte sous son commandement. Toutes les manœuvres et discussion politiques sont très bien vues à ce niveau et offre une vraie crédibilité à la situation en place.
Pour ce qui est de l'aspect romanesque, on a l'histoire d'amour impossible de rigueur entre la pupille de César promise à Cicéron par alliance politique, mais amoureuse d'un de ses généraux. C’est un élément classique mais suffisamment bien traité pour susciter l'intérêt. Il y a par contre d'autres aspects plus discutables comme de faire de Vercingétorix un simili Spartacus puisqu'il s'avère être un esclave affranchi. Par contre belle idée que de faire de Jules César celui qui l'affranchit en ouverture, créant ainsi son propre ennemi sans le savoir. 


   


L'autre élément amusant et incohérent est de faire intervenir la reine des belges Astrid aux côtés de Vercingétorix, alors que son peuple aurait été décimé par César quelques année auparavant et donc pas en mesure d'apporter une aide quelconque. La cause de la défaite finale dû à sa jalousie est assez grossière également mais contribue à l'aspect plus feuilletonnesque de l'histoire.
Le traitement est assez étonnant puisque l'envahisseur romain est présenté sous un jour positif alors que les gaulois ne sont que des rustres sanguinaires, le cinéma proposant le plus souvent la solution inverse. Vercingétorix est une vraie brute barbare qui n'hésite pas à faire couper la main d'un allié qui ne lui a pas fournis la totalité des renforts demandé, use de la torture et n'est pas loin de violer la pupille de César qu’il a prise en otage lors d’une scène. 


                 


César est lui au contraire montré comme un chef charismatique aimé de ses hommes prêts à le suivre jusqu'en enfer (à qui il rend bien cet amour lors d’une séquence où il donne de l'eau aux blessés), fin stratège prêt à foncer au cœur de la bataille lorsqu'elle devient désespérée.
Très belle interprétation de Cameron Mitchell (acteur américain plus connu pour être un des héros de la série western Bonanza et premier rôle récurrent du péplum italien comme l’excellent La Ruée des Vikings de Mario bava évoqué sur le blog) en César, une vraie allure, une présence et une noblesse de tous les instants. Rick Battaglia boule de nerfs au regard fiévreux apporte également un beau magnétisme à son Vercingétorix.


                              


Pas mal de qualités donc mais un certain manque de moyens et les lacunes de Anton Amerigo (en fait pseudo sous lequel se cache le réalisateur Tanio Boccia coupable d'un oubliable Maciste et les filles de la vallée) derrière la caméra entache un peu la bonne impression. On est loin des cohortes impressionnante de légions vues ans les péplums américain, le tout est particulièrement fauché avec les immenses décors naturels yougoslaves trahissant la cruelle déficience en figurants. Les intérieurs sont soignés mais pas bien flamboyant malgré quelques réussite comme le camp des gaulois. La dernière partie illustrant les batailles de Gergovie et d'Alésia est bien plus spectaculaire et bénéficiant de gros moyens avec deux armées énormes se faisant face...

1 commentaire:

  1. http://uptobox.com/dxxclsk5ikog
    http://dfiles.eu/files/90i50g8ky (mot de passe : LCdM)

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