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samedi 24 mai 2014

Atomik Circus

Pour sûr, Atomik Circus, le Retour de James Bataille va être un film facile à détester. A l’image de ses petits frères spirituels Blueberry et Immortel (ad vitam), le premier long métrage des frères Poiraud est un OFNI commercialement suicidaire dans le ciel ronflant du cinéma populaire hexagonal. Débarquant comme un alien dans un jeu de quilles dans une passade relativement plate et atonique de la production nationale (Ripoux 3, L’Américain, People - Jet Set 2… aujourd’hui San Antonio), Atomik Circus résonne déjà comme l’un des plus incroyables malentendus entre les ambitions de producteurs inattentifs et la personnalité très (trop?) marquée de réalisateurs passionnés. Avant même de parler du film, il y a donc lieu de s’inquiéter quant à l’impact que de tels dérapages ne manqueront pas d’avoir sur l’avenir des grosses productions gauloises. En effet, au vu du produit fini (non sans qualités, nous y reviendrons) et à moins d’un miracle, il y a fort peu de chances qu’Atomik Circus squatte le box-office suffisamment longtemps pour justifier la prise de risque financière du géant TF1. Aussi démesuré que cela puisse paraître, l’entreprise modeste de réhabilitation du film de genre, menée - chacun à leur manière - par les Poiraud, Kounen, Laugier, Gans, Noé, Bilal et autres Boukhrief, et que l’on aurait mauvais jeu de ne pas soutenir, menace progressivement de n’être plus qu’un enthousiasmant souvenir.


 



Une mise en péril qui pourrait bien se confirmer dans le cas d’un échec aussi cinglant que le fut celui de Blueberry. L’affaire serait même "politique", si l’on en croit un article paru dans l’Express du 19/07/04, et pourrait aller jusqu’à "une redistribution de l'organigramme des filiales cinéma de TF1". Disproportionné? Sans doute. N’empêche que la volonté affichée de TF1 de sauver les meubles dans la dernière ligne droite, en laissant stratégiquement les journalistes sur le seuil des projections de presse (rien pour les quotidiens, hebdos et mensuels généralistes, accès privilégié pour une poignée d’élus spécialisés, dont le magazine Mad Movies), en retouchant grossièrement l’affiche afin de mettre en avant un casting trois étoiles, et en s’imposant sur le montage des bandes-annonces, largement orientées comédie, est suffisamment représentative d’un climat général pour que l’on s’en inquiète. 


               


Plutôt que de se faire une raison, d’accepter qu’Atomik Circus ne soit pas un film de prime time, et d’utiliser intelligemment la singularité du projet afin de le laisser rencontrer sereinement son public, TF1 a fait le choix potentiellement kamikaze "de capitaliser sur l'attente que suscite le film […] pour élargir la cible, quitte à ce qu'il y ait des déçus ensuite. Il faut attirer le plus de monde possible les deux premières semaines". Choix compréhensible cependant: l’état actuel franchement catastrophique de la distribution – la valse des copies se trémousse ces derniers temps sur un tempo effréné (exemple récent: plus une seule copie de Casablanca Driver n’est aujourd’hui disponible à Paris) – ne permet aucunement de miser sur un bouche-à-oreille, certes périlleux, mais jouable."A l'origine, Atomik circus, le film des frères Poiraud, est une bande dessinée de Didier Poiraud où, sur fond d'invasion extraterrestre, l'impétueux James Bataille tente de conserver l'amour de Concia...
Aujourd'hui, avec cette BD inédite, plongez aux sources de ce film culte dans l'univers déjanté d'Atomik circus..."
Source : http://www.filmdeculte.com/cinema/film/Atomik-Circus-le-retour-de-James-Bataille-109.html

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