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mercredi 28 mai 2014

Archie Shepp

Archie Shepp est né le 24 mai 1937 dans la ville de Fort Lauderdale située dans l'État de Floride aux États-Unis mais il grandit à Philadelphie(Pennsylvanie) où il étudie le piano, la clarinette et le saxophone alto avant de se diriger vers le saxophone ténor et il joue régulièrement du saxophone soprano. Il sort diplômé d'art dramatique du Goddard College en 1959 mais s'oriente ensuite vers la musique. Archie Shepp se produit à la fin des années 1950 à Paris, notamment au célèbre club de jazz Le Chat qui pèche. À ses débuts en 1960, il est avec Cecil Taylor, l'un des fondateurs du free jazz avec des disques révoltés, Fire MusicMama Too Tight
En 1965, le saxophoniste Archie Shepp, 28 ans à peine, sort un album emblématique du vent de révolte que les jeunes Afro-Américains font souffler sur le paysage artistique. « Fire music » paraît chez Impulse!, six mois à peine après son incontournable « Four for Trane », hommage à l’ami et mentor John Coltrane, également paru chez le même label. A l’époque, Impulse! se consacre corps et âme à la « New wave of jazz ». Pour preuve, la distribution de « Fire music » : Archie Shepp au saxophone ténor, Ted Curson à la trompette, Joseph Orange au trombone, Marion Brown au saxophone alto, Reggie Johnson à la contrebasse et Joe Chambers à la batterie.



                 

Dans cet album, Archie Shepp n’est pas seulement animé par une volonté de rupture radicale ou par le sentiment de révolte qui s’incarne dans le Black Power. Nourrie des influences et traditions afro-américaines, son identité « noire » s’exprime aussi sur le mode ludique. Ainsi, un morceau de Duke Ellington, « Prelude to a kiss », côtoie une version très personnelle d’un standard planétaire de la Bossa Nova, « The girl from Ipanema ». Cette lecture met en lumière la diversité des influences musicales de l’artiste.
Archie Shepp ne se contente pas de revisiter la tradition. Il s’attaque aussi aux thèmes brûlants de l’époque comme la lutte du peuple noir américain pour les droits civiques, le meurtre de Malcolm X, l’onde de choc suscitée par le free jazz et le racisme ordinaire. « Los Olvidados » (Les oubliés), allusion au film « Pitié pour eux » de Buñuel, est un morceau résolument moderne, tout en tension et truffé de références. Archie Shepp s’écarte ici de son registre habituel, où ses racines africaines sont toujours perceptibles. Cette composition démontre avec brio que la musique véritablement avant-gardiste ne vieillit jamais. Dynamique et expressif, le quartet de souffleurs réclame de nouvelles libertés.


               


Il dirige ensuite l'Attica Bluesbig band au début des années 1970, empreint de Soul et de Blues, styles qui influenceront ensuite toute son œuvre jusqu'à aujourd'hui.
Il a enregistré avec Cecil Taylor (Shepp apparaît sur AirThe World Of Cecil Taylor et Cell Walk For Celeste, trois albums significatifs de Taylor), John Coltrane, John Tchicai, Chico Hamilton, Sunny Murray, Philly Joe Jones, Mal Waldron, Max Roach, Chet Baker, Ron Carter, Don Cherry, Paul Bley,Lester Bowie, Anthony Braxton, Richard Davis, Wayne Dockery, Jimmy Garrison, Roy Haynes, Billy Higgins, Freddie Hubbard, Elvin Jones, Bobby Hutcherson, Steve Lacy, Abbey Lincoln, McCoy Tyner, Cedar Walton, Ted Curson, Frank Zappa, Dave Burell, Horace Parlan, Jimmy Lyons, Jeanne Lee,Bill Dixon, Reggie Workman et Tchangodei .

Bonus : http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=224579

                              


J'ai presqu'envie de chialer quand je tombe sur une pochette comme celle-là. Ouais, une vraie chochotte le Proggy... Mais que voulez-vous ? C'est plus fort que moi. Elle m'appele. Il y a quelque chose de fort, d'irrépressible, derrière cette imagerie qui en appele à tous les sens. Un parfum ocre, un tourbillon. Mon imaginations s'affole. J'entends déjà l'appel du vaudou. Serais-je donc la victime naïve d'un puissant pouvoir d'autosuggestion ? Non, trois fois non. "The Magic of Ju-Ju" est à la hauteur des délires qu'il incante, sans discontinuer, pendant près de vingt minutes. Car le titre en ouverture qui donne son nom à l'album occulte, il faut bien l'avouer, les autres pièces qui ont la lourde tâche de suivre un morceau d'une telle force et d'une telle originalité. Décliné sur les bases de "Mama Too Tight", Shepp affirme ici avec vigueur son aspiration et son désir de revenir aux sources, à l'origine de toutes les origines. Un passé pour l'heure encore fantasmé, serti de pépites colorées et dont le free jazz en serait le prisme. 


                              


Pour la circonstance, Archie Shepp enrôle un ensemble de percussionistes de premier plan (parmi lesquels Ed Blackwell, Norman Connors et le fidèle Beaver Harris) ; ce sont eux qui vont progressivement accroître la dynamique de ce long rituel dont Archie Shepp, en pleine transe et que l'on n'avait rarement entendu aussi volubile, incarne ici l'incontestable sorcier. La jolie mélodie de "You're What This Day Is All About" vient nous aider à reprendre nos esprits, à redescendre tout doucement sur terre, avant de reprendre les ébats avec "Shazam", puis "Sorry 'bout That", un post bop fatalement moins inattendu mais conduit avec la même ferme volonté, habité de la même fantastique vigueur. Derrière sa pochette énigmatique, "The Magic of Ju-ju" abrite donc bel et bien une musique qui l'est tout autant, et la surprise de cette découverte en rend le plaisir d'autant plus décuplé.
Que ce soit au ténor ou au soprano, son style se caractérise par des phrases au son tranchant, avec des dénivelés de notes impressionnants et une puissance expressive permanente.
À partir de la fin des années 1960, il se tourne aussi vers l'enseignement, d'abord au SUNY puis dans les années 1970 jusqu'au début des années 2000, il enseigne l'histoire de la musique à l'Université du Massachusetts situé sur le campus d'Amherst .

L’œuvre d'Archie Shepp est acte de mémoire. L'art a cette exigence. L'improvisation, qui décide des formes de l'idiome, toujours singularisé, se double d'une inscription dans le tissu d'une mémoire collective, celle de l'événement fondateur de l'histoire des Africains-Américains : la déportation, l'esclavage, le racisme. Cette mémoire, portée par les blues, Archie Shepp en est le passeur autant que le témoin. « WE - we are the victims», chante-t-il dans son poème rappé-hurlé Mama Rose/Revolution. L'oeuvre, musicale ou littéraire, est combat, cri, feu… Expression vivante d'une histoire forclose, ici vivifiée, sans cesse réactualisée, elle s'inscrit du côté des Noirs, c'est-à-dire des victimes. La résistance est à ce prix. Solidaire, portée intégralement par un souffle libertaire, elle puise dans toutes les ressources offertes par l'art - démarche renouant là avec la tradition africaine de la correspondance des arts. S'élaborant ainsi en de multiples collaborations (sculpture, danse, poésie, dessin), elle se fonde toujours sur cet axe d'un refus de la répétition, du ressassement, du cadre imposé - autres modes du déni. Hors-cadre, la scène devient dès lors le lieu d'une mise en abyme de la dimension politique d'un engagement collectif, qui depuis plus de quarante ans, soutient l'oeuvre d'Archie Shepp.
Ce portrait d'un homme est donc aussi celui d'une communauté - ouverte. « Je est un nous », dit l'adage africain.


                        

Depuis quelques années, Archie Shepp donne de nombreux concerts dans le monde entier avec son quartet composé de Wayne Dockery à la basse, Tom McClung au piano et Steve McCraven à la batterie.
En 2006, Archie Shepp fait de belles apparitions sur deux morceaux de "Identité en crescendo", le second album de Rocé, chanteur de rap français amoureux du free jazz. En novembre 2007, au New Morning, Archie Shepp fait une nouvelle expérience avec Raghunath Manet, joueur de Veena (musique indienne) et chorégraphe de Bharata Natyam danse indienne. Le 29 novembre 2007, il joue au Tryptique à Paris, dans le cadre de sa collaboration pour le film 24 Mesures, premier long-métrage de Jalil Lespert, avec Benoît Magimel.

Bonus : http://www.francemusique.fr/player/resource/9739-13789

Après avoir été accueilli à la Fondation Cartier pour l'art contemporain en avril 2006 au cours du cycle thématique « Nuits noires » des Soirées nomades, Archie Shepp est revenu sur scène pour fêter ses 70 ans en mai 2007, lors d'un spectacle intitulé Born Free, axé autour de la musique africaine-américaine et incluant la présence d'invités comme Rocé ou Cheick Tidiane Seck. Cette formation continue toujours de tourner sous le nom de Born Free, même si quelques musiciens ont changé et Archie Shepp continue toujours de se produire dans les festivals.
En septembre 2009, il publie dans la revue artistique L'Écho d'Orphée, un poème inédit écrit en 1966 à San Francisco Revolution (to Mama Rose dans son cercueil). En 2009, il reçoit le grade de « docteur honoris causa » de l'Université de Liège. Archie Shepp est président d'honneur du festival Jazz à Porquerolles. Wiki

1 commentaire:

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