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jeudi 24 avril 2014

Marcel André

Marcel André est un acteur français né le dans le 2e arrondissement de Paris, ville où il est mort le dans le 14e.
Marcel André, venu du théâtre, travailla notamment avec Firmin Gémier et Maurice de Féraudy au Théâtre Michel de Saint Péterbourg et cela bien avant 1914. Il fut un second rôle apprécié de Jean Cocteau qui l'utilisa au théâtre, mais également au cinéma notamment pour La Belle et la Bête et Les Parents terribles. Son palmarès théâtral est riche et on peut y relever : Trois garçons et une fille de Roger Ferdinand, Toi que j'ai tant aimé d'Henri Jeanson, L'Homme de joie de Paul Géraldy, Miss Mabel de R.C. Shériff, Siegfried de Jean Giraudoux, L'Alouette et Le Voyageur sans bagages de Jean Anouilh. Pour le cinéma, il tourna dans une bonne soixantaine de films. Rôles pour lesquels il se promène avec sobriété, voire une certaine indolence. 
La Belle et la Bête est un film fantastique, réalisé par Jean Cocteau, sorti sur les écrans à Paris le 29 octobre 1946. Il s'inspire du conte de fées du même nom.



       

Captive de la Bête, la Belle ne rendra visage humain à son geôlier que par un regard d'amour. Rappelons les conditions de tournage de ce chef-d'oeuvre : occupation allemande, restrictions, studio privé d'électricité avant la tombée de la nuit... Et pourtant, comme ces poètes dopés par la tyrannie de la rime, Cocteau atteint au sublime.
A l'époque, Cocteau n'a pas tourné depuis plus de dix ans (Le Sang d'un poète, 1931).




                                   


Il demande à Alekan de fuir le fantastique de pacotille, de supprimer les gazes et les flous pour une photo ciselée, dure... La perfection ne l'intéresse pas (« La beauté boite », disait-il) et il adore les accidents de tournage dont il tire aussitôt profit. Ravi d'avoir recours aux trucages les plus simples, il va faire de La Belle et la Bête une sorte de bréviaire de ses astuces : décors « vivants » avec statues humaines, actrice flottant sur le sol (placée sur une planche à roulettes), bras sortant des murs portant des candélabres qui s'allument comme par enchantement (une projection en marche arrière, l'acteur se déplaçant à reculons, tandis qu'on souffle les bougies sur son passage). Rien n'a vieilli, le sortilège est intact. Merveille ! (http://www.lecinematographe.com/LA-BELLE-ET-LA-BETE_a1587.html)



                 


 Outre les deux films précités avec Cocteau, deux autres compositions sont à retenir, celle de l'équivoque Maître Lebel dans Baccara d'Yves Mirande et celle du juge d'instruction de La Vérité sur Bébé Donge d'Henri Decoin.
En 1951, il tourne donc « La vérité sur bébé Donge » au Studio de la Victorine à Nice avec Jean Gabin, qui peine a retrouver sa place dans le cinéma français d’après-guerre et Danielle Darrieux jeune vedette qui fut la femme de Decoin de 1935 et 1941 . Le scénariste, Maurice Aubergé, s’est librement inspiré  du roman éponyme de Simenon écrit en 1940, juste après la débâcle. Bien que basé sur l’intrigue du roman de Simenon, le scénario est conforme à l’esprit et à l’atmosphère de certains romans de la littérature française des années trente comme « Claire » de Chardonne (1931) ou « Climats » d’André Maurois (1928) qui décrivent les mœurs de la bourgeoisie française. On y retrouve la même description de femmes jeunes, belles et ignorantes qui épousent des hommes âgés et riches pour se faire une situation et se préserver du manque d’argent. Elles sont décrites comme des créatures imprévisibles mues par des pensées mièvres et stupides. « Dans la vérité sur bébé Donge » nous assistons à la destruction d’un couple, Bébé ne regarde que son mari en lui parlant sans cesse d’amour, tandis François traite sa femme comme ses affaires et ses maîtresses avec une avidité grossière et brutale. François Donge, est un sale type, un bourgeois vulgaire et imbu de lui-même qui n’est sauvé à l’écran que parce qu’il est interprété par Jean Gabin.


 

Decoin, qui était aviateur pendant la première guerre mondiale, a travaillé comme reporter sportif avant de devenir cinéaste, il en a conservé un style direct, efficace et un gout pour la vérité des situations. Ce qui caractérise sa manière, c’est sa virtuosité et son élégance ainsi que l’absence complète de psychologie dans le traitement des personnages. On pourrait par moment songer au héros des films de Cukor ou même à Lubitsch s’il n’y avait ce réalisme trivial et ce gout pour la flétrissure, caractéristique du cinéma français des années cinquante, qui finit toujours par rattraper et submerger ses personnages. Les héros des films de Decoin ne font pas de sous-entendu, ils ne mentent jamais. Ils sont entièrement présents au monde et rien d’eux n’existe en dehors de la conscience qu’ils ont de cette présence. 


                              
                               

« La vérité sur bébé Donge » est un film âpre, brillant, implacable, parfois violent et brutal (la scène du viol conjugal) qui n’eut aucun succès auprès du public et fut ignoré par la critique, ce qui tend à contredire l’image d’un Decoin « cinéaste faiseur » qui s’établira par la suite.
Pourquoi s’intéresser à un film des années cinquante, écrit à partir d’un roman des années quarante, qui décrit les aventures d’un couple bourgeois représentatif de la bourgeoisie des années trente ?
Parce que les films de Decoin et particulièrement « La vérité sur bébé Donge », sont des témoins de leur époque et des marqueurs de l’évolution des mœurs. Ils décrivent la situation des femmes avant le mouvement de libération des années 60. Simenon, Aubergé et Decoin sont des hommes et ils sont indiscutablement partis prenantes du monde qu’ils mettent en scène, mais ils s’attachent à l’observation de la souffrance des femmes et de la violence qu’elles subissent. Leur description nous est précieuse parce qu’ils nous donnent a voir une société qui n’est plus et nous fait entrevoir ce qu’ont été les conditions de vie de nos arrières-grands-mères ou de nos grands-mères.(http://cinepsy.com/film/la-verite-sur-bebe-donge/)
Il est le père du comédien-auteur Michel André (La Bonne Planque), qui disparut treize ans après lui.
Marcel André est inhumé au cimetière du Pré-Saint-Gervais (Seine-Saint-Denis).

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