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dimanche 27 avril 2014

La princesse grenouille

Pour avoir refusé d'épouser ce dernier, la belle Vassillissa est transformée en grenouille par un sombre magicien. Suivant le trajet hasardeux d’une flèche, un jeune prince découvre le marais où elle se cache… Un conte de fée baigné dans des couleurs subtiles, dont les personnages et les décors sont tout droit sortis des plus beaux livres illustrés de Russie. Un enchantement !
Pour faire simple, c'est une belle petite perle d'animation (de Soyuzmultfilm, le "studio Disney" de l'URSS), une adaptation d'un conte russe (avec isbas, costumes médiévaux, un cheval ailé, une baba yaga, un dragon, une épreuve façon "matriochka"...), assez court (il dure 38 minutes) et qui ne tombe jamais dans le "cartoonisme". Certaines voix du doublage et certains bruitages ne sont pas très bien foutus mais ça n'enlève rien à son charme, ça me donne juste envie d'en savoir plus sur le folklore russe.
À l'instar de La Belle et la Bête (1952) de Lev Atamanov, ce film s'inscrit dans la lignée de ce genre de dessin animé soviétique qu'est le « Multiplikatzia » : film destiné aux enfants, avec une narration lente et sans fioritures, des décors et des personnages réalistes pour faciliter l'identification et emploi de la rotoscopie. Le réalisateur s'est attaché à donner vie aux gravures de livres de contes (art dans lequel les soviétiques sont passés maîtres) en choisissant une mise en scène épurée proche du théâtre.





Le film repose sur les entrées et sorties de champ et les déplacements latéraux des personnages. Malgré ce minimalisme scénique, le film ne sombre jamais dans l'artificiel : sa simplicité et sa beauté formelle en font un petit chef-d'oeuvre injustement oublié. La Princesse Grenouille fut tout de même récompensé en 1960 par un prix au Festival International de Cinéma de Mar del Plata en Argentine.
Le conte originel a par ailleurs été adapté en film live soviétique datant de 1939. On trouve aussi des variations de cette histoire : une deuxième version russe intitulée Vassilissa-la-très-belle et transposée en court-métrage d'animation par les studios Soyuzmultfilm en 1977 et une version américaine récente écrite par Elizabeth Dawson Baker et adaptée par les studios Disney en un long-métrage sorti en 2010 et réalisé par Ron Clements (La Petite Sirène, Aladdin).
Notons que la première version télévisée retranscrit le film dans son intégralité. L'une des versions commerciales en VHS présente quant à elle un doublage et une musique beaucoup moins respectueux de l'histoire et, pour des raisons obscures, des scènes essentielles ont été tronquées.

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