.

.

vendredi 7 février 2014

Michael Curtiz

Michael Curtiz, de son vrai nom Manó Kertész Kaminer, est un réalisateur américain d'origine hongroise, né le  à Budapest(Hongrie), mort le  des suites d'un cancer à Hollywood (Californie).
Né dans une famille juive de Budapest, Michael Curtiz part de chez lui à 17 ans pour se joindre à un cirque, puis suit une formation d'acteur à l'Académie royale des Arts de Hongrie (à l'époque de l'Empire austro-hongrois) dont il est diplômé en 1906. En 1912, il commence sa carrière d'acteur et de metteur en scène en Hongrie sous le nom de Kertész Mihály : il contribue à la fondation du cinéma hongrois, réalisant notamment l'un des premiers succès nationaux, Bánk Bán (1914). Il est contraint de quitter le pays à cause de la « terreur blanche » exercée sur les juifs, les intellectuels et les communistes par les armées de Miklós Horthy après la guerre civile de 1919. Sa carrière cinématographique se divise en quatre périodes: la période hongroise (1912-1918), la période autrichienne (1919-1925), la période allemande (1925-1926) et la période américaine (1926-1961).


La vie privée d'Elisabeth d'Angleterre 1939.
On est dans la couleur qui pète, la trompette qui tonitrue et le costume qui sied avec cette fresque intime consacrée aux amours contrariées entre Elisabeth d'Angleterre et le comte d'Essex. Contrariées parce que placées sous le signe de l'ambition, de la lutte des classes et de la fierté des protagonistes : Essex aime Elisabeth, mais il aime aussi le pouvoir et la gloriole ; Elisabeth aime Essex, mais elle aime aussi elle-même et son trône douillet. Aïe aïe aïe, les amours finissent mal en général, surtout dans les immenses salles des palais royaux entourées d'antichambres pleines de félons qui félonnent ; je ne vous cache pas qu'Essex tâtera de la hache avant l'aube, et qu'Elisabeth s'en écroulera de remords, c'est ça, l'amour. Mais ces amours contrariées pourraient bien être contrariées aussi par l'étrange casting mitonné par Curtiz : d'un côté, Erroll Flynn, acteur habitué à l'action, peu intellectuel, pas forcément brillant dans les scènes dialoguées ; de l'autre, la cérébrale Bette Davis, physique à l'arrache, construction de personnage élaboré et finesse en bandoulière. Ces deux-là sont destinés à s'aimer, et on sent dès le départ que ça va être le gros souci du film : le couple est crédible comme le mien avec Claude Guéant (no way). Gros handicap qui gâche toutes les (nombreuses) scènes entre eux : Flynn qui embrasse Davis, on n'y croit pas, surtout quand dans l'antichambre citée plus haut rôde une Olivia de Haviland hyper-sexuée et qui se pâme devant l'Erroll. D'accord, l'amour est aveugle, d'accord, il aime autant le statut de la reine que la reine elle-même, mais tout de même...

   
                   

Il est également opérateur d'actualités et assistant de Victor Sjöström en Suède. Il arrive à Hollywood en 1926, où il dirige Errol Flynn dans des films devenus de très grands classiques du cinéma : Capitaine Blood (1935), La Charge de la brigade légère (1936) et culminant avec Les Aventures de Robin des Bois en 1938. Mais c'est pour Casablanca, avec Humphrey Bogart et Ingrid Bergman, que la signature de Curtiz appartient au panthéon du cinéma.
Considéré comme le plus important des réalisateurs de la Warner Bros. durant les années 1930, Curtiz est souvent considéré comme un metteur en scène compétent mais sans style vraiment identifiable. Il a travaillé dans de nombreux genres différents, signé plus de 80 films chez Warner Bros., souvent sans grande originalité, ce qui n'empêche pas que nombre de ses films aient eu et conservent une audience significative.


                 


Les admirateurs de son travail arguent du fait que, dans les années 1940, il a développé un style sophistiqué, marqué par des mouvements de caméra très fluides, de fortes compositions, des éclairages texturisés remarquables pour un spectateur attentif.
De fait, certains de ses films sont devenus des films cultes : The Sea Hawk (L'Aigle des Mers) et The Adventures of Robin Hood (Les Aventures de Robin des Bois) sont des chefs-d'œuvre de récit d'aventure.Sodome et Gomorrhe l'un de ses premiers films muets portait déjà l'empreinte d'un maître de l'évocation visuelle.



The Comancheros 1961 .

En revoyant « LES COMANCHEROS » on a la curieuse sensation de voir plusieurs films compressés en un seul. C'est dû d’abord à la construction du scénario, qui prend un temps fou à arriver au cœur de son sujet (pas avant le dernier quart, en fait) et se perd en digressions ludiques, en conflits périphériques et en saynètes tragicomiques. Le meilleur exemple en est la séquence avec Lee Marvin, véritable « film dans le film », qui permet à l’acteur de composer un hallucinant personnage de bandido querelleur et au crâne à moitié scalpé, bouffant tout et tout le monde sur son passage… Pour disparaître après quelques minutes sans crier gare ! La réalisation et même John Wayne se sont tellement effacés pour laisser le champ libre à Marvin, que le film met un certain temps à se remettre de son absence.


   
    
Il faut donc prendre ce film comme un récit picaresque, un peu fourre-tout, une sorte de bande-démo du genre. La sublime photo de William Clothier, les paysages désertiques et bien sûr la présence de John Wayne renvoient constamment à l’œuvre de Ford. Mais Michael Curtiz ne se laisse guère aller à l’émotion ou la mythification. Il va droit devant, raconte ce qu'il a à raconter avec une efficacité sans défaut et un humour bon-enfant. Les Indiens eux, ivrognes glapissants et ridicules (le chef comanche en armure qui s’écroule plusieurs fois d’affilée, ivre-mort), n’ont pas encore droit à un traitement très objectif.


                                         


Ce qui fonctionne le mieux dans « LES COMANCHEROS » est son côté ‘buddy movie’ avant l’heure : le tandem Wayne-Stuart Whitman est très complémentaire et c'est tout à l’honneur du second de n’être jamais écrasé par son aîné et de ne jamais faire les pieds au mur pour tirer la couverture à lui. L’alchimie fonctionne toute seule, sans effort apparent.
Plus film d’aventures que western à proprement parler, « LES COMANCHEROS » est un plaisir pour l’œil, un film imparfait mais tellement mouvementé et plein de vie, qu’on ne garde finalement en mémoire que ses plus beaux morceaux de bravoure.
À noter que ‘Duke’ est surnommé « Big Jake » par plusieurs partenaires au cours de l’action. Ce qui deviendra le titre d’un de ses westerns de la décade suivante.

1 commentaire: