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samedi 1 février 2014

L'Homme sans tête

L'Homme sans tête est un court métrage franco-argentin réalisé par Juan Diego Solanas sorti en 2003.

Une chambre mansardée ouvrant sur un vaste paysage industriel. Au loin, la mer à perte de vue. Quelques pas de danse sur une mélodie teintée de nostalgie. Un noeud papillon que l'on noue.

Dans une photo encadrée, le regard brillant de celle qu'il aime. L'homme sans tête se prépare pour son rendez-vous galant. Ce soir, il va déclarer son amour. Pour cela, il a décidé de s'acheter une tête.





  

Le film de Juan Solanas a reçu depuis son prix au festival de Cannes 2003 un accueil critique très chaleureux (dont le prix national de la meilleure création sonore au festival de Clermont-Ferrand 2004) et a bénéficié d’honneurs auxquels aucun court-métrage n’avait pu prétendre jusque-là. Il faut donc d’abord se féliciter qu’enfin un film court (18 minutes) puisse jouer dans la cour des longs et ne serve pas seulement de bouche-trou.



Après sa récompense cannoise, L’HOMME SANS TÊTE a été programmé au cinéma MK2 Bibliothèque durant le mois de décembre 2003 en programme isolé, ce qui était déjà une prise de risque et une preuve de confiance en la forme courte. Mais c’est encore plus courageusement qu’ensuite MK2 édite ce film en DVD et non pas en tant que tête de proue d’une compilation de courts métrages mais bien en tant que seul programme du disque. Une édition soignée, pour un court-métrage, avec ses propres bonus, c’est à notre connaissance une première. Seuls LA JETÉE (et encore en duo avec un autre film du même réalisateur) et NUIT ET BROUILLARD avaient leur propre édition DVD (chez Arte video).


Le film, qui a nécessité quatre ans de travail, souffre à son commencement du point commun avec SLEEPY HOLLOW, ce qui ne lui permet pas d’obtenir les subventions du CNC (voir l’article dans Bref n°59) : ce contre-temps, dont il n’est pas fait écho dans le documentaire consacré au film (on comprend pourquoi), n’entrave pas vraiment la (lente) progression de la production, et le film réussit à aboutir : sa carrière commence alors par une moisson de prix en tous genres (du prix du jury à Cannes, à Imagina, grands prix à Rome, Taiwan…), carrière qui trouve un aboutissement impensable avec ce DVD. La jaquette du disque joue d’ailleurs sur le côté premier de la classe en ornant l’illustration de deux palmes gigantesques (reprises sur la tranche, tant qu’à faire…).
Variation autour du thème de l’homme invisible, le film est en fait une comédie légère, teintée de nostalgie et de mélancolie, très proche d’Amélie Poulain et du monde en teintes ocre-jaune de Jeunet.

Bonus :


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