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dimanche 9 février 2014

Jeanne Moreau

Les Amants de Louis Malle (1958)
Jeanne est l’épouse d’un patron de presse en province. Parce qu’elle s’ennuie, pour retrouver une vieille amie mais aussi son amant, elle effectue de constants aller-retour entre Dijon et Paris. Son mari soupçonne son adultère et, pour tenter de la prendre au piège, invite ses amis parisiens pour un week-end dans leur maison. De retour sur Dijon en voiture, Jeanne tombe en panne. Un jeune homme lui vient en aide, qui représente tout ce qu’elle n’est pas…
Louis Malle réalise là son second long-métrage de fiction, un an après Ascenseur pour l’échafaud, et toujours avec Jeanne Moreau. L’actrice incarne une Emma Bovary des temps modernes, perpétuellement insatisfaite et constamment en fuite vers un ailleurs illusoire (jusque dans le dernier plan du film). Elle décrit Paris comme un Paradis dont elle a grande peine à s’arracher à chaque fois qu’elle doit retourner à sa province. Paris la séduit, parce qu’elle abrite ses amis et son amant, parce que la densité de population la rassure, parce qu’elle attirée par la mode etc. Avec Les Amants, Louis Malle fustige clairement les us et coutumes de la bourgeoisie, arrive à illustrer le fossé et les faux-semblants qui séparent les nantis de provinces à ceux de Paris, et oppose à tout ce petit monde, le personnage libre, fauché, respectueux de la terre et des Hommes, incarné par Jean-Marc Bory.



   


Les Amants, adaptation d’un roman du Baron Dominique Vivant Denon, auteur libertin du XVIIIe siècle, aura fait scandale à sa sortie, notamment aux Etats-Unis ou il fut taxé de pornographie. Dans le derniers tiers du film, Louis Malle délaisse la critique sociale de ce milieu bourgeois et accompagne Jeanne dans son abandon sentimental et charnel. 


                           



Les longues séquences de passion amoureuse nous envoûte littéralement et confère au film un charme inaltérable et magique. La polémique que suscita Les Amants nous parait aujourd’hui parfaitement invraisemblable. Le film est bien plus pudique qu’Et Dieu créa la femme de Vadim, sorti deux ans auparavant, mais à la sublime sensualité des séquences amoureuses, Louis Malle conjugue l’attitude légère d’une femme libre qui fait ce qu’elle veut de son corps.


                 



Voila qui ne peut qu’être extrêmement audacieux si l’on se replace dans le contexte de la fin des années 50, quand les principaux combats féministes n’étaient pas encore menés. C’est ce qui explique le scandale que Les Amants aura provoqué un peu partout, notamment à Venise aussi il aura reçu le Prix Spécial du Jury en 1958. C’est aussi ce qui témoigne de la modernité du film et de l’ambition cinématographique de Louis Malle aussi. Les Amants précède d’une année Hiroshima, mon amour d’Alain Resnais, et l’on peut sans doute dire qu’il le préfigurait déjà. Son film tranche en tout cas avec le cinéma paternaliste français des Delannoy et Autant-Lara, et trouve une place logique auprès des auteurs de la Nouvelle Vague. Benoît Thevenin

                                      

Moderato cantabile est un film de Peter Brook sorti en 1960, d’après le roman Moderato cantabile de Marguerite Duras. Le titre est inspiré d’une expression utilisée en musique (moderato cantabile).

Une grande bourgeoise qui s’ennuie s’éprend d’un ouvrier employé par son mari. La tragédie durassienne illustrée platement par Brook, mais sauvée par Jeanne Moreau. Hasard de la programmation : après Post coitum, animal triste, c’est le deuxième film de la semaine sur le même canevas : une grande bourgeoise s’éprend passionnément d’un brun ténébreux. Terme éternel il est vrai, de L’Amant de Lady Chaterley au Diable au corps, en passant par le roman éponyme de Marguerite Duras. Les deux films ont des points communs jusque dans les détails : dans les deux cas, c’est un fait divers qui va mettre en perspective la passion amoureuse. Et à la chatte en rut de Brigitte Roüan répond ici la “chienne” en laquelle se transforme Jeanne Moreau, jusqu’au râle final au pied du bar. Nous sommes en 1960, et qu’un personnage féminin revendique le statut de “chienne”, démontre la modernité du film… sur le fond. 



   

Car dans la forme, Peter Brook, grand metteur en scène de théâtre, n’a pas tellement su quoi faire de ce texte si fort. On entend les phrases de Duras, mais il n’est pas certain qu’on les voie. Sa prof de piano explique au petit Pierre que “moderato cantabile, ça veut dire modéré et chantant” : le problème, c’est que Brook a réalisé un film bavard sur la passion. Heureusement, il y a Jeanne Moreau. C’est peu dire que Belmondo est insignifiant, mais le film, c’est d’abord la passion de cette grande bourgeoise de province pour un ouvrier employé par son mari, la passion d’une femme qui préfère la folie de l’inconnu à l’ennui de son foyer. Jeanne Moreau a parfaitement compris la tragédie durassienne : elle ne compose pas, elle est possédée par la passion de son personnage, s’oublie totalement. Hagarde, déchue, mourante de désir, elle mérite ici sans discussion ses galons de grande comédienne.
Prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes 1960 pour Jeanne Moreau . Source : https://www.cinemas-utopia.org/bordeaux/index.php?id=2567&mode=film




Jules et Jim .1962
« Depuis que j’avais douze ans, je notais sur un carnet tous les films que j’avais vus […] j’avais calculé que j’avais vu près de deux mille films en six ou sept ans et que j’avais donc perdu quatre mille heures de lecture » déplore François Truffautdans un entretien datant de 1968. Si, dans ses années d’apprentissage, son amour de la littérature et du cinéma ont pu entrer en conflit, il n’a eu de cesse de les réconcilier dans sa carrière de cinéaste au cours de laquelle il a adapté pas moins de douze romans, dont deux écrits par Henri-Pierre Roché. Si son acte de naissance cinématographique se fait sous le signe de l’autobiographie avec Les 400 coups, ses premiers pas dans l’adaptation littéraire demeurent une étape essentielle de sa mue en réalisateur confirmé. Depuis qu’il a découvert Jules et Jim par hasard en 1955, il n’a qu’une obsession, celle de le transposer sur grand écran. Un an auparavant, il écrivait dans les Cahiers du Cinéma l’article à charge « Une certaine tendance du cinéma français », conspuant le cinéma dit de « qualité ». S’attaquant farouchement à des scénaristes comme Aurenche et Bost, il remettait en cause leur manière d’adapter la littérature, qui sous couvert d’être fidèle à la lettre et à l’esprit du roman, trahissait en réalité le texte original. François Truffaut et Jean Gruault ne cherchent pas à être fidèles à tout prix à l’œuvre autobiographique de Roché, puisqu’ils n’ont pas hésité à effectuer des remaniements substantiels, à faire disparaître des personnages ou développer au contraire des passages seulement esquissés. Car adapter un univers créé préalablement par un écrivain n’empêche pas de se l’approprier. Cela dit, jamais Truffaut et Gruault ne trahissent l’essence littéraire de Jules et Jim.


   
Plus qu’une adaptation purement cinématographique, le film s’impose même comme un modèle de « roman filmé », selon l’expression de François Truffaut. D’ailleurs, la poésie des mots précède le tourbillon des images : avant le générique de début, la voix rugueuse de Jeanne Moreau se superpose à un écran noir, ce qui préfigure l’utilisation massive de la voix-off qui émaille le film d’un bout à l’autre. Grâce à ce procédé, la plume d’Henri-Pierre Roché rencontre naturellement la caméra deFrançois Truffaut


La scène où Jim raconte son histoire à Catherine au cours d’une promenade nocturne dans la nature est une bonne illustration de cette connivence : tandis qu’un travelling épouse la marche des promeneurs, la voix-off résume en quelques secondes le long monologue de Jim ; toujours au cours du même plan-séquence, Catherine commence alors à raconter sa propre histoire en temps réel. 


                          



François Truffaut ne se soucie pas ici de réalisme mais recherche dans sa manière de filmer la sobriété et la concision du style d’Henri-Pierre Roché. A cet égard, l’incipit est d’une précision remarquable : en un peu plus d’une minute, la voix-off pose le décor, relate la genèse de l’amitié entre Jules et Jim, leur complicité intellectuelle et leur quête de la femme désirable. Le montage vif épouse le débit rapide du narrateur, qui impose son rythme au film.
Mais la dimension littéraire ne transparaît pas seulement à travers la voix-off. La mise en scène de Truffaut offre bien plus qu’une simple illustration du texte d’Henri-Pierre Roché. Les livres peuplent les bibliothèques, les personnages se livrent une correspondance nourrie, vont au théâtre, citent des grands auteurs comme Oscar Wilde, et multiplient les allusions à la littérature pour décrypter leurs relations avec les autres. 


                                    


Car l’existence est faite de symboles qu’il s’agit d’interpréter. Pour tenter de percer à jour Catherine, Jim lui cite un passage qu’elle a souligné dans un roman et qui se révèle représentatif de sa personnalité. De la sorte, l’intertexte est lourd de signification car il délivre des clés d’interprétation. Les objets manipulés par Catherine revêtent également un sens nouveau : la cigarette, érotisée lorsqu’un homme l’allume pour une femme, se métamorphose en cigare entre ses dents.
Comme lors de son plongeon dans la Seine, elle se débarrasse de ses atours féminins pour mieux dominer la société des hommes qui l’entourent. De même, qu’il s’agisse des Affinités électives de Goethe ou d’un pyjama blanc, elle use avec liberté des objets les plus inattendus pour triompher de ses amants. Manipulatrice, Catherine est une « femme fatale » - expression au cœur de la chanson Le Tourbillon de la vie - qui profite de l’aveuglement des hommes. Et cet aveuglement est caractéristique des héros tragiques qui se débattent dans les mains des dieux. A la fin, ce manque de discernement s’avère fatal pour Jim. Source : http://www.dvdclassik.com/critique/jules-et-jim-truffaut

1 commentaire:

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