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lundi 13 janvier 2014

Pale Rider

Un groupe de chercheurs d'or exploite Carbon Canyon, lopin de terre et de roche enclavé dans les multiples possessions de Coy LaHood, industriel cynique qui régne par la terreur sur "sa" région. Le riche propriétaire convoite la malheureuse vallée. Il s'acharne sur ses occupants, espérant les voir partir. Ses hommes de main, menés par son fils Josh, saccagent régulièrement le camp de la communauté.
Après une visite franchement dévatatrice, Magan, jeune adolescente, enterre son chien dans la forêt et implore en priant un miracle salvateur pour elle et ses proches. Semblant naitre de cette prière, un étrange cavalier solitaire s'extirpe de la brume des hauteurs pour mettre sa force surhumaine au service des "gentils". The Preacheur, ainsi le nomme-t-on pour son col ecclésiastqiue, s'installe parmi les opprimés et insuffle dans leurs rangs démoralisés et meurtis un nouvel élan de courage.
Voyant cette communauté remobilisé Lahhod emploie le Shérif Stockburn, un marshal de Sacramento et ses mercenaires aux méthodes expéditives. Le Preacher troque dans une consigne de gare son col blanc contre des colts usés, dévoilant un indice de son passé. Dans une ville déserte, il liquide tour à tour les hommes de LaHood, ceux de Stockburn et Stockburn lui-même. Le cruel sherif semble reconnaitre en lui un homme qu'il avait tué un an plus tôt. Hull Barrett sauve in extremis the Preacher abattant d'un coup de feu l'industriel qui le mettait en joue discrètement. Lorsque Magan arrive sur les lieux du denouement, le cavalier solitaire a disparu. Ses appels se perdent dans de lointains echos.


                
western spaghetti michael moriarty gifChoisir un film de Clint Eastwood cowboy/réalisateur, lui qui dans la pop-culture est indissociable de son image de justicier de l’ouest, est une épreuve. Pourquoi Pale Rider alors ? Parce que pour la seconde fois dans sa carrière, Eastwood injecte du fantastique dans son traitement, mais à la différence de L’Homme Des Hautes Plaines (1973), Pale Rider affiche une maîtrise formelle digne de ses maîtres Leone et Siegel, voire plus. Surgit des brumes, son pasteur fantôme s’envole au dessus de la condition humaine et de la réalité terrestre de la star. Eastwood s’accepte définitivement comme légende vivante, le cowboy mystique, l’image ultime de la vengeance sur grand écran.


                              



Il y a beaucoup de choses dans ce film. J'y ai découvert un aspect qui ne m'avait pas frappé auparavant, c'est la préoccupation écologiste d'Eastwood, qui insiste sur le fait que LaHood "défigure" le paysage rural en utilisant des pompes hydrauliques. Le réalisateur est semble-t-il très sensible à ça, il y revient à plusieurs reprises dans le film. Ensuite, c'est un quasi remake d'un classique du western : "L'homme des vallées perdues" de George Stevens, dont "Pale rider" reprend complètement l'histoire, à savoir : l'arrivée d'un cavalier solitaire, une petite communauté en proie à un méchant propriétaire terrien, l'amitié/rivalité entre le cavalier solitaire et le leader de la communauté, l'histoire racontée du point de vue d'un enfant (un sale gosse dans le classique de Stevens, une belle adolescente dans le film d'Eastwood).

Le réalisateur reprend donc de manière consciente la trame la plus classique qui soit, mais c'est pour mieux la pervertir. Car Eastwood fait de "Pale rider" un authentique film fantastique, en faisant de son personnage un véritable fantôme, qui revient d'entre les morts pour accomplir une mystérieuse vengeance contre le shérif Stockburn. La première apparition d'Eastwood est une des plus grandes scènes qu'il ait jamais faite dans un de ses films : la petite fille fait une prière pour demander un miracle et, en parallèle, on voit les premières images d'Eastwood apparaître au loin, en même temps que la musique passe d'une tonalité douce vers des cuivres qui glacent le sang... C'est vraiment une séquence splendide. L'aspect "fantastique" passe notamment dans de tous petits détails, qui sont vraiment extrêmement bien rendus.


                  On ne peut comprendre "Pale rider" qu'en faisant attention aux expressions des personnages et en s'intéressant à de "petites choses" : c'est l'expression du shérif Stockburn (un personnage qu'on voit à peine, mais qui est vraiment réussi) quand on lui décrit la physionomie du preacher et qu'il dit "cela ressemble à quelqu'un, mais il est mort" (à compter de ce moment, Stockburn ne va cesser de garder une mine inquiète, comme s'il pressentait lui-même qu'il avait affaire à une entité surnaturelle) ; c'est aussi la manière dont Eastwood tue Stockburn, en le criblant de balles aux exacts mêmes endroits que ceux de ses propres blessures.
La ressemblance est frappante entre ce film et certains westerns italiens réalisés quelques années auparavant, surtout le fameux "Django le batard". Est-ce une référence consciente de la part d'Eastwood ? Ca m'étonnerait, d'autant que le thème du "revenant" intervient à plusieurs reprises (soit de manière explicite come ici, soit en filigranne) dans son oeuvre. 

On notera par ailleurs que les seconds rôles sont très réussis : Christopher Penn tout jeune, Richard Dysart (dont le ventre explose dans "The Thing"), Richard Kiel ("Jaws" dans les Bond "L'espion qui m'aimait" et "Moonraker") très marrant, et surtout Michael Moriarty, acteur fétiche de Larry Cohen qui est vraiment très bon..Source : http://www.hollywood80.com/

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