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lundi 27 janvier 2014

Les cadavres ne portent pas de costard

Un détective privé nommé Rigby Reardon reçoit chez lui la ravissante Juliet Forrest. Si elle s'adresse à lui, c'est pour lui demander de retrouver son père, un savant réputé et célèbre fabricant de fromages, qui a mystérieusement disparu sans laisser de traces. Rigby Reardon se met immédiatement au travail. Il dispose cependant d'un indice : une étrange liste sur laquelle figurent des noms et la mention «les amis et ennemis de Carlotta». Au fur et à mesure que son enquête progresse, Reardon fait la rencontre de très nombreux personnages charismatiques. Il s'avère qu'ils sont tous les héros de films noirs hollywoodiens des années 40... 
A l'époque, l'idée avait paru révolutionnaire : aller chercher dans une vingtaine de classiques du film noir des morceaux de scènes interprétées par des stars hollywoodiennes et les insérer dans un polar parodique, de façon qu'ils fassent avancer l'action (l'enquête d'un privé sur la disparition d'un riche savant). Il fallut, paraît-il, de longues semaines de (re)visionnage pour trouver les fragments adéquats - Burt Lancaster sur son lit des Tueurs, Ray Milland à la recherche de son dernier dollar dans Le Poison, etc. Pourtant, le plus souvent, le scénario, absurdement alambiqué, n'est qu'un prétexte pour convoquer un nouveau revenant... Plus de vingt ans après, la prouesse technique (beau travail sur les transparences) est éclipsée par les progrès du numérique et, VHS et DVD obligent, les stars du passé n'ont jamais été aussi familières.


   
           
Reste la puissance comique (inégale) de Steve Martin et l'atmosphère sympathique d'hommage à une époque révolue, soulignée par une magistrale bande originale signée Miklós Rózsa.Ce fut le dernier film du célèbre compositeur qui due, pour ce film, retrouver des musiques qu'il avait composé pour certains des vieux films cités des années 40-50. Parmi tant d'autres, nous retrouvons "Le Grand Sommeil" (The Big Sleep) de Howard Hawks, "La Flamme sacrée" (Keeper of the flame) de George Cukor, "Soupçons" (Suspicion) ou "Les Enchaines" (Notorious) d'Alfred Hitchcock...


                                    


Avec cette délirante parodie des films noirs des années quarante et cinquante, dans laquelle sont insérés des extraits d'oeuvres célèbres jouées par Lauren Bacall, Cary Grant, Humphrey Bogart, Ava Gardner et bien d'autres, Carl Reiner a ravi toute une flopée de cinéphiles. Grâce à un habile montage, Steve Martin donne en effet la réplique aux stars de l'âge d'or hollywoodien (mortes pour la plupart !), et les images d'hier et d'aujourd'hui "raccordent" dans un noir et blanc qui retrouve la texture des classiques d'antan. Ainsi, l'intrigue trouve dans la confusion des vieux films qu'elle pastiche une justification commode pour détourner des séquences entières de leur sens premier.


                                     


Résultat à l'écran : un festival de gags ininterrompus, qu'un formidable travail de reconstitution (costumes, décors, photo) rend irrésistible. A noter la présence de Rachel Ward (l'héroïne des Oiseaux se cachent pour mourir) au sommet de sa beauté, dans un rôle de vamp.
Lors de sa première semaine d'exploitation, le long-métrage se classe deuxième au box-office américain avec 6 750 271 $, puis finit son exploitation au bout de cinq semaines avec 18 196 170 $, soit approximativement 6 189 000 entrées...



                                     

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