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lundi 27 janvier 2014

La nuit du loup-garou

La nuit du loup-garou est l’unique métrage de la firme Hammer consacré au mythe de la lycanthropie, ce qui peut surprendre lorsque l’on voit la réussite du métrage. De plus, au début des années 60, la compagnie se lança frénétiquement dans l’exploitation de son fond de commerce en multipliant les séquelles de ces titres phares. Le cauchemar de Dracula accoucha de 8 suites, Frankenstein s’est échappé de 6 et La malédiction des pharaons de 2. Dans le quatuor des grands monstres du patrimoine classique du fantastique il ne restait donc que le loup-garou à exploiter. Mais, étonnamment, cette adaptation du roman Le loup-garou de Paris de Guy Endore ne connut, pour sa part, aucune suite.
L’intrigue débute par l’arrivée d’un mendiant dans une petite ville d’Espagne apparemment désertée par ses habitants. Au pub local, on lui explique qu’il arrive un jour férié car le marquis Siniestro (avec un nom pareil, on devine tout de suite qui sera le méchant !) se marie. Les villageois se doivent donc de partager la joie du marquis même s’ils ont dû pour cela se saigner aux quatre veines afin de payer les dépenses de Siniestro. N’ayant plus d’argent à donner, les habitants suggèrent au mendiant de tenter sa chance au château du marquis. Arrivé sur place, le pauvre homme se voit rapidement humilié par le marquis, un ignoble personnage qui finit par le vendre à sa jeune épouse. Lassé de la plaisanterie Siniestro enferme finalement le mendiant dans une cellule où il va rester durant une quinzaine d’années, oublié de tous si ce n’est de la fille muette du geôlier. Malheureusement la belle demoiselle attise les désirs du marquis, à présent abandonné de tous. Siniestro tente de violer la jeune femme qui résiste et se voit condamnée à la prison.



                               
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Là, elle sera finalement abusée par le mendiant qui périt ensuite d’une crise cardiaque. La jeune femme tue ensuite le marquis et s’enfuit dans la forêt avant d’être recueillie par Don Alfredo Corledo et sa servante Teresa. Mais la demoiselle est tombée enceinte des œuvres du mendiant et meurt en couches, donnant naissance le jour de Noël (un mauvais présage !) à un garçon prénommé Léon. Le petit garçon grandit mais, à l’âge de 10 ans environ, il apparaît clair qu’il souffre de lycanthropie. Don Corledo demande alors conseil à un prêtre qui lui affirme que la seule solution est d’offrir à Léon beaucoup d’amour afin de tenir éloigné les forces maléfiques désireuses de s’emparer de son âme. Tout semble bien se passer pour Léon jusqu’à ce qu’il atteigne une vingtaine d’années.


                                  


A ce moment il tombe amoureux de la belle Cristina, la fille de son employeur malheureusement fiancée à un fils de bonne famille. Et, un jour, après une tournée des bars et bordels en compagnie d’un de ses camarades de travail, Léon laisse resurgir la bête qui est en lui…
La construction de La nuit du loup-garou repose donc sur trois parties successives : la première concerne les démêlées du mendiant et de la jeune muette avec Siniestro, la seconde se déroule dix ans plus tard et s’intéresse aux parents adoptifs de Léon, la dernière, enfin, se concentre sur l’histoire d’amour du jeune homme alors incarné par Oliver Reed. Ces trois épisodes sont assez courts et l’on regrette un peu que le cinéaste n’ait pas eu la possibilité de développer davantage les différences intrigues. Les transitions sont également assez abruptes et utilisent la voix off d’un narrateur pour relier les différents segments, se permettant souvent des raccourcis et des ellipses afin de ne pas dépasser les 90 minutes règlementaires.



Mais certaines scènes sont splendides, en particulier la mort du marquis, le baptême de Léon (avec l’eau sacrée qui se met à bouillir et révèle le reflet d’une gargouille démoniaque), la fabrication de la balle d’argent et, évidemment, le final sur le clocher de l’église.
Les interprètes, pour leur part, sont plutôt convaincants : Oliver Reed livre une belle composition et retranscrit parfaitement le côté tragique de sa condition. Dans les dernières séquences, on peut réellement sentir le combat intérieur qu’il livre pour dominer sa nature animale et la conscience aiguë de sa fin inéluctable. Anthony Dawson, dans le rôle du marquis, cabotine sans éviter la surenchère mais son jeu très chargé (le marquis est ignoble, pas moyen de lui trouver la moindre circonstance atténuante !) fonctionne plutôt bien dans le contexte. 


                                  


Si certains détails semblent un peu bâclés, le métrage dans son ensemble reste une grande réussite.
La mise en place de la malédiction se révèle très intéressante et réussit à grandement crédibiliser les événements survenant dans la dernière demi-heure. Le travail sur le maquillage est, lui aussi, remarquable pour l’époque et le loup-garou, dont l’apparence renvoie à celle de Lon Chaney dans le classique Le loup-garou de la Universal (et qui sera ensuite reprise par Paul Naschy tout au long de sa saga El Hombre Lobo) s’avère réellement impressionnant. Pour un film de 1961, La nuit du loup-garou se montre d’ailleurs audacieux en abordant le thème du viol et en laissant couler le sang à plusieurs reprises, en particuliers lors du meurtre du marquis qui fut jadis fort censuré. Comme toujours la réalisation de Terence Fisher montre une belle maîtrise et les décors sont soignés, tout comme la photographie qui se permet des plans superbes de la pleine lune brillant dans un ciel ténébreux.



La nuit du loup-garou demeure, en dépit de quelques défauts somme tout bien excusables, un grand classique de l’épouvante britannique et une des plus belles réussites de la Hammer. Il se doit également de figurer dans le peloton de tête des meilleurs métrages consacrés au mythe du loup garou (avec Le loup-garou et les plus récents Hurlements et Le loup-garou de Londres) et à ce titre mérite largement une attention soutenue

1 commentaire:

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