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jeudi 30 janvier 2014

Fred Astaire


Lorsque Fred Astaire arrive à Hollywood en 1933 et tourne son premier bout d'essai pour la compagnie RKO, le verdict est le suivant "Perd ses cheveux. Ne sait pas jouer. Ne sait pas chanter. Sait un peu danser." C'est le "un peu" qui décide de sa carrière. Il sera donc danseur puisque, parait-il, il ne savait vraiment rien faire d'autre !





Et la face de la comédie musicale s'en trouve changée. Fred Astaire porte le genre à son plus haut point d'élégance, de charme et d'ironie "Mes chaussures ont du talent" admet-il avec l'humour et la modestie dont il ne se départ jamais, pas plus que d'un exigeant perfectionnisme. Il a l'habitude de se coucher tôt, de se lever à l'aube et de travailler inlassablement. Son talent et sa générosité crépitent au bout de ses souliers vernis, dans les pans de son habit. Il ne fait que son métier de danseur, mais à force de précision et de légèreté, il atteint une grâce de rêve. Dans la mécanique bien huilée d'Hollywood, Frédérick Austerlitz, de son vrai nom, empereur du tap dance, du chapeau claque et de la queue-de-pie, introduit le génie. Il fut l'incarnation suprême d'une certaine forme de divertissement.



   

Il nait le 10 mai 1899 à Omaha (Nebraska) où son père brasseur s'est établi. Il commence; à danser très tôt, non par véritable passion, mais pour imiter sa sœur Adèle, qui suit des cours de danse et manifeste un talent inné. Alors qu'il a quatre ans, sa mère l'inscrit à l'école de danse où se trouve sa sœur et à sept ans, il forme avec elle un couple de music hall qui recueille déjà un certain succès.
Fred Astaire et sa sœur Adele dansent ensemble jusqu’en 1932, gagnant des fortunes "Nous avons aussi connu des fours épouvantables, écrit Fred Astaire dans son autobiographie, Step in Tima. Il m’est arrivé de danser des soirées entières jusqu’à l’épuisement sans le moindre applaudissement ; Alors que nous avions besoin de travailler, ma sœur et moi, nous avons été renvoyés des music-Halls de l’époque un certain nombre de fois. Ce qui pousse les artistes à aller de l’avant, c’est la certitude que la prochaine fois sera la bonne."


           




Puis Adele épouse un Lord Anglais, Charles Cavendish et abandonne la scène puis son frère ; Celui-ci songe alors à renoncer à la danse, d'autant qu'Hollywood lui fait un piètre accueil. Heureusement, David O'Selznick est d'un avis différent et en 1933, il engage Frederick, devenu Fred Astaire, pour une apparition dans un film Dancing Lady (Le Tourbillon de la danse, 1933) avec Joan Crawford. Ainsi commence l'une des carrières les plus spectaculaires d'Hollywood.
L'homme miracle de la comédie musicale américaine est un petit bonhomme de 1m63 qui pèse à peine 50 kg. Pas très beau, les oreilles décollées, la tête en pain de sucre, le cheveu rare, il a pourtant un charme fou et danse de façon éblouissante. Au cinema américain, la comédie musicale en est encore au stade de Rusby Berkeley, qui l'a fait passer au cadre étroit de la scène à de vastes espaces, avec des numéros géométriques délirants et une débauche de figuration.


     

Avec Fred Astaire, la comédie musicale s'individualise et se raffine. Aux énormes ballets d'un goût souvent douteux succèdent les pas de deux et les éblouissants numéros de claquettes où il excelle, vêtu de son habit légendaire et de sa canne à la main. Reste toutefois à lui trouver une partenaire car, malgré son goût pour la danse en solo, il a connu ses plus grands succès dans des numéros où il se produisait avec sa sœur.
Pour son deuxième film, Carioca, en 1933, Astaire occupe seulement la cinquième place sur l’affiche, juste après une inconnue, Ginger Rogers. Engagée depuis peu, elle aussi vient du Music-Hall. Elle a joué quelques petits rôles dans des films médiocre avant d’être remarquée en 1933. Personne ne pense qu’elle puisse être autre chose qu’une chorus girl, mais c’est en fait une professionnelle infatiguable.


   


Elle obtient d’interpreter le numéro avec Astaire dans Carioca. C’est ainsi, que va se former l’un des couples légendaires de la comédie musicale. Le public se met aussitôt à les réclamer. Ils enchainent alors sept autres films. Les scénarios, construits sur la même trame, ne sont pas d’une grande richesse d’imagination : un jeune homme rencontre une jeune fille, ils commencent par se détester, finissent par s’aimer et tout se termine par un happy end délirant. La partie chorégraphique suit exactement le même schéma. Chaque film comporte au moins quatre numéros de danse pour Astaire : un solo pour attirer l’attention de sa partenaire, une manœuvre enveloppante pour la désarmer suivie d’une langoureuse danse de séduction, enfin un ballet étourdissant pour la fin.
Pour ces numéros réglés au millimètre près, Fred Astaire et Ginger Rogers sont toujours aidés par les plus grands chorégraphes hollywoodiens.


         
   

Astaire est un perfectionniste. Les répétitions épuisantes auxquelles il soumet ses partenaires provoquent souvent des tensions avec Ginger Rogers. Pour tous les américains, Fred et Ginger représentent le couple idéal et le monde entier les croit amoureux tant le rêve et la réalité ont tendance à confondre le public. En réalité, ils ne s’aiment pas. "Elle est méchante et jalouse, ce n’est qu’une danseuse de Charleston". dit-il, ce à quoi elle rétorquait "Quand il danse on voit surtout ses grandes oreilles". Fred disait que lorsqu’ils tournaient des scènes d’amour, ils se disaient des horreurs tout en souriant et en prenant un air énamouré. En dehors des studios, ils ne se fréquentent pas du tout, mais leur inimité n’a pas empêché le miracle se produire : les huit films qu’ils tournent ensemble portent à son apogée l’art légendaire de la comédie musicale américaine. Cependant d’un commun accord ils décident de mettre fin à leur association en 1941. Le même jour a lieu l’attaque de Pearl Harbor, et un journal titrait " Deux désastres en même temps pour l’Amérique ".


Sans Ginger, Fred Astaire continue d’etonner, de séduire et de tourbillonner en se faisant le chevalier servant de quelques-unes des plus grandes vedettes d’Hollywood. En chaque partenaire, il puise une nouvelle vitalité. Ainsi, il a des moments sublimes avec Eleanor Powell dans Brodway Melody of 1940 (Broadway qui danse, 1940), en 1941 avec Rita Hayworth dans You'll never get rich (l’Amour vient en dansant) et en 1942 dans You were never lovelier (O toi, ma charmante !). Bien que cousine éloignée de Ginger, on dit de Rita Hayworth qu'elle est belle, danse bien et surtout a un caractère plus facile que celui de Ginger Rogers. Il danse avec l’éblouissante Cyd Charisse dans The Band Wagon (Tous en scène, 1953) et Silk Stockings (La Belle de Moscou, 1957), Leslie Caron dans Daddy Long Legs (Papa longues jambes, 1955), Audrey Hepburn dans Funny Face (Drôle de frimousse, 1957). Rita Hayworth déclare "Les films avec Fred Astaire font parti des réussites de ma vie".

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