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mercredi 18 décembre 2013

Virgil Widrich

Virgil Widrich est né en 1967 à Salzbourg.Ayant tâté de la pixillation ou du stop motion en super 8 dès l’âge de douze ans, cet Autrichien est aussi une sorte de laborantin : ses derniers courts métrages furent pour lui autant d’équations à résoudre avant de pouvoir se lancer dans leur fabrication proprement dite.Virgil Widrich s’est fait un nom au cinéma avec Copy Shop, véritable “blockbuster” dans le monde du court métrage, qui a représenté l’Autriche aux Oscars en 2002, après avoir été multi-primé dans les festivals internationaux.En 2003, il présente en compétition au festival de Cannes Fast Film, qui fera plus de deux cent cinquante festivals et raflera une quarantaine de prix. Widrich a développé au fil des années une société de multimédia qui crée des sites web pour des institutions prestigieuses, des bases de données et des installations interactives.


                       

Faire du volume avec du plat, du neuf avec du vieux, de l’entertainment avec de l’avant-garde et du court métrage avec du long…En quatorze minutes ludiques, l’Autrichien Virgil Widrich renouvelle
avec Fast Film le principe du found footage (appropriation d’images existantes) et s’amuse à donner un coup de fouet à l’animation traditionnelle.C’est en jetant à la poubelle l’un des morceaux constitutifs
de Copy Shop et en voyant la boule de papier rouler avec le personnage principal imprimé dessus que Widrich trouve le concept graphique et technique de Fast Film. 

En filmant image par image chaque boule de papier correspondant à une suite de photogrammes(donc vingt-quatre boules de papier pour une seconde), on peut reconstituer le principe filmique et voir le personnage évoluer sur la boule de papier froissé dans son mouvement ainsi recomposé. Soit de l’animation en volume à partir d’images plates. Widrich décide alors de s’attaquer à un film entièrement constitué d’origamis où le
héros serait incarné par un acteur différent à chaque plan, pour ainsi démontrer et démonter les codes et normes d’un cinéma dominant et néanmoins attractif. Et pour cela, quoi de plus interchangeable
que les plans constituant une course-poursuite hollywoodienne…Après plus de deux ans de recherches et plus d’un an de fabrication,Widrich, dans la continuité de Copy Shop, réussit donc le croisement idéal entre film d’avant-garde et divertissement. En effet, Fast Film(“fast” signifiant “presque” en allemand)est uniquement composé d’extraits de célèbres films d’action, essentiellement hollywoodiens. Plusici: http://www.le-court.com/lecons_cine/fichiers_analyse/fichier_analyse_165_fast_film.pdf


                     

Les extraits ont tout d’abord été digitalisés, puis chaque photogramme composant la séquence a été imprimé sur une feuille de papier, pliée pour former un origami (avion, train, voiture, cheval).Chaque objet en volume fait de papier plié ainsi obtenu (environ 65 000 en tout) a ensuite été refilmé image par image toujours selon une technique d’animation traditionnelle.En marge de l’originalité d’un procédé hybride (l’ordinateur est utilisé dans le processus, notamment pour déterminer les lignes de pliages)et d’un principe formel novateur, cette idée permet surtout au réalisateur de re-parcourir l’histoire du cinéma, s’amusant ainsi des codes et clichés de la course-poursuite (genre exclusivement cinématographique) en assemblant, dans la continuité d’une action voire dans un même cadre, des personnages issus de films différents,donc d’époque différentes, réalisés par différents metteurs en scène…Il explore surtout la notion de stéréotype (le héros, sa bien-aimée ou les “super-vilains” changent de corps/acteur quasiment à chaque plan) et – titre oblige – de vitesse, via les différents moyens de transport utilisés dans cette grande course-poursuite (qui commence avec un cheval, se poursuit en train puis en voiture, pour finir parune gigantesque et tonitruante bataille aérienne). 

Le film associe ainsi plusieurs niveaux de lecture, tous ludiques, le spectateur pouvant suivre l’action globale (le héros doit délivrer la jeune femme des griffes des méchants) ou s’intéresser à ce qui se déroule dans chaque“case-origami”, tout en s’amusant à deviner la provenance des fragments de films.(Florilège Némo)
Bonus : Make real 



   

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