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jeudi 12 décembre 2013

Un poisson nommé Wanda

Si (lorsque) l'on parvient à faire abstraction de ses maladresses techniques, Un poisson nommé Wanda est un petit bijou d'humour anglais, qui se savoure avec la même délectation que cette pâtisserie dont vous avez un peu raillé l'apparence lorsqu'elle est arrivée sur la table, mais de laquelle vous êtes en train de vous resservir la troisième part.
Casting aux petits oignons, dialogues finement ciselés, c'est une symphonie zygomatique qui ne vous lâchera pas si facilement, pendant comme après.Le film souffre indéniablement de quelques sautes de qualité et on peut en outre déplorer une légère édulcoration de la "patte" Monty Python, mais après tout c'est une étiquette que l'on colle un peu facilement sur un John Cleese qui ne l'a en l'occurence pas spécialement revendiquée.Ce serait donc un peu un faux procès à lui faire.Jamie Lee Curtis confirme avec brio tout le bien qu'on pense d'elle, notamment son potentiel de séduction, et Kevin Kline touche sans doute là l'un de ses meilleurs rôles, sinon le meilleur.
Les retournements de situation sont tour à tour absurdes ou jubilatoires, parfois les deux, souvent prévisibles, jamais ennuyeux.Petit bémol tout de même car, si cette remarque vaut scénaristiquement parlant, dans la mise en oeuvre c'est plus délicat, et l'on relèvera une espèce de faux rythme qui laisse parfois un peu le spectateur sur le bas-côté.


                      
SUITE : n0mm6 w@nd@


Un peu comme si à certains moments, les réalisateurs et acteurs avaient davantage fait le film pour eux-mêmes.Assez perturbant.Le bilan c'est une oeuvre qui certes commence à accuser un certain âge, mais a plutôt bien vieilli ma foi, et peut encore sans problème s'apprécier aujourd'hui, qu'on la découvre ou redécouvre. Amis des bêtes, s'abstenir : outre Wanda le poisson rouge, qui passe un très sale quart ­d'heure entre les babines de Kevin Kline (« Il vaut mieux éviter les verts. Ils ne sont pas ­encore mûrs »), on assiste à divers écrabouillages malencontreux d'innocents quadrupèdes. En revanche, si vous avez toujours rêvé de voir John Cleese se déhancher en sous-vêtements, susurrant n'importe quoi en simili-russe (« Glasnost... Gorbatchev... »), cette hilarante comédie est pour vous.


                                                        


Il y a bien une intrigue, sombre histoire de magot très convoité, mais l'essentiel est ailleurs. Instillant un peu de l'humour absurde des Monty Python, Charles Crichton orchestre une sarabande de gags givrés et burlesques, de comédiens en grande forme : Cleese, toujours guindé et farfelu, Jamie Lee Curtis en gourgandine malicieuse, et Kevin Kline dans un superbe numéro de psychopathe susceptible (« Ne me traite jamais, jamais de débile »).Cécile Mury

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