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dimanche 15 décembre 2013

Tarantula

Le professeur Gerald Deemer, pour contrer les carences nutritives planétaires, développe dans son laboratoire un nutriment qui permet aux animaux qui reçoivent l’injection de croître de manière considérable. Si le gigantisme qui frappe lesdits animaux permettra à coup sûr d’alimenter des générations de crève-la-faim, ce pantagruélisme risque de faire bien des dégâts si les bêbêtes sont exposées aux humains qui se rassurent de l’adage traditionnel des mamies sentencieuses selon lequel les petites bêtes ne mangent jamais les grosses. Sauf que, quand une tarentule s’échappe malencontreusement du labo et qu’elle commence à parcourir les étendues désertiques à la recherche de bouffe quelle qu’elle soit, il y a lieu de se préoccuper sérieusement…
En ces temps de disette, il faut une nouvelle idée à Jack Arnold, réalisateur de Le météore de la nuit et de L’étrange créature du lac noir et de sa suite, pour pouvoir nourrir sa petite famille. La reprise d’un scénario de Fresco rédigé pour la série Science Fiction Theatre mettant en scène des laboratins exposés à un produit radioactif qui se dégradent petit à petit semble être une bonne alternative surtout qu’Arnold décide de lui mêler une héroïne pour le moins effrayante du fait de ses huit pattes velues et de ses déplacements particuliers. Le projet, proposé à la Universal, est accepté sous contrainte de respecter certains préceptes financiers par souci d’économie (la surexposition d’images en guise d’effets spéciaux notamment).


  
         
Inscrite dans la mouvance du cinéma bis des années 50 largement inspiré par les récentes avancées scientifiques et le problème nucléaire, Tarantula fait suite au classique Des monstres attaquent la ville de Godon Douglas dans lequel des fourmis géantes envahissaient l’ère humaine et au Gozilla nippon d’Ishirô Honda castant un saurien vedette peu amène avec la population locale. Sauf que, à l’inverse des deux œuvres précitées, Tarantula se distingue par la présentation de la bête que Sholder propose. D’abord, chose peu courante, l’arachnide est mise en exergue dès l’entame (même si celle-ci n’a pas encore atteint sa taille définitive) dans le laboratoire de Deemer, laissant ensuite quelques pistes au spectateur afin qu’il tente de se représenter le gigantisme atteint par la bête à huit pattes. Ensuite, syndrome ...



Frankenstein oblige, le monstre n’en porte réellement que le nom, Arnold cantonnant son arachnide à de menues attaques à valeur nutritive. En somme, l’animal démesuré n’est rien d’autre qu’une créature (ignoble, il faut le dire) créée par l’homme qui ne se laisse aller au meurtre que par instinct de survie, utilisant les corps humains et bestiaux pour se repaître comme il se doit. La seule animosité (toute relative) à l’égard d’un hominidé peut être décelée dans l’attaque du laboratoire dont elle est originaire pour s’attaquer à son créateur, cédant ainsi au poncif habituel des films de monstres qui théâtralise volontiers la mort du créateur dans les griffes de la créature pour céder à la loi immorale mais naturelle du talion.


                                  

Largement calfeutrée (un comble vu sa taille) par les amourettes du docteur Hastings (John Agar déjà aperçu dans Revenge of the creature du même Arnold) et de Steve (Mara Corday), assistante du professeur Deemer, l’arachnide n’apparaît finalement que très peu, suscitant à chaque entrée un effroi toujours aussi efficace. Réduite à de simples poncifs et stéréotypes (celui du savant fou notamment), Tarantula reste pourtant un tour de force au classicisme séduisant et marque du même coup la mode arachnophobe qui sévit par étapes dans le cinéma horrifique.

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