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lundi 23 décembre 2013

Scarface

Scarface est un film américain réalisé par Howard Hawks, sorti en 1932.
Dans les années 20, à Chicago, Tony Camonte, un petit malfrat, fait tout ce qu'il peut pour accéder au pouvoir. Il devient le garde du corps d'un chef de gang, Lovo. Avec son complice Guido Rinaldo, il va peu à peu éliminer les concurrents de Lovo. Il va ainsi accéder au pouvoir au sein du gang.
Scarface est le modèle exemplaire du film de gangsters des années 1930.
Certaines scènes du film ont été modifiées par Will H. Hays et le Hays Office, sans l'accord du réalisateur. De nombreuses scènes ont été ajoutées, le thème de l'inceste presque entièrement éliminé, et la fin tronquée. Malgré tous ces aménagements et au terme d'un long bras de fer, le film est sorti dans une version non approuvée par le Hays Office. Avant chaque mort violente dans le film un X apparaît à l'écran, grâce à une astuce. Le premier plan est un plan-séquence d'environ deux minutes qui débute par un panneau de signalisation de carrefour en forme de croix, et se termine par le meurtre d'un gangster.
Scarface, le balafré en anglais, était le surnom d'Al Capone.
Hawks a voulu réaliser une adaptation des Borgia à Chicago, avec Al Capone en César Borgia et sa sœur en Lucrèce Borgia. Hughes souhaitait un film: « aussi excitant, réaliste et horrible que possible ».



          
           
Contrairement à la légende, Hawks n'a pas rencontré de vrais gangsters pour réaliser le film, mais Howard Hugues, lui, connait de vrais gangsters à qui il achètera l'hôtel à Las Vegas.
Le casting du film fut rendu difficile par les studios qui refusaient de prêter leurs vedettes à Howard Hawks.
Durant le tournage du film, Hawks eut une liaison avec Ann Dvorak qui continua pendant celui de The Crowd Roars. Le début du film s'appuie sur des faits réels fidèlement retranscrits.
La fin alternative du film (version B) n'est pas la fin voulue par Hawks, mais une fin tournée pour satisfaire le Hays Office (voir Code Hays). Dans cette version, Tony est jugé et pendu, et non abattu en tentant d'échapper à la police (version A). 


La version B ne fut pas non plus approuvée par la censure, et Hugues décida donc de sortir la version A, plus cohérente. L'acteur de Scarface Paul Muni a refusé de tourner les scènes de la version B car il était en profond désaccord avec la censure de l'époque. C'est pour cela que l'on ne voit pas son visage dans la scène de fin (version B).
De 1947 à 1980, le film fut quasi invisible aux États-Unis. Visible seulement à l'étranger ou à des projections clandestines en 16 mm, dans différentes versions, il devient un film culte pour les cinéphiles et critiques américains. Pour répondre à une exigence du producteur du film Howard Hugues, les nombreuses scènes de fusillades dans le film furent tournées avec des balles réelles.
Le film a inspiré Julien Duvivier pour Pépé le Moko notamment dans la fabrication des personnages, et aussi pour l'assaut final dans Le jour se lève.
George Raft a volé la vedette à Paul Muni, avec son visage en lame de couteau. Il restera LE gangster américain, longtemps après, jusque dans "Nous irons à Paris" (1949) ou Certains l'aiment chaud.


                                          


De toute évidence, la comparaison des oeuvres entre De Palma et Hawks s'impose aujourd'hui. Et puis... Le personnage du lumpen-proletariat, riche ou non, est toujours fascinant à découvrir dans un système économique qui génère ses propres crises sociales. Plus que le titre de la jaquette, il est nécessaire de remarquer que, hormis l'homonymie,
De Palma a reproduit son temps et Hawks le sien.
Je propose donc d'observer un match Montana vs Camonte.
Le film date de 1932, la réforme sur la prohibition d'alcool date de 1933 par Roosevelt - ce qui fait du film de Hawks un film d'actualité. De Palma aussi a fait un film d'actualité, oui mais avec 20 ans de retard ! Ce que De Palma n'a pas fait, c'est le contenu pertinent que Hawks avait fait à l'époque, avec la prohibition. 

Le dernier a fait de Scarface un homme adulé pour son machisme, sa cupidité et sa vulgarité tandis que Hawks a cadré son personnage de sorte qu'il ne dérive pas dans une espèce de fascisme nauséabond. Ce Camonte est arrogant avec l'autorité mais bienveillant avec les siens. Il sait faire la part des choses et voir dans ses intérêts. De Palma légitime un personnage qui fait dix fois plus de pognon avec dix fois plus d'individualisme.
Et pour pleins de jeunes, celui de De Palma est devenu un modèle ? Plus c'est facho et grotesque, plus c'est cool alors ?! Il n'empêche que l'évolution entre les deux Tony est intéressante dans la dégénérescence du rapport à l'autorité au cinéma. Si en réalité rien a changé du XIXème au XXIème siècle, aujourd'hui la corruption policière et de tout instrument d'Etat est une chose banale, qui se montre à loisir. On retrouve et on recrute les mêmes fripouilles dans la classe dominante que dans le lumpen-prolétariat. Il n'est donc pas étonnant que la moralité d'un film sur l'autre se perde : le premier Tony a peur de la police à la fin ; le deuxième Tony a toujours été arrogant du début à la fin (avec ses amis, sa famille, la police, les femmes... Le seul mec devant lequel Montana se couche, c'est le... banquier ! Comme si le banquier était la nouvelle morale édictée de nos jours).


   
         


Un autre point fondamental me "gêne" dans les deux Scarface : l'immigré venu foutre la merde est une invention ou un raccourci dans le pire des cas. Cela en fait un héros réactionnaire filmé par un réactionnaire capitaliste (Hawks est l'auteur des Hommes préfèrent les blondes et de la Rivière Rouge).
Le monde à plat ventre devant l'argent, l'immigré-voyou arrogant venu piller les richesses des honnêtes gens... Tout cela n'est que du cinéma, n'est-ce pas !
Mis à part ce très très léger détail :


             
                
                                   
Le Scarface le plus récent passe pour une piètre reprise, excepté la fin de Tony car Hawks a manqué de rigueur et de rythme... (De Palma aurait du faire exploser le gosse dans la bagnole et trouver un autre prétexte bien dégueulasse à la chute de Montana). Et puis comme je le disais, on imagine mal aujourd'hui qu'un truand ne résiste pas un tantinet face à la police au cinéma. Finis les "Hauts les mains" !Non franchement, ce film-là ne fait pas son âge, le jeu demeure bon. Il y a encore tout lieu de le voir aujourd'hui, pour moi qui suis très difficile avec les films en noir et blanc et les jeux d'antan.
D'ailleurs c'est ce film qui m'a fait dire que s'il était possible de faire aussi moderne, d'autres films n'avaient pas la moindre excuse d'être aussi cliché et mal montés alors qu'ils étaient parfois tournés quinze, vingt ans plus tard. 

1 commentaire:

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