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mercredi 4 décembre 2013

Mélodie pour un meurtre

Depuis que j'ai vu Mercury Rising, je me suis aussi décidé à voir Mélodie pour un meurtre, qui trainait depuis des années sur ma pile de films à regarder. Et pas déçu au final car je trouve que Becker réalise un sympathique petit thriller où le cinéaste mène bien sa barque.
Commençons par le casting pour toucher un mot sur le duo Pacino - Goodman qui fonctionne vraiment bien. Deux antithèses en la matière mais c'est ce qu'il faut pour que l'alchimie fonctionne. Enfin, je trouve quand même que la prestation du premier est en-dessous de ce que j'avais l'habitude de voir. Je reviendrai sur la prestation féminine dans quelques lignes.
Le thème de la femme fatale est un thème qui a déjà été abordé à de maintes reprises par le cinéma. Si Becker ne prétend pas réinventer le genre mais tout de même, il fournit un bon boulot. Sur l'ambiance, premièrement, il n'y a vraiment rien à redire. On ne se sent pas trop à l'aise durant tout le film. Il faut dire que le pitch se passe essentiellement de nuit. Ensuite, faut quand même avouer que certaines séquences sont vraiment bien foutues. Celle où Pacino et Goodman rencontrent les nanas via les journaux par exemple. Mais la plus torride reste celle où Keller demande à la principale intéressée du film de venir avec comme seul vêtement un impair sur elle dans un magasin. Torride.
Ca me permet de rebondir sur le rôle féminin. Ellen Barkin est absolument parfaite dans son rôle de femme fatale. Elle assume et assure totalement ce qu'elle doit être. Bref, elle est particulièrement aguichante cette bonne femme. Je vais pas le répéter cent fois, c'est promis. Et puis, le double rôle à laquelle Becker lui confie est bien foutu. Pour le personnage de Pacino, c'est assez compliqué. On comprend qu'il soit assez torturé. Car il a en face de lui soit la future femme de sa vie soit celle qui va l'assassiner au lit. Et toute l'oeuvre se base là-dessus, évidemment.


           

Enfin, on pourra dire que le final est réussi et tient totalement la route. C'est cohérent. On finit le film avec un sourire aux lèvres, en se disant qu'on a passé un bon moment et que des oeuvres ainsi, sans casser trois pattes à un canard, on en redemande.
Lassé du cinéma après de multiples échecs commerciaux dont le plus cinglant fut celui de Révolution (1985), la fresque historique d’Hugh Hudson avec Nastassja Kinski, Al Pacino s’est éloigné des plateaux durant quatre longues années consacrées notamment à la scène. C’est donc en tant que star déchue qu’il revient aux affaires avec un petit polar qui s’apparente par bien des aspects à une série B. Séduit par le script écrit par Richard Price (La couleur de l’argent pour Martin Scorsese), la star décide donc de sortir de sa semi-retraite pour incarner un flic au bout du rouleau qui préfère trouver la rédemption dans la bouteille que dans les rues malfamées du New-York interlope des années 80.





Pour emballer ce thriller largement influencé par le film noir des années 40, Pacino fait appel au producteur Martin Bregman avec qui il a travaillé sur Serpico (1973), Un après-midi de chien (1975) et surtout Scarface (1983), ainsi qu’au cinéaste Harold Becker réputé pour son sérieux sur le plan technique (on lui devait alors des films corrects tels que Taps, Vision Quest ou encore Etat de choc).
Malgré la filiation évidente avec les films précités signés Sidney Lumet, Sea of love n’a aucunement la puissance de ces prédécesseurs. S’inscrivant davantage dans la mouvance du thriller sexy popularisé par Liaison fatale (1987) que dans celle du polar réaliste, le film cherche avant tout à créer le trouble quant à la possible culpabilité du personnage féminin, incarné avec une certaine sensualité par Ellen Barkin.

Tout comme dans La corde raide avec Clint Eastwood et, plus tard, dans le Basic Instinct de Verhoeven, un jeu du chat et de la souris s’établit entre le flic ambigu incarné avec beaucoup de nuances par Pacino et cette femme fatale qui lui en fait voir de toutes les couleurs. Ecrit avec un certain talent par Richard Price et porté par un sens certain de la psychologie, Sea of love parvient donc à créer un véritable suspense autour d’une classique histoire de whodunit.
On regrette d’autant plus la présence derrière la caméra d’un cinéaste aussi impersonnel qu’Harold Becker. Le technicien emballe son polar avec savoir-faire, mais sans passion, livrant ainsi une série B correcte, mais aucunement marquante. Malgré la qualité toute relative du résultat final, le long-métrage fut un beau succès dans la plupart des pays, permettant de relancer la carrière de Pacino qui allait retrouver son personnage mythique de Michael Corleone dans Le parrain 3 l’année suivante.
Source : http://www.avoir-alire.com/sea-of-love-melodie-pour-un-meurtre-la-critique-du-film

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