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samedi 14 décembre 2013

Le Monocle

Le Monocle, c'est le commandant Théobald Dromard, espion français. On pourrait dire sans sourciller que lui et son acolyte Poussin sont la fine fleur des services d'espionnage: imaginez d'un côté un agent aux allures de noble, toujours tiré à quatre épingle, possédant une technique de tir très particulière, délicieusement campé par le grand Paul Meurisse, et de l'autre un vieux titi parisien qui doit avoir dans les 2000 ans, bougon et aimant la bonne chair, joué par le très sympathique Robert Dalban. Le tableau est posé: le Monocle est finalement le plus anglais des agents français dans son excentricité et son élégance, un héros qui n'est pas sans faire penser à John Steed, mais avec une pointe franchouilarde que l'on a l'habitude de voir chez Lautner. C'est très réussi, très attachant, surtout le troisième opus qui se déroule à Hong Kong.
C'est aussi un cinéma sans prétention, comme nous le rappelle le réalisateur : ces films n'avaient pas pour vocation d'être vu 40 ans plus tard à la télé via le dvd, mais juste d'être diffusé au cinéma à l'époque de leur production. On remet en contexte le fait que ces comédies policières répondaient parfaitement au cahier des charges d'un cinéma populaire voué à distraire mais aussi à donner une pointe d'exotisme au clampin lambda (je parle surtout pour "Le monocle rit jaune"). L'équivalent aujourd'hui de ces petits films fait avec peu de budget serait peut-être à trouver du côté de la télé, et l'on s'aperçoit alors qu'il y a une manque plus que cruel à ce niveau.
Mais bref, n'y pensons pas trop. En ces périodes estivales, c'est le moment de se remâter ces films, et même de pousser le vice jusqu'à redécouvrir plusieurs œuvres mettant en scene Paul Meurisse, autant dans ses rôles dramatiques (le commissaire du Deuxieme Souffle, son rôle dans l'Armée des Ombres, celui dans les Diaboliques) que ceux plus légers (le Déjeuner sur l'Herbe, le Majordome pour ne citer qu'eux).


                     
Le monocle noir : L’excentrique Marquis de Villemaur réunit dans son château une étrange assemblée de nostalgiques du nazisme, dont le commandant français Dromard, un mystérieux aveugle qui porte un monocle noir. Alors que le Marquis les informe qu’un haut dignitaire du Troisième Reich est toujours vivant, un meurtre est commis dans le château. Le voile se lève peu à peu sur les personnages et les masques tombent… Attention, nid d’espions !
Georges Lautner livre ici une adaptation très personnelle du roman d’espionnage de Rémy, en y ajoutant le second degré et le sens de la transgression qu’on lui connaît. Le Monocle noir, premier volet de la série culte du Monocle, ouvre brillamment la voix aux Barbouzes et aux Tontons flingueurs, chefs-d’oeuvre d’un genre que Lautner manie à la perfection. Un bijou d’humour noir, porté par l’interprétation pleine de flegme de l’inoubliable Paul Meurisse. Indémodable !

L' oeil du monocle : Un ancien SS, seul rescapé d’un commando qui cacha un trésor et des documents en mer près de Bonifaccio en 1943, revient sur les lieux 20 ans plus tard pour récupérer le butin. Plusieurs groupes d’agents secrets de divers pays sont là pour mettre la main sur lui. On retrouve donc dans L’Oeil du Monocle ce principe de la guerre des agents secrets, principe plus poussé et mieux exploité que dans le premier volet Le Monocle Noir. L’histoire est plutôt plus riche avec de nombreux rebondissements et de chausse-trappes dont Paul Meurisse se tire toujours avec flegme et distinction : il tient toujours son pistolet comme pour assister à une soirée mondaine et c’est un plaisir de le voir évoluer ainsi en environnement hostile. Ce délicieux décalage est accentué par beaucoup de bons mots. L’œil du Monocle est vraiment une amusante parodie de films d’espionnage qui nous fait passer un réel bon moment.


                                          
Le monocle rit jaune : Dans la série des Monocle, Le Monocle rit jaune est le troisième et dernier ; c’est aussi le moins réussi malgré son côté totalement excentrique et parfaitement farfelu. Rien n’est sérieux dans cette histoire où le Monocle part à Hong Kong chercher l’instigateur d’attentats contre des centrales nucléaires de par le Monde. On aurait pu attendre un peu plus du fait de cet environnement oriental surpeuplé et d’ailleurs les scènes les plus réussies sont celles où nos héros font face à toute une vague de sbires à la mine patibulaire (telle la scène dans la ruelle ou Le Monocle fait un carnage contre toute vraisemblance). Ces scènes sont hélas trop rares, le film manquant réellement de ressort. Paul Meurisse a tendance à un peu surjouer son personnage cette fois-ci : son petit dodelinement après avoir tiré avec son pistolet le petit doigt en l’air se transforme en sautillement un peu forcé mais il nous gratifie toujours heureusement de quelques bonnes répliques comme celle-ci, après que son acolyte en colère ait fracassé une table du tranchant de la main : « Mon ami, voilà une superfluité dont vous auriez pu vous passer »…


   
                                           


Georges Lautner se déclara particulièrement choqué par l'attitude méprisante que Paul Meurisse afficha à l'égard de sa partenaire Barbara Steele tout le long du tournage. L'acteur en effet avait manifestement mal apprécié que la part italienne de la production l'oblige à partager l'affiche avec une comédienne spécialisée dans le cinéma d'épouvante. Pour cette raison, Lautner se jura par la suite de ne jamais plus retravailler avec lui.
Marcel Dalio, qui dans ce film joue le rôle d'un Juif qui chante J'irai revoir ma Normandie, fera une prestation comparable dans Les Aventures de Rabbi Jacob, où, tenant le rôle titre, il chante aussi J'irai revoir ma Normandie dans le taxi qui l'amène à l'aéroport de New York. •
Lino Ventura fait une courte apparition clin d'œil (caméo), tout comme Paul Meurisse en fit une à la fin des Tontons Flingueurs.




                                 







À noter que l'actrice Renée Saint-Cyr était... la propre mère du réalisateur Georges Lautner. Dans ce film, il lui offre la première d'une série de onze rôles pour lui permettre de poursuivre sa carrière commençant à s'essouffler. À partir de son petit rôle dans Le Monocle rit jaune, mis à part quelques très rares exceptions, elle ne jouera pratiquement plus que dans des films de son fils jusqu'à la fin de sa carrière d'actrice en 1992. 

1 commentaire:

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