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mardi 17 décembre 2013

L’âge de Cristal

Alors qu’on parle actuellement d’un remake par Nicholas Winding Refn avec Ryan Gosling, retour sur L’âge de Cristal (Logan’s Run) par le réalisateur Michael Anderson (Orca). Adaptation assez libre du roman Logan’s Run de William F. Nolan et George Clayton Johnson, ce film post-apocalyptique à l’intrigue un peu compliquée bénéficie aujourd’hui d’un statut de film de Science-fiction de série B culte et kitsh des années 70.
L’histoire se déroule au 23eme siècle au sein d’une communauté d’humains vivant sous une bulle géante qui les isole du reste d’un monde post-apocalyptique devenu dangereux. Sous la bulle la vie humaine est devenue ultra-règlementée afin de préserver les ressources et l’espace, notamment au travers d’une cérémonie dite du Carrousel où tous les individus qui ont atteint l’âge de 30 ans sont forcés d’être désintégrés afin de « renaitre » dans les couveuses de la ville. En parallèle, des « déviants » qui comprennent bien que la cérémonie du Carrousel n’est rien d’autre qu’une exécution publique, tentent des évasions de la ville-bulle lorsqu’ils ne sont pas rattrapés et exterminés par des « limiers » (sandman en anglais). Parmi ces limiers se trouve Logan 5 (Michael York) dont la mission secrète sera de se faire passer pour un fugitif afin d’être mené à l’extérieur pour trouver et détruire le « sanctuaire » des déviants. En route il rencontrera Jessica 6 (Jenny Agutter). Ils devront échapper à un autre limier à leur poursuite, Francis 7 (Richard Jordan). A l’extérieur ils découvriront tous les deux que la nature a repris ses droits dans les vestiges d’une ville qui fut autrefois Washington. Dans la ville abandonnée, ils rencontrent un gentil vieillard fou vivant seul avec ses chats. Les deux héros, maintenant convaincu que la vie sur terre est possible, se décident à retourner dans la ville-bulle pour libérer ses habitants.



   

Filmé dans des décors qui paraissent aujourd’hui rétro-futuristes, L’âge de cristal alterne entre tournages sur des lieux déjà existants comme les jardins de Fort Worth Water Gardens et le centre commercial de Dallas, le Dallas Market Center et des maquettes futuristes de la ville en carton. Aujourd’hui, le résultat visuel peut paraitre vieilli, laid et trop influencé par l’esthétique des années 70. Pourtant, cette dystopie, thème récurent de la SF et particulièrement apprécié par les Geeks, appartient aujourd’hui au registre du film de Science-Fiction de série B devenu culte. Au delà du kitsh, réside une histoire contre-utopique, où la surpopulation et la pollution ont eu raison de l’espèce humaine, forcée de se retrancher sous des dômes pour mieux se préserver. 


                       



Une nouvelle façon de vivre où tout n’est que loisirs et plaisirs en échange d’une mort certaine passé l’âge de 30 ans. Il y a bien sûr là une critique de la société de consommation et des hommes menés, par le plaisir et le divertissement, à ne plus réfléchir par eux même.  Un monde où la chirurgie esthétique permet de changer de visage autant de fois que l’on souhaite (à noter la présence de Farrah Fawcett dans le rôle  un peu cruche de l’assistante du chirurgien esthétique). Un miroir tendu aux spectateurs américains de l’époque qui voyaient d’énormes centre-commerciaux pousser aux quatre coins des Etats-Unis. Logan 5, va faire office de figure christique, après avoir rencontré le vieillard à l’extérieur du dôme, il retournera, tel Jésus, délivrer les hommes moutons grâce à sa bonne parole.


                                      


En 1976 le film remportera un Oscar pour ses effets spéciaux ainsi qu’un Saturn Award pour meilleur film de Science-Fiction de l’année. L’année suivante la chaîne de télévision américaine CBS diffusera une série télévisée de 14 épisodes directement inspirée du film. Le film, prolongé depuis 2010 en comic, est aujourd’hui considéré comme culte. Difficile également de ne pas voir dans les images du personnage de Logan 5 protégeant la belle Jessica 6, une certaine inspiration pour les personnages de Luke Skywalker et de la Princesse Leïa un an plus tard dans Star Wars – La Guerre des Etoiles (1977) de George Lucas. Pas étonnant que le producteur Joel Silver (Matrix) cherche depuis des années à en faire un remake


               
                                         

Après avoir pensé à Bryan Singer, Carl Erik Rinsch et James McTeigue c’est finalement Nicholas Winding Refn, réalisateur du succès 2011 Drive, qui réalisera une nouvelle version de L’âge de Cristal avec dans le rôle de Logan 5, son chouchou Ryan Gosling. Nicholas Winding Refn a exprimé son excitation et son désir de se mettre rapidement sur ce projet dès la fin de son nouveau film Only God Forgives avec Ryan Gosling (encore!), en tournage actuellement en ThaïlandePhilip Pick

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