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lundi 16 décembre 2013

Johnny Hodges

(JPEG)Johnny Cornelius Hodges, surnommé The Rabbit (« le lapin »), est un saxophoniste alto et soprano américain (Cambridge, Massachusetts, 25 juillet 1906- New York, 11 mai 1970). Johnny Hodges est avec Benny Carter et Willie Smith l'un des grands saxophonistes alto du middle jazz. Musicien autodidacte, il commença à jouer de la batterie et du piano avant de se consacrer au saxophone à l'âge de quatorze ans. Il fut découvert par Sidney Bechet qui lui donna des leçons. En 1927, il rejoint l'orchestre de Chick Webb et en 1928, entre dans l'orchestre de Duke Ellington qu'il ne quittera qu'à sa mort, hormis une période de 1951 à 1955 où il dirige sa propre formation où apparaissent de nombreux transfuges de l'orchestre d'Ellington comme le tromboniste Lawrence Brown ou le pianiste Billy Strayhorn mais aussi de jeunes musiciens comme John Coltrane. Le son et la virtuosité de Hodges est un élément essentiel de la couleur orchestrale ellingtonienne et de nombreux morceaux de l'orchestre sont spécialement conçus pour mettre en valeur le jeu de l'altiste. À chaque concert, le titre Things Ain't What They Used To Be est ainsi l'occasion de la démonstration de la maestria de Hodges. Ellington lui-même déclara après la disparition de Hodges : « En raison de cette grande perte, notre orchestre ne sonnera plus jamais comme avant. »


 
                                

Johnny Hodges est un de ceux qui poussa la maîtrise de son instrument à son plus haut point d'achèvement. Son sens aigu de l'équilibre dans la construction de ses solos est allié avec un son expressif, sensuel sans être mièvre, une belle finesse mélodique et une grande précision rythmique. Il est un des rares musiciens en qui le jazz a incarné son propre classicisme.
Le saxophoniste (alto) a droit à un bel hommage:
C’est dans Un amour américain (L’Infini n°67, automne 1999) :
« Rien de nouveau sous le soleil. Mais nous, on avait décidé qu’il y en aurait, du nouveau. Et il y en a eu. Et il y en aura toujours (les lilas, sur ma droite, pendant que j’écris ces lignes). Johnny, impassible, amoureux de lui-même, est un éléphant planant au milieu de porcelaines chinoises bleues et blanches. Jill danse toute seule au fond du jardin. On pourrait en faire une chanson : comme c’est rare, comme c’est bizarre, quand on est vieux c’est pour la vie, quand on est jeune aussi.
En août 1938, le 24 exactement, Hodges et son orchestre sont dans un état de lévitation évidente. Écoutez-moi ça : There’s something about an old love, ou The Jeep is jumpin’. Le 1er août, c’était déjà Jitterbug’s Lullaby, on sentait que cet été-là serait extraordinaire.



 



Les musiciens sont tous des héros : Cootie Williams, Harry Carney, Duke Ellington, Lawrence Brown, Barney Bigard, Sonny Greer, Billy Taylor. Il n’y a que la chanteuse qui soit un peu maniérée et faible. Mais qu’importe, tout le monde ne peut pas être une sainte comme Billie Holliday.
Sacré mois d’août. Il fait très chaud à New York, le goudron colle aux semelles des souliers en traversant les rues. Eux aussi devraient partir le vendredi soir pour Long Island, respirer un peu l’île de Feu. Pas de climatisation à l’époque. Des héros les musiciens, des dieux indestructibles et heureux. Le mot " blues " signe cette fête d’Olympe. La contrebasse et la batterie font entendre le coeur pas du tout troublé du héros. Pas la peine d’en faire plus. Juste, c’est juste. »

Écoutez The Jeep is jumpin’  et si vous n’êtes pas emportés tant pis pour vous :



                                   

(https://www.pileface.com/sollers/spip.php?article864)

2 commentaires:

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