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mercredi 4 décembre 2013

John Ford

John Ford, dont l'état civil était John Martin Feeney, est un réalisateur américain, également producteur, 
Avec La Chevauchée fantastique, Ford renoue avec le western, genre qu'il n'avait pas abordé depuis 13 ans. Le western n'est alors plus en vogue ; une centaine de westerns a bien été distribuée en 1938, mais ce sont principalement des films de série B. Ford, à l'origine du projet, ne parvient cependant pas à convaincre David O. Selznick de le produire ; celui-ci n'a aucune confiance en John Wayne qui n'a tourné que dans des westerns mineurs depuis le début des années 1930. Ford s'adresse donc à Walter Wanger et United Artists. Pour la première fois, il tourne en extérieur, à Monument Valley : «j'ai été partout dans le monde mais je considère cet endroit comme le plus beau, le plus complet et le plus calme de la planète». Pour ce film qui fait l'unanimité des critiques, ce qui est encore inédit pour un western, Ford reçoit le New York Film Critic Award mais échoue aux Oscars face à Autant en emporte le vent


           


Après La Chevauchée fantastique, Ford retrouve Zanuck et sa passion pour Abraham Lincoln. Il réalise l'admirable Vers sa destinée (Young Mr. Lincoln) avec Henry Fonda qui sera également l'acteur principal de ses deux films suivants : Sur la piste des Mohawks (Drums Along the Mohawk), son premier film en couleur, et Les Raisins de la colère (adapté de John Steinbeck), deuxième collaboration avec le scénariste Nunnally Johnson. Pour ce dernier film, Ford obtient en 1941, pour la seconde fois, l'Oscar du meilleur réalisateur qui échappe ainsi à Alfred HitchcockGeorge CukorWilliam Wyler et Sam Wood. L'auteur est alors au faîte de sa gloire, son talent est reconnu tant par la critique que par les professionnels du cinéma.
Il rempile avec John Wayne dans Les Hommes de la mer (The Long Voyage Home), désormais plus crédible grâce au succès de La Chevauchée fantastique, tandis que Zanuck tente de surfer sur la vague du succès des Raisins de la colère avec La Route du tabac (Tobacco Road).



   




Dernier film de Ford avant la guerre, Qu'elle était verte ma vallée est un immense succès public et critique. Il rafle cinq Oscars dont ceux du meilleur film et de la meilleure réalisation, devant Citizen Kane d'Orson Welles, puis le New York Film Critics Award auquel Ford est désormais habitué.
Dès 1939, Ford a l'intuition que l'Amérique ne tardera pas à être entraînée dans la Seconde Guerre mondiale. Il est à la tête d'un groupe de cinéastes qui demandent à Franklin Delano Roosevelt le boycott de l'Allemagne nazie et il fonde la Naval Field Photographic Unit dans le but de mettre les talents d'Hollywood au service de l'armée. En octobre 1941, celle-ci est officiellement reconnue et au moment de l'attaque de Pearl Harbor le 7 décembre 1941, l'équipe est opérationnelle et éparpillée aux quatre coins du monde alors que les armées de terre et de l'air organisent des équipes similaires. Il travaillera également pour l'Office of Strategic Services.




           

  

Durant la guerre, Ford et son unité vont parcourir les théâtres d'opérations militaires. Ils sont tout d'abord dans le Pacifique et en 1942 il y réalise pour la marine, les documentaires December 7th sur l'attaque de Pearl Harbor et La Bataille de Midway. Ces deux films remportent l'Oscar du meilleur documentaire. Au cours de la bataille de Midway le réalisateur est blessé à la hanche alors qu'il filme seul l'attaque américaine. Un petit film Torpedo Squadron dont 29 des trente membres périrent à Midway est réalisé pour les familles des victimes. En 1942, on retrouve Ford en Afrique du Nord pour couvrir le débarquement. Durant l'année 1943, il couvre de multiples opérations extérieures dont la victoire des Alliés en Birmanie dans Victory in Burma. En 1944, il filme le débarquement de Normandie sans débarquer puisqu'il reste sur un bateau pour saisir les vagues d'attaques marines successives. Il débarquera avec son équipe à Bellevue-sur-mer. En 1945, il suit l'armée de Patton en Allemagne avant de participer à la préparation du Procès de Nuremberg en rassemblant des documents filmés pour l'accusation. Il filmera également le procès. De février à juin 1945, il tourne Les Sacrifiés (They were expendable) pour la Metro-Goldwyn-Mayer avec John Wayne et Robert Montgomery qui termina la réalisation du film, Ford s'étant cassé la jambe. Il retrouve le scénariste d'Air Mail, Frank W. Wead sur lequel il fera un film en 1957, L'aigle vole au soleil. Les Sacrifiés est curieusement le seul film de Ford (hormis la comédie (Permission jusqu'à l'aube) sur la Seconde Guerre mondiale, à laquelle il a pourtant participé activement. L'argent gagné avec Les Sacrifiés permet à Ford de financer en partie la construction près d'Encino d'un établissement pour recevoir gratuitement les vétérans de la Field Photo Unit, la Field Photo Farm.


   
           


Après la guerre, de retour à Hollywood, Ford reprend le chemin de Monumental Valley pour tourner La Poursuite infernale (My Darling Clementine). Il y retrouve Henry Fonda qu'il dirige à nouveau dans Dieu est mort (The Fugitive) en 1947. Dieu est mort est le deuxième film produit par Argosy Pictures que Ford a fondée avec Merian C. Cooper en 1939. Argosy produira neuf films de Ford avant d'être dissoute en janvier 1956. Argosy permet à Ford de travailler en toute liberté, il dira à propos de Dieu est mort : « J'ai réalisé le film tel que je le voulais. Pour moi, il est parfait. La critique l'a apprécié, mais il n'avait évidemment pas d'attrait pour le public. Mais je suis très fier de mon travail.»
Ford retrouve rapidement le succès populaire avec Le Massacre de Fort Apache qui ouvre le Cycle de la cavalerie. C'est sa première collaboration avec Frank S. Nugent qui succède à Dudley Nichols comme scénariste attitré du réalisateur. Alors que Dieu est mort de Dudley Nichols est une œuvre animée d'une recherche formelle assez aride, l'adaptation qu'en fait John Ford, renouant avec le style de ses premiers films, lui apporte davantage de simplicité. Le passage de témoin entre deux acteurs aussi antinomiques que Fonda et Wayne, marque également une rupture dans le cinéma de Ford. Bertrand Tavernier, qui n'apprécie guère «le Ford esthète et intellectuel qu'encouragea l'influence capitale et assez pernicieuse de Dudley Nichols» écrit à ce sujet : « Les coups de théâtre y sont supplantés par des coups de cœur.



              


Ce cinéma qui prend son temps et semble s'inventer sous nos yeux abolit cette fameuse construction en actes, credo hollywoodien, au profit d'un récit large, majestueux, tourmenté et paresseux comme le cours d'un fleuve ». Comparé aux précédents films sur l'Irlande, L'Homme tranquille est l'exemple parfait de cette métamorphose même si le western apparaît comme le genre privilégié par Ford pour explorer le nouvel élan pris par son cinéma. Il tourne successivement en deux ans, de 1948 à 1950 : Le Fils du désert (Three Godfathers), La Charge héroïque (She Wore A Yellow Ribbon), Le Convoi des braves (Wagon Master), Rio Grande. Le réalisateur s'offre cependant une parenthèse avec la comédie Planqué malgré lui (When Willie Comes Marching Home).



                                         


Pendant la période sombre du maccarthisme, Ford dénonce des «méthodes dignes de la Gestapo». Il s'oppose violemment à Cecil B. DeMille qui souhaite que les membres de la Screen Directors Guild signent un serment de loyauté envers les États-Unis. Un temps, le FBI le soupçonne de sympathies communistes ; il adhère à un mouvement d'opinion très à droite pour se protéger des rumeurs. En 1950, Ford part en Corée et tourne pour la Navy un documentaire sur la guerre de Corée, This Is Korea!. Ce film est très différent de La Bataille de Midway, Ford ne met pas en avant le patriotisme et l'héroïsme américains, mais bien au contraire livre une œuvre pessimiste qui s'interroge sur le sens de cette guerre. En mars 1951, Ford qui vient d'être promu contre-amiral, demande à être mis à la retraite de la Navy et part pour l'Irlande tourner L'Homme tranquille (The Quiet Man), projet qui lui tient à cœur depuis les années trente. Le film est l'un des plus importants succès public de la Republic Pictures et permet au réalisateur de gagner un quatrième et dernier Oscar en 1952.


                                         

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Ford porte ensuite au cinéma une pièce qu'il avait montée en 1949, What Price Glory avant de réaliser Le soleil brille pour tout le monde, remake de Judge Priest. En 1952, il tourne Mogambo en Afrique avec un trio de rêve (Ava Gardner, Clark Gable et Grace Kelly). Après avoir surmonté des problèmes de santé, il revient au cinéma en 1955 pour filmer en CinemaScope Ce n'est qu'un au revoir (The long Gray Line). Mais son alcoolisme s'aggrave ; il souffre bientôt d'hémorragies internes et les retrouvailles avec Henry Fonda pour Permission jusqu'à l'aube (Mister Roberts) sont calamiteuses. Ford se bat avec Fonda et, trop saoul, il est remplacé par Mervyn LeRoy. Il retrouve néanmoins tous ses moyens pour réaliser le magnifique La Prisonnière du désert (The Searchers). Argosy est dissoute en janvier mais en août 1956, Ford fonde, avec entre autres John Wayne, John Ford Productions.
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1 commentaire:

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