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lundi 30 décembre 2013

Gling-Gló

Gling-Gló est un album de jazz de l'auteur, compositeur et interprète islandaise Björk et du Tríó Guðmundar Ingólfssonar, paru en octobre 1990.
Un album de jazz dans la discographie de Björk est un ovni pour les fans de l'artiste. Un bon disque de jazz cependant, façon be-bop à la facture certes classique mais entraînante et joviale, chanté en islandais s'il-vous-plait (quelle étrange langue...), ce qui apporte une note radicalement originale à ce disque.



                            

Après le décrié Here Today, Tomorrow Next Week ! des Sugarcubes, Björk décide de réévaluer son orientation musicale. Elle saisit alors l’opportunité de la pause engagée par les membres du groupe pour s’évader de la rade pop. Le succès artistique et commercial de Life’s Too Good lui permettait de concrétiser son projet. L’échec du suivant lui révélait l’urgence de voler de ses propres ailes. Accompagnée du Trio Gundmandar Ingolssonar, Björk et son équipage prennent le large ; cap sur un jazz de facture classique mettant en scène des chansons traditionnelles du pays. 
Seule maîtresse de son espace créatif, la voilà cisaillant le swing de façon convaincante, abordant les rivages scat, ou se laissant balancer par la houle capricieuse avec l’élégance d’une gymnaste vocale. Entre chant et parler, miss Gundmundsdottir délivre habilement une prestation toute en nuances. Haut perchée, extraordinairement claire, elle sait se faire plus impétueuse en effectuant des rebonds flexibles au rythme de la basse et de la cadence nerveuse des percussions. 




C’est un orchestre accompli qui cabote conjointement avec la belle, composé d’un contrebassiste, d’un pianiste et d’un batteur. Décor de velours au son dépouillé, il produit alors le cadre propice à l’exploration, à l’improvisation vocale, animant une croisière imaginaire où se côtoient les comptines populaires «Gling Gló» et «Luktar-Gwendur», l’ode mélancolique «Astartöfrar», l’enlevé «Kata Rokkar», l’enthousiasmant «Bella Símamær», l’excentrique «Bílavísur», la comédie musicale «ÞAd Sést Ekki Sætari Mey» ou bien les standards populaires américains «Ruby Baby» et «I Can’t Help Loving That Man».
Usant avec souplesse de sa langue natale à la nature rocailleuse, la diva chante l’amour, l’Islande ; une île en fusion sous l’effet de la voix ardente de son ambassadrice la plus célèbre. Björk fait mouche avec ces légendes populaires - l’album se hissant sans difficulté à la première place - s’offrant par la même occasion un tremplin appréciable pour sa carrière solo en devenir.


                            

Source : http://www.destination-rock.com/albums/album-bjorkgling.html

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